Eric Perrot, titré sur l'Individuel des Mondiaux de Lenzerheide : "Il grille les étapes facilement"
Par Julien Pereira
Mis à jour 19/02/2025 à 20:17 GMT+1
Des paroles aux actes. Mercredi, sur l'Individuel des Mondiaux de Lenzerheide, Éric Perrot est allé chercher l'or qu'il assumait convoiter, malgré sa jeunesse et la concurrence. Le Français de 23 ans ne s'est jamais caché. Sa progression, sa personnalité et ses performances suscitent désormais respect, admiration et... assez peu d'inquiétudes.
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Ça pouvait ressembler à du dédain, à de l'insouciance liée à sa jeunesse ou même, pour les moins clairvoyants, à de l'arrogance. Éric Perrot était sûr de lui. Avant ces Mondiaux de Lenzerheide, le Français répétait, partout où il passait, qu'il n'y viserait que de l'or. Et rien d'autre. La poursuite lui avait rappelé qu'il pouvait aussi trouver son bonheur avec un autre métal. L'individuel nous a encore démontré, à nous, que ce garçon-là était simplement différent. Brillant vainqueur de l'épreuve, le Peiserot a associé les paroles aux actes. À 23 ans, il est (déjà) titré en individuel. Le plus naturellement du monde.
"Là, j'ai l'impression d'être au sommet et ça parait simple, nous a-t-il confié après coup. Je ne vais pas dire facile, mais simple. J'ai juste fait mon travail, mon biathlon. J'ai réussi à exécuter un bon ski. [...] Le tir est bon aussi, tout s'aligne...". Comme "prévu". Lorsque nous l'avions interrogé à quelques jours de son départ pour la Suisse, le biathlète tricolore s'était satisfait d'avoir nettement haussé le curseur sur le pas de tir, avec un taux de réussite supérieur à 91%. Mercredi, c'est en partie dans ce domaine (19/20) qu'il a construit son succès, malgré des conditions difficiles où le vent a piégé bon nombre d'autres favoris.
Il sait où il veut aller et où il veut arriver
"Il a énormément progressé ces derniers temps et il est fantastique face aux cibles, a observé Johannes Boe, maître du circuit, à notre micro. Et maintenant, il est plus rapide sur les skis." Sa marge de progression était là. Mais depuis le début des Mondiaux, Perrot vole sur la piste. Sur ce point, la nouveauté est le fruit d'un travail plus collectif. "C'est vrai qu'on avait encore une fois une équipe de folie derrière qui nous a permis d'avoir des skis au top pour jouer devant", a-t-il souri. "Ici, il y a tout qui fonctionne avec un staff technique qui nous donne le bon matériel, a également souligné Simon Fourcade, le coach des Bleus. Eric saisit les opportunités, il est sûr de son potentiel. Il sait où il veut aller et où il veut arriver."
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Perrot : "Ça paraît si simple…"
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C'était donc la suite logique. Vainqueur de sa première épreuve de Coupe du monde l'année dernière, porteur d'un dossard rouge puis du jaune en décembre, le Savoyard a franchi un nouveau cap dans une progression décidément bien linéaire. "Il avait validé certaines choses sur le début de saison qui lui permettaient d’arriver serein et d’avoir confiance en ses capacités sur les Mondiaux", a résumé Fourcade.
"Même s'il est encore jeune, Éric a passé un cap, a noté Sandrine Bailly, championne du monde de poursuite (2003) et consultante Eurosport. Il n'est déjà plus celui qui est instinctif et qui fait ce qu'il a à faire sans bien comprendre ce qui se passe. On le sentait arriver depuis un petit moment. Tout le monde le voyait, les coaches le disaient. Dans sa façon de se construire, sa façon de répondre aux échéances... c'est déjà un grand dans sa manière d'aborder les compétitions."
Et maintenant, le changement de statut
Alors qu'il n'a que 23 ans, la confiance et la personnalité du Peiserot détonnent. Et impressionnent. "C'est exceptionnel, a salué Fabien Claude. Moi, je n'ai jamais gagné de médaille individuelle. Lui, il grille les étapes facilement. Dès qu'il a une opportunité, il la saisit." Quentin Fillon Maillet n'a pas dit autre chose : "Il montre des qualités incroyables. Bravo à lui, il a ce que je recherche."
Même Johannes Boe est admiratif : "C'est un type fantastique, a confié le Norvégien. C’est la personne la plus souriante en Coupe du monde. Il est sympa avec tout le monde. Il peut devenir très fort. C’est fun de voir la nouvelle génération émerger. Ses dernières performances sur le relais mixte, la poursuite et aujourd’hui... c’est fabuleux."
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Perrot : "J’ai envie de devenir le meilleur biathlète du monde"
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Et puisqu'il est capable d'annoncer, d'assumer et même de faire l'unanimité, difficile d'imaginer ce qui pourrait freiner son irrésistible ascension. "Il faudra observer sa gestion de l'échec, avertit Sandrine Bailly. Là, il est en phase ascendante. Quand tu es fort, que tout va bien, tu ne te poses pas de questions. Mais après cette saison et ce titre, il va vraiment changer de statut. Il y aura d'autres attentes. Pour certains, on a vu que l'année d'après pouvait être difficile. Et pour lui, ce sera une année olympique. On va l'attendre pour des médailles aux JO. Il sera là pour toute une nation." Les Jeux de Cortina constituent effectivement son prochain grand objectif. Et ça aussi, il l'a déjà annoncé...
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