Boe, pas impérial… et pourtant largement devant

"Martin Fourcade me manque". Ces mots ne viennent pas de la bouche d'un des biathlètes de l'équipe de France mais de Johannes Boe. "Sa présence me faisait du bien et m'a toujours permis d'être meilleur, oui il me manque." Curieux, mais finalement peu surprenant, aveu que celui du leader de la Coupe du monde. Vainqueur d'une seule course sur neuf, hors du top 5 pour la première fois de la saison sur la mass start dimanche, le patron norvégien a du mal à assumer totalement son statut.
Statut qui a changé avec la retraite de Martin Fourcade. Ils ne sont plus deux à se partager la pression, celle-ci pesant désormais uniquement sur les épaules du cadet de la fratrie Boe. C'est peut-être là, c'est lui qui avance l'hypothèse en tout cas, qu'il faut trouver la raison d'une première partie de saison solide mais pas flamboyante. Il profite finalement de l'éclatement de la concurrence pour trôner en tête du général avec une avance confortable (55 points sur Laegreid).
Hochfilzen
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20/12/2020 À 14:15

Le monstre Boe est bien au rendez-vous : son succès sur le sprint en vidéo

La révélation Laegreid

Question : quel biathlète a remporté plus d'une course chez les hommes cette saison ? Sturla Holm Laegreid (23 ans). Vous n'avez pas encore tout à fait son nom en tête ? C'est assez normal puisqu'il a ouvert son compteur en Coupe du monde à l'occasion de l'individuel inaugural à Kontiolahti avant de triompher du sprint et de la poursuite à Hochfilzen ce week-end. En 2019/2020, il avait achevé la saison à la 43e place du général et pour cause, il n'avait disputé que quatre courses en fin de saison pour quatre résultats encourageants : 13e, 15e, 10e et 11e.
Une ascension fulgurante donc symbolisée par cette place de dauphin de Boe au général et le dossard bleu, récompensant le meilleur skieur de 25 ans ou moins. Cet exceptionnel premier tiers de saison, Laegreid le doit beaucoup à sa précision chirurgicale derrière la carabine. Sur 120 cibles, le Norvégien en a fait descendre 113 soit 94% de réussite. Seul Simon Eder fait mieux que lui (115/120). La Norvège, dominatrice, connaît déjà le nom du successeur de Johannes Boe.

Fillon Maillet, Jacquelin et les autres montent en puissance

On avait pointé une entame compliquée pour l'équipe de France masculine et Emilien Jacquelin s'en était amusé après le doublé tricolore sur la poursuite d'Hochfilzen le week-end dernier. Après neuf courses, les Bleus ont donc décroché un succès, celui de Quentin Fillon Maillet, et six podiums. Un bilan loin d'être ridicule mais néanmoins un peu décevant au regard du talent et des ambitions de ces Bleus.

Poursuite hommes : Fillon Maillet devant Jacquelin, les Bleus régalent !

Avant la saison, Fillon Maillet espérait pouvoir titiller Johannes Boe pour le gros globe, il est aujourd'hui repoussé à 89 points du métronome norvégien. Quant aux autres (Jacquelin, Claude, Desthieux et Guigonnat), ils manquent de régularité pour revenir plus souvent sur les podiums Cependant, il faut noter que c'est le tout début de saison, mitigé notamment à cause d'une préparation perturbée, qui ternit largement le bilan. Depuis le premier podium, celui de Fabien Claude, les Bleus sont montés en puissance.

L'intermittente Eckhoff, la régulière Roiseland

Si les victoires sont moins partagées chez les femmes (5 vainqueures) que chez les hommes (7 vainqueurs), celle qui mène le classement général, en l'occurrence Marte Olsbu Roiseland en profite tout autant que son homologue masculin, Johannes Boe. Certes, elle a gagné à deux reprises, soit autant que Hanna Öberg et Tiril Eckhoff mais ce sont surtout ses podiums qui la mettent tout en haut (3 en plus de ses 2 succès).
A l'inverse, Tirik Eckhoff a connu un sacré retard à l'allumage à Kontiolahti (67e et 43e). Heureusement pour elle, la concurrence n'a pas (trop) flambé, ce qui lui permet d'être là où elle est (3e du général) malgré un piètre 82% de réussite au tir. Son dernier weekend à Hochfilzen (deux victoires, un deuxième place) peut lui donner beaucoup d'espoir. Point positif qui ne lui aura pas échappé, quand il faudra retrancher les quatre moins bons résultats de son total final, ces deux ratés inauguraux pèseront peu. A l'inverse, elle a grillé deux de ses quatre jokers au tiers de la saison.

Les Bleues en retrait… sauf en relais

Deux podiums, aucune représentante dans le top 10 du classement général, difficile de dire que le début de saison des Françaises est bon. On pensait que la deuxième place d'Anaïs Chevalier-Bouchet sur le second sprint de Kontiolahti pouvait lancer la troupe à la manière de celui de Fabien Claude chez les hommes. Il n'en a rien été puisqu'il a seulement été suivi par la troisième position de Julia Simon sur la poursuite d'Hochfilzen. Des résultats en dents de scie qui s'expliquent largement par le tir malgré de belles performances sur les skis. Julia Simon et Anaïs Bescond émargent à 82%, Caroline Colombo à 81%, Chloé Chevalier et Justine Braisaz-Bouchet à 80% et Anaïs Chevalier-Bouchet à 77% seulement.

Encore de l'argent pour les Bleues, revivez le finish

En équipe, les Bleues parviennent en revanche à se transcender jusqu'à glaner deux places de dauphines des Suédoises puis des Norvégiennes en relais. La preuve que le niveau moyen de l'équipe pourrait porter plus haut ses individualités. A Kontiolahti, le quatuor français avait même terminé tout proche de la Suède des sœurs Öberg tout en ayant grillé trois pioches de plus. De quoi espérer des lendemains qui chantent.
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