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Antonin Guigonnat : "Je ne me pensais pas capable de faire un tir comme ça"

Guigonnat : "Je ne me pensais pas capable de faire un tir comme ça"

Le 26/01/2019 à 19:24Mis à jour Le 27/01/2019 à 12:02

ANTERSELVA - Antonin Guigonnat a signé un deuxième podium consécutif, samedi lors de la poursuite. Troisième du sprint, vendredi, il est monté d'un cran, terminant dauphin d'un Johannes Boe sur un nuage. Au contact de ce dernier à mi-parcours, il a ensuite dû résister au retour de ses adversaires, Martin Fourcade en tête, sur le pas de tir. Il l'a fait, alors qu'il doutait d'en être en mesure.

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Troisième du sprint vendredi, Guigonnat s'est retrouvé dans une situation qu'il avait eue du mal à appréhender lors de son début de saison remarquable. Deuxième du sprint de Pokljuka, il avait bouclé la poursuite bien plus loin (10e), avant de connaître une mésaventure semblable à Hochfilzen (de 4e à 16e). Cette fois-ci, il n'a pas flanché, skiant même avec Boe en tête de course, lors du troisième tour de circuit. "C'est vrai que j'ai 'joué la gagne' face à Johannes (Boe)… c'est quand même difficile, a-t-il admis, au micro de la chaîne L'Equipe. Mais j'ai fait une grosse course, je n'ai pas eu peur sur les tirs, j'ai attaqué au couché (10/10). J'ai réussi à ne pas me laisser obnubiler par le résultat, comme lors du début de saison où lorsque je partais devant, je me laissais perturber par cela et j'oubliais de construire mon schéma de tir."

Vidéo - D'abord fébrile au tir, Boe a endigué la vague bleue

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" J'ai beaucoup de chance sur cette première balle… je pense que s'ils font un ralenti dessus, elle est 50% dedans, 50% dehors"

Lors du troisième passage sur le pas de tir, Guigonnat a pris le risque de dégainer en premier, alors qu'il s'était installé juste après son prestigieux rival norvégien… Risque perdant, puisque ce tir rapide a accouché de la seule cible qu'il n'a pas blanchie ce samedi. Alors rejoint par Fourcade dans la boucle suivante, il a failli débuter tout aussi mal son ultime exercice carabine en main, mais il a finalement tenu le choc, claquant un 5/5 qui lui a assuré la 2e place : "J'ai beaucoup de chance sur cette première balle… je pense que s'ils font un ralenti dessus, elle est 50% dedans, 50% dehors. Cela a basculé (du bon côté), ça fait partie du jeu, je prends." Petite part de réussite, pour une grande satisfaction. "Il y a une semaine, je ne me pensais pas capable de faire un tir debout comme ça, à la bagarre," s'est-il exclamé.

Une satisfaction d'autant plus forte que le tir debout est ce qui sépare encore Antonin Guigonnat des meilleurs. Son taux de réussite en la matière (78%, alors qu'il est à 90% au couché) est trop faible pour jouer durablement dans la cour des grands. C'est sa principale marge de progression, à 27 ans, et alors qu'il n'a toujours pas gagné en Coupe du monde. Mais ce samedi, il semblait loin de s'en soucier, déjà bien heureux de remonter au 10e rang du classement général. "Je récupère le numéro 10, comme Zizou, c'est important… je ne suis vraiment pas fan de foot, mais voilà quoi, numéro 10," s'est-il même amusé à l'issue de sa course. Amateur ou non de cyclisme, Guigonnat est encore loin de faire un tel calembour au sujet du maillot jaune. Mais c'est peut-être en prenant les choses avec une telle légèreté qu'il a le plus de chances de s'en approcher.

Antonin Guigonnat (2e), Johannes Boe (1er) et Quentin Fillon Maillet (3e) sur le podium de la poursuite d'Anterselva - 26/01/2019

Antonin Guigonnat (2e), Johannes Boe (1er) et Quentin Fillon Maillet (3e) sur le podium de la poursuite d'Anterselva - 26/01/2019Getty Images

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