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Fourcade - Boe : une poursuite pour un gros globe

Fourcade - Boe : une poursuite pour un gros globe

Le 14/03/2020 à 09:40

KONTIOLAHTI - La lutte pour le gros globe de cristal entre Martin Fourcade et Johannes Boe prend un tournant décisif en Finlande avec l’annulation de la dernière étape de Coupe du monde à Oslo. A cause du coronavirus, le Français ne peut compter désormais que sur une ultime course (la dernière de sa carrière), la poursuite prévue samedi, pour aller chercher un 8e graal.

Duel écourté pour le tandem Fourcade-Boe. Les deux rois du biathlon n’auront pas l’occasion de croiser le fer et la carabine en Norvège la semaine prochaine, comme initialement prévu, alors que leur joute ne les sépare plus que de 19 petits points. Le coronavirus n’ayant pas de frontières, il fait tomber les sports un à un dans un sommeil à durée encore indéterminée. Le biathlon ne fait pas exception, et l’annonce, jeudi, de la fédération internationale (IBU) d’annuler la dernière étape de la saison à Oslo-Holmenkollen, chamboule une fin de saison à suspense.

Samedi, Martin Fourcade se présentera donc, dossard jaune sur les épaules, devant les tribunes vides du stade de Kontiolahti pour l’ultime course de la saison, ainsi que la toute dernière de sa carrière. Une poursuite lors de laquelle le gros globe de cristal sera l’unique objectif du Catalan et de son désormais seul rival, Johannes Boe, virtuellement leader pour 19 unités.

Martin Fourcade à Kontiolahti

Martin Fourcade à KontiolahtiGetty Images

Avantage Boe à une course de la fin

Sur le sprint de la station finlandaise, le Norvégien a fait un pas de géant, au vu de l’annulation des trois dernières courses, dans sa quête de cristal. En effet, le règlement de l’IBU indique que le total des points en fin de saison doit être amputé des deux plus mauvais résultats de chaque biathlète. Par conséquent, avant le départ de la dernière poursuite de l’exercice 2019-2020, c’est bien Johannes Boe qui détient virtuellement le dossard jaune définitif. Fourcade peut, lui, encore rêver d’un 8e gros globe, à condition de remporter cette course et de laisser le cadet des Boe au-delà de la 4e place.

Un scénario plausible mais clairement à l’avantage de l’avion scandinave, qui a une nouvelle fois mis tout le monde d’accord sur les skis à l’occasion du sprint de Kontiolahti. Samedi, il partira avec 21''1 secondes d’avance sur son adversaire tricolore. Ce pécule, certes important, n'est pas non plus rédhibitoire, même si le septuple vainqueur du gros globe semble avoir bien conscience de l’ampleur de la tâche.

" "La chance de pouvoir défendre ce dossard jaune""

"Cela s’annonce extrêmement compliqué, il ne faut pas se mentir, a concédé Martin Fourcade au micro de La chaîne L’Equipe. Mais c’est aussi uns satisfaction de savoir que je vais pouvoir défendre ce dossard jaune sur une dernière course." Chance que n’ont pas eue les skieurs alpins par exemple, pour qui les dernières épreuves ont été déprogrammées alors même qu’ils s’attendaient à les disputer.

De toute façon, l'écart aurait déjà dû être creusé il y a bien longtemps pour le Français, qui doit en grande partie son actuelle position de leader au congé paternité de Johannes Boe, pris fin décembre. Sans l'absence du nouveau jeune père de famille, le leader des Bleus, qui a remporté les quatre courses en question, aurait très certainement engrangé beaucoup moins de points d'avance sur son rival.

Vidéo - Boe sans rival, Fourcade et Jacquelin sur le podium : les temps forts du sprint

03:28

Fin de carrière à huis clos ?

"Dire que Johannes Boe est le favori (au dossard jaune, ndlr) et qu’il est intrinsèquement le plus fort cette saison, ce n’est pas être défaitiste, pessimiste ou baisser les bras. C’est simplement arriver à regarder une liste de résultats avec humilité et honnêteté", a reconnu l'homme aux 82 victoires en Coupe du monde, tout en précisant qu'il se battrait "jusqu'au dernier mètre".

Mais avec cette fin de saison précipitée se profile aussi un autre dénouement, en question depuis bien avant l'apparition du Covid-19. Après une décennie au sommet de son art, Martin Fourcade tirera bien sa révérence en Finlande. Dans un huis clos indigne de son palmarès, et malgré un niveau encore tout proche du top.

Martin Fourcade