«En partant des courses le samedi 21 décembre, personne ne le savait, mais je savais que c’était la dernière fois que je refermais mon sac de course. Je viens de mettre un terme à ma carrière.» Dans l’anonymat, François-Xavier Bertras a donc dit au revoir à sa carrière de jockey le 21 décembre. Titulaire de 1.212 victoires, le Dacquois est revenu sur cette décision pour Eurosport.fr.

Pourquoi avez-vous décidé de refermer votre carrière?Lorsque je suis arrivé aux courses le 21 décembre, je ne savais pas que j’allais arrêter. Je me suis dit: «et pourquoi pas maintenant?». Je n’étais pas sur le déclin, je n’ai pas eu de soucis physique, cela n’aurait rien changé de repousser de deux ans.

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Quand avez-vous senti que c’était le moment de raccrocher vos bottes?J’ai toujours fait la différence entre ma vie personnelle et professionnelle. J’ai toujours été passionné par la compétition et l’adrénaline. J’étais simplement lassé de devoir «contrôler ma vie». Depuis que j’ai seize ans, je contrôlais mon poids, mes déplacements et mes envies. J’ai désormais envie de vivre ma vie normalement.

Quelle place a eu François Rohaut, célèbre entraîneur, dans votre carrière?Il a changé ma vie. C’était une chance de le rencontrer. Il m’a permis d’exercer mon métier comme je le souhaitais. Durant vingt-trois ans, nous ne nous sommes jamais quittés. Il s’agit de la plus belle réussite de ma carrière. Ce que je dois en retenir, c’est cette longévité avec la même personne. J’admire vraiment François Rohaut. Avec lui, nous avions cette faculté à nous comprendre sans communiquer.

Quelle a été sa réaction après l’annonce de votre fin de carrière?Il ne s’y attendait pas. Je suis venu le voir à son bureau et je lui ai expliqué mes raisons. Il y a eu beaucoup d’émotions. Il a compris ma décision et nous garderons de très bons rapports. On ne peut pas faire une croix sur vingt-trois ans d’une vie. C’est impossible.

La Cravache d’Or n’a jamais été un objectif pour vous?Non, cela n’a jamais été un objectif en soi. À la fin de la meilleure année de ma carrière, je me suis dit : «Plus jamais je ne ferai cela». Ce n’était pas ma vie. Je n’avais absolument pas besoin de reconnaissance, pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs. Je suis heureux de la carrière que j’ai accomplie. J’ai eu la chance d’avoir du temps libre pour mes passions. Il faut connaître ses limites et fixer les curseurs au bon niveau. Je n’allais pas puiser mon bonheur dans une quête qui n’existe pas. Je n’avais pas besoin de tirer une gloire de mon métier.

Qu’allez-vous faire désormais?
Ayant peur du lendemain, j’ai mis beaucoup de projets en place pour cette après-carrière. Je veux vivre comme tout le monde, manger à mon envie, sortir avec ma famille. Ce sont des choses simples dont je vais profiter désormais.

Devenir entraîneur pourrait-il être un challenge intéressant pour vous?
Absolument pas. Évoluer à côté de François Rohaut a été ma plus grande réussite mais je ne suis pas fait pour cela. Je n’ai pas la fibre alors non, cela ne fait pas partie de mes projets.

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