Dimanche à 21h10 sera diffusé sur Eurosport votre documentaire sur la formidable aventure de l'équipe de France de basket aux Jeux Olympiques de Tokyo. Vous étiez déjà passé de l'autre côté de la caméra pour réaliser notamment un court métrage ("Easy Life") ou avec votre plateforme Bros Stories. Mais comment vous est venue cette envie de prendre la caméra durant un tournoi de l'équipe de France ?
Boris Diaw. : Ça ne vient pas de nulle part. Je l'avais déjà fait durant les Jeux Olympiques de Londres, mais en tant que joueur cette fois-là. C'était d'ailleurs plus compliqué à l'époque car j'avais moins le temps forcément comme athlète. Mais j'avais fait un docu "Inside" que l'on avait gardé en interne. Pour Tokyo, l'idée est venue de là. Après je n'ai pas inventé le documentaire de ce style. Depuis "Les yeux dans les Bleus" (ndlr : réalisé par Canal + sur le sacre de l'équipe de France de football lors de la Coupe du monde 1998), c'est devenu fréquent dans les sports collectifs. Ces dernières années, on a d'ailleurs toujours eu quelqu'un qui faisait des reportages de l'intérieur avec l'équipe de France de basket. Mais la différence, c'est qu'aux Jeux Olympiques, les personnes chargées de cela ne peuvent pas nous suivre comme il n'y a pas d'accréditation pour ce genre de choses. Donc si on veut garder une petite trace, il faut le faire nous-mêmes.
Tokyo 2020
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26/06/2022 À 10:31
Comment avez-vous amené cela vis-à-vis du sélectionneur, Vincent Collet, déjà ? Et des joueurs ensuite ?
B.D : Il n'y a pas eu de négociations (rires). L'idée, c'était d'avoir un petit truc "Inside", entre nous. Comme on l'avait fait à Londres. Et après, ce qui permet la diffusion aujourd'hui, c'est la beauté de l'aventure avec cette médaille d'argent historique au bout. Donc à la base, c'est venu naturellement comme il y a toujours quelqu'un qui est avec nous d'habitude sur toutes les autres compétitions, Euros ou Championnats du monde. Donc, ça ne changeait pas de l'ordinaire. La différence, c'est que là c'est aux Jeux Olympiques. Et que normalement, on ne peut pas avoir ça aux Jeux.
L'autre côté atypique, c'est que vous êtes un ancien joueur qui a quitté le groupe il y n'y pas si longtemps (ndlr : il a pris sa retraite en 2018) . Et que vous êtes aussi depuis 2019, manager général adjoint de l'équipe de France. Un mélange des genres étonnants. Être aussi bien acteur qu'observateur, est-ce un atout ou un inconvénient ?
B.D. : En tant qu'acteur, je sais comment ça se passe. Les moments qu'il faut filmer, ceux qui vont être intéressants… Et ce n'était pas super compliqué non plus. Il fallait suivre les moments clefs liés au sportif – ce qu'il se passe dans le vestiaire, les discours du coach…-. Après, la petite plus-value, c'est le fait de suivre les joueurs dans leur quotidien, lors des moments hors du terrain.

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En regardant le documentaire, on a d'ailleurs l'impression que les joueurs sont un peu plus à l'aise que d'habitude. On s'immisce encore un peu plus dans la vie du groupe. Votre statut et votre passé d'ancien coéquipier ont-ils aidé à casser des barrières ?
B.D. : Bien sûr, c'est un petit peu plus intimiste car on se connaît mieux. D'habitude, on a la chance d'avoir une personne qui nous suit régulièrement en équipe de France donc on arrive à créer un lien. Mais là, ce sont des joueurs avec qui j'ai joué. Dont je suis le manager aujourd'hui. Donc on a une proximité qui permet d'être le plus naturel possible. Et c'est ça qu'on recherche dans ce type de documentaire.
Et vous pensiez à saisir votre caméra à chaque fois pour ne rien rater ?
B.D. : C'est devenu un réflexe au fur et à mesure. De tout manière, elle ne m'a pas quitté des mains. Evan Fournier se moquait d'ailleurs gentiment de moi car j'avais la caméra à la main en permanence.
Entre les discours de Vincent Collet, les scènes de vie dans les petits appartements du village olympique ou encore la déception finale, il y a plusieurs séquences fortes durant le documentaire. Mais quel est votre moment préféré dans tout ce que vous avez pu filmer ?
B.D. : Je pense plus aux choses qui m'ont fait marrer et sortent un peu de l'ordinaire. Comme la porte à la fin avec (Evan) Fournier, c'est un moment particulier. Ou quand je les filme en train de jouer à la console. Ils sont dans deux chambres, un salon. Et ils sont tous sur un écran à jouer la même partie alors que les gars sont à l'autre bout du monde, à Tokyo. Je trouve ça génial. Surtout que ce sont des moments de relâche par rapport à la tension de la compétition. Or l'unité du groupe était encore un peu plus importante durant cette campagne là avec les restrictions liées au Covid. Il fallait être particulièrement fort et concentré sur l'objectif. C'est ça qui a permis d'avoir ce résultat. Car ils ont su garder ce sérieux malgré le contexte, grâce à leur cohésion.

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Sur le plan personnel, on sait que vous êtes friand de photos depuis des années maintenant. Mais d'où vous vient cette passion pour l'image ?
B.D. : Ça fait plusieurs années maintenant. Ça a commencé avec les safaris photos. Mon premier était en 2004. Et depuis, j'ai eu cette appétence pour la photo pour des belles images qui racontent quelque chose et créent une émotion. Ensuite, ça s'est traduit aussi par la vidéo. Avec des documentaires soit autour de la nature soit pour raconter une histoire ou quelque chose de particulier en essayant de faire de belles images. C'est ce qui me plaît depuis des années maintenant et de plus en plus.
C'est aussi souvent lié à des défis personnels. Soit avec votre bateau, la plongée ou comme lors de votre ascension du Mont Blanc…
B.D. : Il y a toujours une quête d'adrénaline. C'est toujours pour aller voir quelque chose. Je ne suis pas dans le challenge de se faire mal, je ne vais pas aller faire du triathlon par exemple. En revanche, aller dans des endroits magnifiques qui sont difficiles d'accès en bateau ou comme lors de l'ascension du Mont Blanc, j'adore. Le lever du soleil sur le Mont Blanc, ça reste par exemple un souvenir magique. Je cherche à chaque fois des grandes aventures avec cette quête de la beauté.
Cette quête d'adrénaline, vous la retrouvez aussi quand vous vous replongez dans la vie d'un groupe comme lors de cette aventure avec les Bleus ?
B.D. : Ce n'est pas la même chose qu'en tant que joueur. Tu vis des sensations et des moments très très forts mais ce ne sont pas les mêmes. Tu n'as pas d'accès direct aux résultats. Tu vis les choses mais pas de la même façon.

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Avez-vous d'autres projets de ce type en tête ?
B.D. : Oui, mais pas forcément dans le basket. Je l'ai fait aussi parce que la personne qui le fait d'habitude ne pouvait pas le faire aux Jeux. Pour les prochaines années, il va reprendre son rôle avec l'équipe de France (rire). Surtout que c'est quand même chronophage. Ça ne m'a pas demandé des efforts surhumains comme j'étais là, dans le vestiaire et avec l'équipe pendant toute la campagne. Mais ça demande de l'énergie de filmer en permanence.
Et pour Paris 2024, ça ne va pas vous titiller ? Surtout que les Bleus prennent clairement rendez-vous à la fin du documentaire…
B.D. Je ne sais pas. On verra comment ça se passe. A Tokyo, l'idée était de faire des images "inside". Mais après, à partir du moment où c'est planifié, c'est différent. Mais pourquoi pas puisque les Jeux de Paris peuvent être quelque chose d'exceptionnel.

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