Getty Images

La Norvège un cran au-dessus, scénario cauchemardesque pour les Bleus

La Norvège un cran au-dessus, scénario cauchemardesque pour les Bleus

Le 07/03/2020 à 18:05Mis à jour Le 07/03/2020 à 19:47

NOVE MESTO - A l'instar de son homologue féminine quelques heures plus tôt, l'équipe masculine de Norvège s'est adjugé la victoire sur le relais qui s'est déroulé en République tchèque ce samedi. Johannes Boe et consorts sont accompagnés par l'Ukraine (2e) et la Suède (3e) sur le podium. En délicatesse sur le pas de tir, la France (15e) a été pénalisée suite à une erreur d'Emilien Jacquelin.

Scénario improbable lors du relais de Nove Mesto. Seule au monde peu après la mi-course, l'équipe de Norvège médaillée d'argent aux Mondiaux d'Antholz s'est imposée très tranquillement, samedi, pour la 4e fois de la saison. Derrière, la bataille pour le podium a été rude, avant de voir l'Ukraine empocher la 2e place. La dernière marche s'est dessinée au sprint en faveur de la Suède. Très loin derrière, l'équipe de France a physiquement franchi la ligne en 9e position, mais une balle non tirée par Emilien Jacquelin lors du 2e relais a coûté aux Tricolores deux minutes de pénalité et une 15e place à l'arrivée.

Après deux semaines de repos post-Mondiaux, le script du relais masculin semblait écrit d'avance : un duel entre la France, championne du monde, et sa dauphin norvégien. Mais comme souvent en biathlon, la réalité de la piste a accouché d'un résultat bien surprenant. Après deux relais rondement menés, la Norvège (Christiansen, Dale, T. Boe, J. Boe) s'est envolée vers la victoire, sans aucun adversaire dans le rétroviseur.

Auteur d'un 9/10 face aux cibles, Tarjei Boe n'a pas mis longtemps à faire exploser ses concurrents sur les skis pour délivrer le dernier témoin à son frère Johannes, avec plus d'une minute d'avance. Derrière la domination des Scandinaves, l'Ukraine et la Suède ont permis d'établir un podium inédit cette saison.

Le cauchemar des Bleus

Mais la véritable anomalie s'est déroulée dans le clan français. Après un début de course compliqué pour Antonin Guigonnat, remplaçant d'un Martin Fourcade laissé au repos, tout a basculé à l'occasion du tir debout d'Emilien Jacquelin. A l'écran, difficile de comprendre pourquoi la simulation des cibles laissait une pioche au deuxième relayeur tricolore au moment où il repartait de son tapis de tir. L'explication est venue du principal intéressé après la course.

Au micro de La chaîne L'Equipe, Jacquelin a expliqué avoir laissé tomber une balle de pioche pendant son tir couché. Choisissant de ne pas alerter le staff de l'équipe de France pour récupérer une nouvelle munition, il a décidé de se présenter sur le debout avec seulement deux balles jokers. Manque de chance (et d'adresse), il restait une cible à blanchir pour le Français au terme de ce dernier tir pour repartir. Un manque synonyme de deux minutes de pénalité à l'arrivée pour balle non tirée.

Emilien Jacquelin | Biathlon | ESP Player Feature

Emilien Jacquelin | Biathlon | ESP Player FeatureGetty Images

Fête gâchée pour Slesingr

La fin de course a donc davantage ressemblé à une session d'entraînement qu'à une véritable course pour Simon Desthieux et Quentin Fillon Maillet. Ce dernier, encore en lice pour soulever le gros globe, a pu prendre quelques repères avant la mass start de dimanche (13h45), où il jouera gros.

Et comme si l'après-midi n'était pas déjà assez extraordinaire, au sens premier du terme, Michal Slesingr a été contraint de "fêter" sa retraite sur ses terres devant... des tribunes vides (35 000 personnes étaient attendues). Le coronavirus aura quelque peu gâché la sortie du Tchèque, triple médaillé mondial et présent sur le circuit de la Coupe du monde depuis 2002.

Vidéo - Les Norvégiens intouchables, les Français dans le dur : les temps forts du relais masculin en vidéo

03:05