Ils l'ont tant rêvé cette finale. Pour cette génération, mais aussi pour les précédentes et les suivantes, un France - Etats-Unis en finale des Jeux Olympiques représente le défi ultime, la quintessence de ce que le haut niveau a à offrir. Après 1948 et 2000, l'équipe de France a buté, une fois de plus, contre le Team USA dans sa quête d'or olympique. Comme un symbole, la marge s'est encore réduite : 44 points en 1948, 10 en 2000 et 5 en 2021. C'est cinq de trop, à la fois peu et beaucoup mais c'est surtout la preuve que l'équipe de France se rapproche. Ses leaders, s'ils regrettent les trop nombreuses erreurs et qui se tournent déjà vers la suite, ne disent d'ailleurs pas autre chose. Ce titre olympique, c'est toujours leur rêve.
Suivez les Jeux Olympiques en intégralité en vous abonnant à Eurosport

Incroyable course-poursuite, show Durant, dunks de Gobert : Le résumé de la finale

Tokyo 2020
Si proches de leur rêve...
07/08/2021 À 04:24

"On n'est pas loin, putain..."

"Bien sûr qu'on a des regrets", souffle Nicolas Batum à notre micro. Après le quart de finale de Coupe du monde mais aussi le premier match de ces JO, l'espoir était là. C'était déjà une petite victoire mais aucun des dix bleus qui ont foulé le parquet ce samedi matin, à Tokyo comme en France, n'avaient envie de s'arrêter là. "J'ai vraiment aimé notre mentalité, on s'est battus jusqu'à la dernière seconde", apprécie pour Eurosport un Rudy Gobert énorme dans la raquette (16 pts, 8 rebonds). Mais ces Bleus sont aussi lucides sur leur prestation."Quand on regarde notre compétition, je crois qu'on peut être fiers de nous. "On n'est pas loin, putain... On manque encore de lucidité sur certaines situations", commente un Fournier amer.
"Il y a toujours des regrets sur un match qui se joue à cinq points pour une médaille d'or, poursuit le pivot français. On a fait pas mal d'erreurs qui leur donne confiance et des choses faciles. Des pertes de balles, des lancers-francs… Des choses qui arrivent dans un match de basket mais ce soir on en a fait un petit peu trop." Le compteur de ballons perdus affiche 18 pour les Bleus, alors que Vincent Collet avait fixé la limite à 12, 9 seulement pour les Américains. "On le savait en plus…, regrette Batum. On n'a pas réussi à les contrer dans ce qu'ils voulaient faire. C'est dommage, on voulait vraiment le faire. Bravo à eux en tout cas."

Batum : "On n'a pas réussi à calmer Kevin Durant"

Ce qui est bien, c'est qu'on n'a pas quatre ans à attendre mais trois pour Paris 2024
Mais si dans un passé récent, les Bleus auraient pu se contenter d'une défaite en finale face aux Etats-Unis, cette génération n'est pas de ce bois-là. "On voulait la médaille d'or, c'était mon objectif, mon rêve, a appuyé Gobert au micro de France Télévisions. Ça reste une médaille d'argent, on ne crache pas dessus. Il faut le temps de digérer la défaite, j'apprécierai ensuite ce qu'on a fait." "Cette fois je suis fier. Je suis aussi déçu, c'est normal. Quand on s'investit, c'est normal d'être déçu", dit un Evan Fournier au bord des larmes.
L'arrière tricolore est le symbole de cette génération qui ne veut plus baisser les yeux : "J'espère qu'on a fait plaisir aux gens qui nous regardent, qu'on a donné beaucoup de joie, qu'on a donné un bon exemple aux jeunes avec notre combativité et notre ambition et qu'on les a fait vibrer et inspiré pour se dire que rien n'est impossible. On a perdu mais j'espère qu'on aura d'autres opportunités dans le futur. On a montré à tout le monde qu'on pouvait les jouer les yeux dans les yeux." Les succès de la bande à Parker ont ouvert la voie mais la génération Batum-Gobert-Fournier a accepté la mission, pour poursuivre ce long travail de sape qui doit faire des basketteurs français des gens convaincus de leur talent et de leurs possibilités.

Gobert : "On s'est battus jusqu'à la dernière seconde"

"Ce n'est qu'un début pour le basket français, juge Batum. On a des gens qui arrivent derrière, une belle génération. Si on peut leur montrer la voie à suivre pour qu'on continue à gagner plein de médailles…" Dans un futur proche, en 2022 donc, cette équipe disputera le championnat d'Europe avec l'ambition d'aller au bout évidemment. Ensuite ce sera le Mondial 2023 et les JO 2024 à Paris. Les Victor Wembanyama, Théo Maledon, Kylian Haynes et autres Sekou Doumbouya y sont attendus. "Ce qui est bien, c'est qu'on n'a pas quatre ans à attendre mais trois", sourit Gobert avant de faire une promesse : On sera plus fort à Paris."
Tokyo 2020
Ayayi Vukosavljevic a joué les JO enceinte : "Ma plus belle médaille était gardée bien au chaud"
11/08/2021 À 14:15
Tokyo 2020
Cinq médailles d'or chacune : Bird et Taurasi dans la légende olympique
08/08/2021 À 05:25