NBA -Pourquoi le sacrifice de Victor Wembanyama a mis le feu aux poudres en NBA

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En décidant de ne pas activer l'option qui aurait pu lui permettre de toucher 51 millions de dollars de plus au moment de prolonger, Victor Wembanyama a relancé un débat sur les contraintes imposées aux franchises en NBA. Le syndicat des joueurs a ainsi pris la parole pour dénoncer les pressions que cela peut engendrer sur certaines stars.

Victor Wembanyama face aux Knicks, le 3 juin.

Crédit: AFP

Il n'est pas le premier, ni le plus marquant - Jalen Brunson étant allé encore plus loin. Il s'inscrit même dans la lignée de certains de ses illustres prédécesseurs aux Spurs. Mais le "sacrifice" réalisé par Victor Wembanyama a fait réagir. Au point que certains demandent déjà des modifications du règlement qui régit la NBA. "Le système ne devrait pas faire peser tout ce fardeau sur un seul joueur. Nous ne devrions pas mettre un joueur dans la position de devoir maintenir la cohésion de l'équipe", a lancé le directeur exécutif du syndicat des joueurs NBPA, David Kelly, ce samedi.
La raison de ce courroux ? Alors qu'il a signé une très belle prolongation qui lui garantit 252 millions de dollars à la clef sur cinq ans, "Wemby" a aussi choisi de se priver de la possibilité de gagner 51 millions de plus. Selon ESPN, il a refusé une clause qui lui était promise en fonction de différentes conditions à cocher la saison prochaine. Histoire d'offrir plus de flexibilité aux Spurs pour se renforcer ou conserver leur effectif dans les années à venir. Un geste salué. Mais qui met en exergue un problème de plus en plus évoqué dans le monde NBA.

Le "second apron" ciblé

La convention collective signée en 2023, pour la période allant de 2023-2024 à 2029-2030, a ajouté des garde-fous en plus aux fameux "salary cap" et "luxury tax" : les "aprons", des seuils qui imposent différentes sanctions aux équipes qui sortent des clous financiers en réduisant leurs possibilités de recrutement. Le "first apron" contraint ainsi les franchises à des restrictions plus ou moins lourdes et le "second apron" va lui beaucoup plus loin (ndlr : interdiction d'utiliser la mid-level exception par exemple). Et il fait peur.
Ces dernières semaines, plusieurs voix n'ont d’ailleurs pas caché leur crainte et ont reconnu devoir faire des choix face à cette Epée de Damocles. "Je signerai le chèque le plus important possible, mais pas un chèque qui nous placera dans le second apron", avait ainsi lancé James Dolan, quelques jours après le titre de champion de sa franchise. Le propriétaire des Knicks avait glissé cela pour expliquer qu'il était prêt à faire des efforts pour conserver son groupe champion. Mais voilà, il a quand même dû se résoudre à voir le pivot Mitchell Robinson filer à Boston.
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Victor Wembanyama le 11 juin 2026.

Crédit: AFP

Le double exemple de Boston

À Boston, on connait d'ailleurs bien ce souci. En juillet 2025 – un an après leur titre de champion –, les Celtics avaient assumé de faire des choix forts en se privant de Jrue Holiday et Kristaps Porzingis. "Nous savions depuis longtemps que des décisions difficiles allaient devoir être prises, avait avoué Brad Stevens, le manager général de la franchise bostonienne. C’est à cause du 'second apron' que ces transferts ont eu lieu. Je pense que c’est assez évident. Et les conséquences sportives qui en découlent sont bien réelles".
Et cet été, les C's ont remis ça. Avec une décision encore plus forte et symbolique : trader Jaylen Brown, qui a été échangé il y a quelques jours chez les Philadelphia Sixers. Un joueur emblématique à Boston, qui restait sur une très belle saison et était MVP des Finales 2024. Mais voilà avec Jayson Tatum, ils avaient tous les deux signé des contrats "supermax", 315 millions de dollars sur cinq ans pour Tatum en 2024 et 304 sur cinq ans pour Brown. Beaucoup trop lourd au final pour les Celtics.
Encore une fois, Brad Stevens n'a ainsi pas caché que l'aspect économique avait pesé de tout son poids. "Cela me semblait compliqué d'avancer avec 70 % de notre plafond salarial consacré à deux joueurs, a confié la semaine passée le président des opérations basket de Boston, rappelant que Jaylen Brown et Jayson Tatum ne représentaient "que" 47% du salary cap en 2024 quand les Celtics ont gagné leur dernier titre. Aujourd’hui, on l’a vu avec les derniers champions et les meilleures équipes de la ligue : il faut faire un excellent travail pour construire une vraie profondeur d’effectif, capable, espérons-le, de remplacer le joueur irremplaçable".
Nous constatons que le système des aprons décime les équipes
Champion NBA en 2025, OKC se retrouve en effet avec un sacré challenge pour les années à venir. L’été dernier, le Thunder a fait rempiler son trio de stars, Shai Gilgeous-Alexander, Jalen Williams et Chet Holmgren pour des contrats allant de 250 à 285 millions. Les trois pesaient 58.5 millions de dollars cette saison, alors que leurs deals n’étaient pas encore en action. Mais ils vont passer à eux trois à 123.8 millions la saison prochaine et 150 millions en 2027-28. Sachant que le Salary Cap NBA atteindra 165 millions de dollars en 2026-27…
Alors comment construire une équipe ainsi ? Ça semble impossible. Et la menace des "aprons" force bien les dirigeants à faire des concessions fortes. "Nous constatons que le système des aprons décime les équipes et oblige à prendre des décisions qui ne sont pas des décisions de basketball. (…) Un système qui fonctionne ainsi pose problème, a critiqué David Kelly. Si vous êtes drafté dans une équipe et que vous atteignez certains objectifs, comme une sélection dans l'équipe All-NBA, et que cela vous permet d'obtenir un certain pourcentage du plafond salarial, cela finit par être perçu comme un atout négatif", a également regretté Fred VanVleet, le meneur des Rockets et président du syndicat des joueurs.
La NBA pourrait leur rétorquer que le championnat n'a jamais été aussi disputé et indécis, avec pas moins de huit champions différents sur les huit dernières saisons. Mais le syndicat des joueurs demande déjà des ajustements des "aprons". Il les espère même avant la fin de l'accord actuel, alors que les négociations pour la prochaine convention collective ne débuteront qu'en 2028. Mais le choix de Wemby a en tout cas remis un dossier chaud sur le devant de la scène. Reste à savoir quelles seront les conséquences réelles de cela.
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