La genèse : le tir couché

Quand Justine Braisaz-Bouchet a pris le relais, l'équipe de France était en huitième position. Pour rappel, une septième lui assurait le globe de la spécialité. La récente championne olympique de mass-start a connu un tir couché difficile puisqu'elle a eu besoin de trois balles de pioche pour s'en sortir sans tour de pénalité. Mais ce couché aura des conséquences sur la suite. Premièrement, Braisaz-Bouchet a dû utiliser toutes ses balles de pioche, nous y reviendrons. Deuxièmement, elle a eu un autre souci qui pèsera.
Abonnez-vous à Eurosport pour suivre une année complète de sport !
Kontiolahti
"C'est fou", "Rien ne lui fait peur" : QFM fait l'unanimité en attendant le gros globe
06/03/2022 À 16:17
"Nous avons le droit à trois balles de pioche par tir, a-t-elle rappelé au micro de La Chaîne L'Equipe. J'en ai perdu une en voulant en prendre une autre. Elle est tombée dans la fosse, je n'ai pas pu la récupérer". Pour bien comprendre, nous avons demandé à notre consultante Sandrine Bailly de nous expliquer où se trouvent ces balles : "Chaque athlète a son système. Hanna Öberg a une barrette où elle a ses six balles. D'autres ont des trous dans la cross et mettent directement les balles dedans. On peut les perdre quand on tombe".

L'erreur fatale : le tir debout

Sortie 9e après le tir couché, Braisaz-Bouchet est arrivée sur le debout avec la possibilité de reprendre des places puisque ses devancières avaient eu des difficultés. Problème, dans un mauvais jour au tir, elle a commis trois nouvelles erreurs. Ses deux premières balles de pioche ont blanchi les cibles mais puisqu'elle avait perdu l'une d'elles au couché, deux seulement restaient dans sa cross. Elle a alors choisi d'engager un chargeur supplémentaire pour tirer une balle. Ce qui est interdit.

La victoire pour la Norvège, la disqualification pour les Bleues : les temps-fors du relais dames

"Niveau sécurité, elle fait les choses bien puisqu'après avoir tiré, elle a désengagé le chargeur", analyse Sandrine Bailly. Un biathlète peut laisser son chargeur engagé uniquement s'il a tiré ses cinq balles, ce qui arrive 99.9% du temps. Justine Braisaz-Bouchet a pensé être dans la règle en remettant son chargeur à sa place. "Il aurait fallu qu'elle prenne une balle de ce chargeur avec ses doigts", regrette notre consultante. Si simple après coup…

Pourquoi c'est une surprise : une situation rarissime

Nous l'avons dit : la Française pensait être dans son bon droit. Et pour cause, selon Sandrine Bailly, peu de biathlètes connaissent le règlement sur le bout des doigts et cette erreur aurait pu être commise par d'autres. "C'est un concours de mauvaises circonstances", souffle-t-elle. Quel est-il ? D'abord, perdre une balle peut arriver mais ce n'est pas si courant. Ensuite, et surtout peut-être, avoir besoin de 16 balles (10+3+3) pour blanchir les dix cibles est très inhabituel. Si Justine Braisaz-Bouchet n'avait fait ne serait-ce qu'une faute de moins, au couché ou au débout, elle n'aurait pas eu besoin d'une sixième balle de pioche, celle qu'il a manqué et qui l'a poussée à en prendre une supplémentaire pour compenser.
Le système de balles de pioche a changé depuis quelques années maintenant : "Au tout début des relais,les balles de pioche se trouvaient au-dessus des chargeurs, remet Sandrine Bailly. Nous les vidions dans une petite coupelle quand on arrivait à notre emplacement de tir. Mais ce n'était pas très pratique pour les bénévoles qui devaient les enlever à chaque fois. C'est beaucoup plus fluide maintenant, il n'y a plus de geste parasite." Ce jeudi, Justine Braisaz-Bouchet aurait sans doute préféré l'ancienne méthode.
Kontiolahti
Fillon Maillet : "Ma forme n’était pas aussi bonne que celle d’Emilien et quelques autres"
06/03/2022 À 15:51
Kontiolahti
Mis sous pression par Jacquelin, Fillon Maillet a répondu avec maestria : le résumé
06/03/2022 À 15:32