2018-2021 : Quand Julian Alaphilippe, tout juste à la retraite, était le meilleur du monde
Eurosport sur GoogleL'espace de trois ans et demi, Julian Alaphilippe a imposé sa domination sur un certain type de profils, ceux promis aux puncheurs comme lui. Homme du Mur de Huy mais pas seulement, le néo-retraité a décroché 31 victoires entre La Flèche Wallonne 2018 et le championnat du monde 2021, répondant présent quand ça comptait le plus, et notamment sur le Tour de France.
Quand Alaphilippe était sur le toit du monde : revivez son merveilleux doublé
Video credit: Eurosport
Mettons-nous d'accord, il y a mille façons d'évoquer Julian Alaphilippe et le faire par l'unique prisme de palmarès, c'est passé à côté d'une part importante du coureur qu'il fut, peut-être même de l'essentiel. Qu'importe, "Alaf" a trop dominé le cyclisme mondial, au moins dans son style, pour ne pas raconter les trois ans et demi durant lesquels il était une véritable terreur parmi les puncheurs. De 2018 à 2021, il fut même le meilleur dans son domaine.
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En 2015, en pleine domination d'Alejandro Valverde sur les Ardennaises, un Français était venu pointer le bout de son nez. Un jour, pensait-on, ces courses seraient les siennes. On ne s'était pas trompé pour la Flèche Wallonne (trois fois vainqueur), un peu plus pour Liège-Bastogne-Liège qu'il n'a finalement jamais réussi à dompter. Pour être le maître des lieux, Alaphilippe devait s'offrir l'Espagnol, chose faite en haut du Mur de Huy en 2018. Une sorte de déclic après avoir semé de très belles promesses.
Déjà vainqueur de deux étapes au Pays basque quelques jours plus tôt, Alaphilippe triomphe donc de la Flèche Wallonne avant "d'offrir" Liège-Bastogne-Liège à son coéquipier et ami, Bob Jungels, en jouant au chien de garde derrière. Encore vainqueur sur le Dauphiné, le coureur de Quick-Step s'invite parmi les meilleurs à Mûr-de-Bretagne sur le Tour (4e) avant de lever les bras deux fois en montagne, sur un autre terrain (on y reviendra), et de remporter la Clasica San Sebastian. Favori à Innsbruck aux Mondiaux, Alaphilippe se rate mais qu'importe, les jalons de sa domination sont posés.
Le Tour, son territoire
Car s'il y a bien une chose qui marque durant ces années, c'est la capacité du Français à répondre présent dans les grands moments. Si elles valent probablement un peu moins qu'un Monument dans le palmarès, les premières étapes du Tour de France promises aux puncheurs sont un rendez-vous important pour les meilleurs du monde. En 2019 (3e étape), 2020 (2e étape) et 2021 (1re étape), Alaphilippe ne laissera à personne d'autre le soin de s'imposer, dont deux fois en solitaire et avec au bout toujours le maillot jaune.
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Une attaque monstrueuse pour un grand bonheur à l'arrivée : Alaphilippe a fait le show
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Ajoutez-y ses deux titres Mondiaux, deux nouvelles Flèche Wallonne (en 2019 et 2021, absent en 2020), Milan-Sanremo mais aussi les Strade Bianche et vous obtenez un ratio absolument ahurissant. A cette époque, il y a lui et les autres sur les parcours pour puncheurs d'autant qu'il gagne à peu près partout par ailleurs dès que l'occasion se présente (Tirreno-Adriatico, Pays basque ou encore La Flèche Brabançonne). Et si Liège se refuse à lui, c'est parfois parce qu'il fait n'importe quoi dans son sprint avant de lever les bras trop tôt comme en 2020 ou qu'il tombe sur le futur patron, Tadej Pogacar, l'année suivante.
Quand Alaf était en forme, il savait tout faire
Alors au sommet de sa forme, Alaphilippe est même capable de briller sur d'autres terrains, parfois au sprint quand les meilleurs ne sont pas là, régulièrement sur des chronos (Paris-Nice 2017 par exemple) et souvent en haute montagne. On en a parlé pour ses deux victoires sur le Tour en 2018, une dans les Alpes, une autre dans les Pyrénées mais son chef-d'œuvre restera la Grande Boucle 2019 qu'il terminera à la 5e place du général après une sacrée aventure.
Au contact des meilleurs à La Planche des Belles Filles mais aussi, plus fou encore, au sommet du Tourmalet, le maillot jaune résiste comme il peut sur les pentes du Prat d'Albis avant de finir dans le groupe des Geraint Thomas, Thibaut Pinot et autre Steven Kruisjwijk ou Emanuel Buchmann à Valloire par-delà le Galibier. "Alaf" ne sera plus jamais aussi fort en haute montagne, preuve qu'il avait besoin que les planètes soient alignées pour y briller.
Son truc à lui, c'étaient les montées courtes et pentues, ce pour quoi il s'infligeait d'horribles séances d'entraînement avec son cousin et entraîneur de toujours Franck. C'est de ce dernier qu'était venu l'idée d'aller voir ce qu'il pouvait se passer du côté du Tour des Flandres. Après tout, son poulain avait les watts pour avaler les monts pavés, ce qu'il fit à la perfection, animant même la course dans le Koppenberg pour s'isoler en tête avec Mathieu Van der Poel et Wout van Aert en 2020.
La suite on la connaît et ces derniers, tout autant que les chutes, allaient bientôt le reléguer au second plan. Avant cela, Julian Alaphilippe s'était offert une victoire de prestige sur la 2e étape de Tirreno-Adriatico. Derrière lui, "MVDP" avait pris la 2e place, "WVA" la 3e et un certain Tadej Pogacar la 4e. Reste de ce jour une célèbre photo où un "Alaf" conscient de la menace à venir mais heureux de pouvoir encore la mater.
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