La March Madness, ou quand la folie s'empare des Etats-Unis

Eurosport sur Google

NCAA - Si vous n'êtes pas imperméable à tout ce qui vient des Etats-Unis, le phénomène March Madness, qui débute dimanche, n'a pas pu vous échapper. 68 équipes, 67 matches et une seule université vainqueure, le tournoi est l'un des moments les plus chauds de l'année sportive américaine. Des "brackets" aux audiences en passant par "Cendrillon", pourquoi la March Madness est-elle si importante ?

Les joueurs de Baylor ont remporté le Final Four de la March Madness en 2021

Crédit: Getty Images

Même Barack Obama, pendant les huit ans de sa présidence, ne résistait pas. Chaque année, le monde du sport aux Etats-Unis, et au-delà donc, s'embrase pour la March Madness, soit le tournoi final du championnat universitaire de basket. Regroupant 68 facs de tout le pays, il est l'un des événements sportifs les plus importants outre-Atlantique. En audience, la March Madness fait mieux que les Playoffs NBA et tutoie des scores à peine croyables vus de France. Alors pourquoi cette folie de mars ?
Pour tenter de comprendre un tel engouement, il faut mesurer le maillage universitaire aux Etats-Unis et combien d'entre elles sont candidates à la March Madness quand débute le championnat, début novembre. Plus de 1 000 universités participent au championnat NCAA dont 365 pour la seule première division, celle qui peut vous emmener à la March Madness. Si pour les ligues majeures (NBA, NFL, NHL, MLB) , de larges parties du pays ne comptent aucun représentant, c'est moins vrai pour le sport universitaire. La proximité renforçant l'attachement, le public universitaire est à la fois très chauvin et très enthousiaste car la plupart du temps très jeune.

Les petites facs peuvent avoir leur moment de gloire

De ces 365 universités, 68 sont retenues pour aller à la March Madness qui aura lieu cette année à Indianapolis et autour de la ville des Pacers. Trente-deux places sont accordées aux vainqueurs de Conférence et les 36 autres sésames décernés par un comité. Si de France, les grosses universités comme Duke, North Carolina, UCLA ou Kentucky recueillent le plus d'attention médiatique, la March Madness regroupe à la fois des facs de premier plan mais aussi des plus petites. Exacerbant ainsi la fierté de ces dernières et leur envie de faire tomber des "gros".
Puisque nous évoquions Barack Obama, il faut ici parler des "brackets". Véritable institution aux Etats-Unis, ils prennent tout leur sens au moment de la March Madness. Avant que celle-ci ne commence, des dizaines de millions d'Américains remplissent le tableau final de l'événement. Et le Président Obama n'a jamais manqué à la tradition durant ses deux mandats. Le but ? Être le seul à avoir bien pronostiqué les 67 matches. En 2019, Dan Gilbert, propriétaire des Cleveland Cavaliers et Warren Buffett avaient promis un milliard de dollars à l'hypothétique heureux gagnant. Hypothétique puisque la probabilité de réussir est évidemment infime.

Pas de deuxième chance

Ce concours géant de pronostics enflamme l'Amérique pendant trois semaines au fur et à mesure que les joueurs voient leurs espoirs brisés par les "upsets", comprenez le succès d'une fac moins bien classée que son adversaire. Chaque année, les journalistes tentent de prévoir qui sera le "Cendrillon" de la bande. Souvent une équipe classée au-delà de la 16e place qui, le temps d'un tournoi, va déjouer toutes les analyses pour se frayer un chemin, pourquoi pas, jusqu'au Final Four.
C'est tout le charme de la March Madness. Comme pour les Playoffs NFL, chaque tour se joue sur un seul match, rendant chaque possession importantissime. Ici, pas le droit à l'erreur comme en NBA ou en NHL (au meilleur des 7 matches). De quoi glorifier les vainqueurs et multiplier les surprises.
De quoi aussi rendre fous de joie les supporters venus des quatre coins du pays. Chaque année, les universités affrètent des centaines de cars pour acheminer leurs fans sur le lieu de la March Madness. Fait rare dans le sport américain, les deux équipes sont, à chaque fois ou presque, soutenues de manière égale, rendant les ambiances uniques. Là où la NBA possède avant tout un public de spectateurs, celui de la NCAA est singulier. Une touche de la furie des publics les plus chauds d'Europe avec un zest d'esprit bon enfant en plus.

La March Madness fait de l'ombre à la NBA

Last but not least, la March Madness est placée à un moment stratégique de la saison des sports majeurs américains. Quelques semaines après le Super Bowl, ce qui permet à la fois de laisser redescendre l'intérêt médiatique autour du plus gros événement de l'année, tout en permettant à la sauce de monter. Elle se situe aussi avant les Playoffs NBA ce qui, il faut bien le dire, est sans doute plus un avantage pour la grande ligue que pour la NCAA.
Car il faut le rappeler, et c'est sans doute-là la preuve de la puissance de la March Madness, ses audiences sont supérieures à celles des Finales NBA. En 2021, la série entre Bucks et Suns (6 matches) a attiré en moyenne 9,91 millions de téléspectateurs pour un pic à 12,52 millions pour le match décisif. Quelques semaines plus tôt, le Final Four avait été regardé en moyenne par 13,34 millions d'Américains alors que la finale, entre Baylor et Gonzaga, avait tutoyé les 17 millions de téléspectateurs.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité