NBA I Victor Wembanyama placé sous protocole commotion I Des honneurs à la stupeur : le mauvais sort a frappé les San Antonio Spurs

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Un ascenseur émotionnel. Après avoir été célébré au moment de recevoir son trophée de défenseur de l’année, Victor Wembanyama a dû quitter le parquet et laisser les Spurs orphelins de leur star s’incliner devant Portland mardi (103-106). Malgré les discours mobilisateurs, San Antonio va trembler à chaque étape du protocole commotion suivi par le Français tant son destin dépend de lui.

Victor Wembanyama (San Antonio Spurs), victime d'une commotion cérébrale face à Portland

Crédit: AFP

Tout avait si bien commencé. Dans un Frost Bank Center surchauffé, Victor Wembanyama devait être la star de la soirée. Les fans des Spurs s’étaient préparés pour ça. Ils n’ont pas ménagé leurs voix pour chanter à la gloire du Français quand celui-ci a reçu le trophée Hakeem Olajuwon de joueur défensif de l’année. Une récompense obtenue la veille à l’unanimité, pour la première fois dans l’histoire de la NBA. Cela valait bien les ovations du public texan. Wemby, la statuette en main, dégageait une fierté presque palpable.
Il y avait d’autres raisons d’imaginer une grande nuit pour le Tricolore. Il sortait d’une grande performance sur son premier match en playoffs, avec 35 points pour guider les Spurs à la victoire contre Portland dans le Game 1. Wembanyama, relativement discret jusque-là, en totalisait 5 au moment de défier Jrue Holiday pour tenter de faire grimper son compteur. Il restait 8’57 à jouer dans le deuxième quart-temps quand la stupeur s’est emparée du Frost Bank Center.
La chute a été violente, comme un mauvais sort jeté sur les Eperons. Déséquilibré par l’arrière des Trail Blazers, Wembanyama s’est écrasé au sol, son visage heurtant le parquet de plein fouet. Sonné, les yeux fermés, il a fini par les rouvrir avant de peiner pour se relever et regagner les vestiaires au pas de course. "J'étais en train de le remplacer, a raconté son coéquipier Stephon Castle. Manifestement, il a quitté le terrain de son propre chef. C'est donc bon signe."

Un processus qui peut durer

Les chants à sa gloire ont repris pour accompagner sa sortie. Mais le verdict est tombé à la pause. Wembanyama n’a pas été en mesure de reprendre la partie. Le protocole l’interdit. "Tout ce que je sais, c'est qu'il souffre d'une commotion cérébrale et qu'il suit le protocole, a commenté son coach Mitch Johnson après la rencontre, finalement perdue de trois petits points par son équipe (103-106). Nous allons bien sûr prendre les mesures qui s'imposent."
Des mesures, il y en a. Une surveillance régulière de 24 heures pour évaluer l’évolution des symptômes avant une éventuelle reprise progressive de l’effort sur plusieurs étapes, du vélo d'appartement au jogging, en passant par des exercices d'agilité et des entraînements d'équipe sans contact. Chaque étape est surveillée par un membre du personnel médical, et accompagnée d’un examen neurologique ciblé. Si le joueur présente encore des symptômes, il reprend le processus à l’étape précédente.
Le retour de Wembanyama ne pourra être envisagée que si ces symptômes ont disparu au repos. Il sera alors examiné par un médecin ayant une formation et une expérience dans la prise en charge des commotions cérébrale liées au sport et devra passer avec succès le processus d’effort de reprise. Le feu vert définitif ne lui sera donné que si le directeur du programme sur les commotions cérébrales de la NBA confirme que cette autorisation délivrée par le médecin est conforme à la politique de la Ligue. Cela peut prendre 48 heures. Ou plus, voire beaucoup plus.

San Antonio peut faire sans lui, mais…

Des moments qui vont paraître interminables pour les Spurs dans l’attente du verdict, même si San Antonio a appris à vivre sans Wembanyama. Plutôt bien même avec 12 victoires pour 6 défaites sur les 18 matches manqués par le Français en saison régulière. "Nous avons disputé des matchs difficiles sans lui, a souligné Castle. Évidemment, nous voulons que tout le monde soit en bonne santé et qu'il soit sur le terrain. Mais quels que soient les cinq joueurs qui seront sur le terrain (pour le Game 3), nous jouerons notre jeu."
Il n’est cependant plus le même sans Wemby et cela s’est senti sur le Game 2. Johnson s’est appuyé sur un cinq essentiellement composé d’arrières (Castle, Dylan Harper, Devin Vassel, Julian Champagnie) et a souffert d’un déficit de taille dans le dernier quart-temps face à des Trail Blazers bien armés dans ce domaine, où Luke Kornet n’offre pas du tout les mêmes garanties que Wemby. "C'est évidemment un coup dur de ne pas pouvoir compter sur notre ‘grand gaillard’", a reconnu l’ailier Keldon Johnson.
Sans lui, l’histoire se dessinerait différemment. Elle a déjà pris une autre tournure, puisque Portland a désormais l’avantage du terrain grâce à sa victoire dans le Texas mardi. San Antonio, rejoint dans la série (1-1) n’est plus en position de force avant le premier rendez-vous dans l’Oregon vendredi soir. "On forme une bonne équipe et on va continuer à rester soudés, à se soutenir mutuellement et à faire ce qui nous a permis d'en arriver là", a insisté Keldon Johnson. Mais pour aller plus loin, il faudra Wembanyama. Et après ce coup du sort, les Spurs n’ont plus qu’à croiser les doigts.
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