L'équipe de France en avait vraiment besoin. Vainqueurs du relais messieurs à Oberhof, les Bleus ont décroché un succès très important pour leur moral, vendredi après-midi à Oberhof, et mis de côté les déconvenues survenues en début de saison à Kontiolahti, puis Hochfilzen où tout était allé de travers au mois de décembre. Deux sorties qui avaient mis le moral des troupes en berne, surtout celui d'Emilien Jacquelin.
Après un trou noir sur le tir débout le 13 décembre dernier en Autriche, le Français avait reconnu qu'il prenait le relais très - trop - à coeur et qu'il courait avec une épée de damoclès au-dessus de lui quand il évoluait en équipe. Des maux qu'il jugeait avant tout mentaux, mais au point de dire que ses coéquipiers feraient beaucoup mieux sans lui. "J'ai envie de souhaiter à l'équipe que le prochain relais soit sans moi. Sans déconner... Plus je fais une fixette sur ce relais, plus ce sera difficile de me libérer. Ça me met un coup", avait-t-il avoué à La Chaîne L'Equipe à l'époque. Les semaines ont passé et le Grenoblois a retrouvé de la superbe sur la piste.

Une course pleine et un dernier tour plein de suspense : les Bleus ont gagné avec la manière

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On savait tous qu'on était capables de viser la victoire
Comme un symbole, c'est lui qui a offert la victoire à l'équipe de France. Solide au tir, principalement sur son supposé point faible le tir debout, où il a tiré à la vitesse d'un Simon Eder des grands jours, le sportif de 25 ans a montré l'étendue de ses qualités, celle d'un biathlète complet. Bon avec la carabine, Jacquelin a surtout épaté son monde par son sang-froid sur la piste où il a réussi à contenir le retour de Johannes Boe lors d'un dernier tour très bien géré tactiquement. Ça, c'est une performance qu'il ne faut pas sous-estimer.
Malgré cette satisfaction, Jacquelin a encore évoqué Hochfilzen, comme s'il lui fallait encore exorciser ce moment. "C'est vrai que depuis les Championnats du monde, j'ai enchaîné les mauvaises performances sur les relais... Parfois, ce n'était que des petites erreurs techniques et d'autres fois, des mauvaises prestations. Il n'y a pas à se cacher, le dernier relais où ça a foiré, c'était la faute d'un seul homme : moi", a-t-il précisé à la Chaîne L'Equipe, histoire d'en finir. "Mais on savait tous qu'on était capables de faire de très bons relais et de viser la gagne. Quand on fait quatre courses pleines comme aujourd'hui, on sait qu'on peut rivaliser avec les Norvégiens... Et puis, c'est un relais victorieux sans Martin Fourcade et en plus, il s'agit d'une première à Oberhof. Ça va faire du bien à toute l'équipe, que ce soit nous ou le staff."

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Oberhof enfin dans l'escarcelle des Bleus

Revanchards après leurs deux premières sorties catastrophiques, où le tir était porté disparu, les Français - emmenés cette fois par Simon Desthieux, Quentin Fillon Maillet, Fabien Claude et Émilien Jacquelin - ont rapidement cassé leur mauvaise série dans l'un des temples du biathlon : Oberhof. Jamais, le relais de l'équipe de France masculine ne s'était imposé dans ce lieux unique, même quand Martin Fourcade était le patron. Avec seulement six fautes à la carabine et une très bonne gestion de leurs efforts sur la piste, ils ont enfin rendu une copie aboutie en restant tout le temps aux avant-postes. Les Bleus se sont fait du bien au moral, mais surtout ils ont mis la manière.
Cette victoire a aussi été décrochée avec un certain sens du timing, à moins d'un mois des Mondiaux de Pokljuka (10-22 février) où les Bleus défendront le titre en relais conquis en 2020 à Anterselva. En positionnant Jacquelin en ultime relayeur et Fillon-Maillet, lui aussi en recherche de sensations, en 2e, la France a peut-être trouvé la bonne formule pour les Championnats du monde.
"On a eu du mal sur les premiers relais, on est face à des équipes très fortes individuellement comme la Norvège. C'était l'équipe à battre et on a tous fait un très beau relais, on a vraiment fait le job du début à la fin avec du beau tir et du beau ski. On a bien discuté après nos deux premiers échecs et chacun a bien fait ce qu'il sait faire", a expliqué Quentin Fillon-Maillet. "Cela fait plaisir de peser sur la course comme on l'a fait du premier au dernier relais", a embrayé Fabien Claude. Prochaine étape pour les Bleus : les Mondiaux à Pokljuka.
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