En 2017, Julian Alaphilippe a vécu "la plus belle saison de sa carrière". Pas la plus facile, avec une blessure au genou qui l'a privé des classiques ardennaises et du Tour de France, deux courses dont il devait être un acteur majeur. Mais lorsqu'il a pu s'aligner, le puncheur français a fait feu de tout bois, s'illustrant de Paris-Nice jusqu'au Tour de Lombardie. Au bout d'une année éprouvante, il en termine cette semaine sur le Tour de Guangxi, dernière épreuve World Tour de l'année. Comme toujours, il est là pour se faire plaisir.
Ce Tour de Guangxi est la dernière course d'une saison mouvementée… Quelles sont les sensations au moment de boucler 2017 ?
J. A. : Je suis content d'être ici. C'est l'occasion de découvrir une nouvelle course. On a une équipe très avec des ambitions. Et puis c'est bientôt les vacances. Il y a eu des hauts, il y a eu des bas. Malgré le fait que je sois resté quasiment trois mois sans courir, ça n'a pas été de tout repos. Psychologiquement, ça a été un peu difficile. Ça a été beaucoup de travail pour revenir mais malgré ça j'ai su retrouver mon meilleur niveau et, à la fin, ça s'est très bien passé. Ça reste ma plus belle saison.
Amstel Gold Race
Alaphilippe enfin prince, le mystère Hirschi, Pogacar-Roglic : Les Ardennaises en 7 questions
IL Y A 9 HEURES
Le début d'année, avec des performances à Paris-Nice et Milan-San Remo, c'était un nouveau pallier ou la continuité logique de ce qui avait déjà été fait ?
J. A. : C'est un peu des deux. C'est la récompense de mon travail et puis je sens d'année en année que je progresse. C'était une bonne chose pour moi et j'avais vraiment envie d'en découdre tout au long de l'année, sur tous mes objectifs… J'étais très motivé pour les Ardennaises. À partir du moment où je n'ai pas pu y participer, il a fallu penser à l'avenir. C'est ce que j'ai fait. Je me suis concentré sur le fait de prendre le temps de me soigner, de travailler pour revenir. Il y a d'autres courses, il y en aura d'autres des classiques.
J'ai signé un beau retour et c'était important pour moi
Cette blessure vous a privé des classiques mais aussi du Tour de France. La déception a pu être digérée ?
J. A. : C'est derrière moi maintenant. Je ne veux plus trop y penser. Ça a été des moments difficiles mais ça fait partie d'une carrière de haut niveau. Ça ne va pas toujours comme on veut. Il y a des moments comme ça où on n'a pas le choix. J'ai eu de la chance quand même d'avoir retrouvé mon meilleur niveau rapidement et d'avoir pu faire une belle fin de saison.

Julian Alaphilippe en jaune.

Crédit: Panoramic

Ce n'est pas la première fois que vous êtes confronté à des pépins physiques…
J. A. : (Il coupe) Oui, mais pas comme ça. Là c'est la première fois que je me faisais opérer sur un genou, c'est quand même important quand on fait du vélo. Je savais qu'il était important de me soigner et de ne pas vouloir revenir trop vite. C'est ce que j'ai fait. J'ai été très bien pris en charge par mon équipe et je suis content.
À quel moment avez-vous eu le sentiment d'avoir retrouvé la plénitude de vos moyens ?
J. A. : Sur la Vuelta. Je sentais à l'entrainement que ça revenait bien mais que j'étais loin de mon meilleur niveau. La Vuelta j'y allais pour faire le travail et voir où ça pouvait mener… J'ai réussi à gagner une belle étape. C'était la récompense de mon travail. On ne peut pas gagner une étape de la Vuelta si on n'est pas à 100%. C'est la première fois que je gagnais sur un Grand Tour. C'est un pallier de franchi et cette victoire avait une saveur particulière après tout ce qu'on vient d'évoquer, les mois précédents… J'ai signé un beau retour et c'était important pour moi.
Champion du monde ? Bien sûr, j'y croyais
Sur le Mondial, vous êtes confronté à un tout autre type de déception…
J. A. : C'est complètement différent. Je savais que j'étais à 100%. J'étais prêt, je savais ce que j'avais à faire. On a fait une belle course d'équipe avec l'équipe de France. Après… Voilà, il n'y a qu'un seul vainqueur. Je n'ai aucun regret dans le sens où j'ai donné tout ce que j'avais. J'ai fait ce que j'avais à faire. Après, le résultat, il est ce qu'il est. Mais je ne pouvais pas faire grand chose de plus.
Vous y avez cru ?
J. A. : Bien sûr, j'y croyais. J'étais là-bas pour ça. Et quand j'ai attaqué, il fallait y croire, sinon on ne fait rien, on reste dans le peloton. Je savais que je n'étais pas le plus rapide en cas d'arrivée groupée et finalement c'est arrivé un groupe de beaucoup coureurs rapides. C'est ce qui me donne encore plus le sentiment de ne pas avoir de regrets. Après, voilà, c'était un kilomètre de trop.

Julian Alaphilippe et Tony Gallopin sous le maillot de l'équipe de France

Crédit: Getty Images

On vous a raconté cette séquence où tout le monde se retrouve en aveugle, à attendre de vous voir débouler dans le dernier kilomètre ?
J. A. : Oui, oui… J'en ai parlé avec l'équipe de France sur place, ma famille, mes proches… J'ai bien vu que tout le monde était très déçu. Je pense que ça a maintenu un peu le suspense (rires) mais malheureusement, au moment où il n'y avait plus d'images, j'étais seul en tête avec quelques secondes d'avance et je me fais reprendre juste avant la flamme rouge.
On ne vous a pas vu vous faire reprendre…
J. A. : Ce n'est pas plus mal (rires).
La grande victoire, moi aussi je l'attends !
Vous finissez la saison avec un nouveau podium sur un Monument (deuxième du Tour de Lombardie), c'est ce qui vous permet de dire que c'est la meilleure saison de ta carrière ?
J. A. : Exactement. Franchement, sans parler des classiques et du Tour de France que je n'ai pas fait, j'ai fait des résultats là où je devais en faire. Maintenant j'espère que je vais continuer dans le bon sens pour concrétiser toutes ces belles places par des belles victoires dans le futur.
Maintenant, tout le monde attend la grande victoire…
J. A. : Ouais, moi aussi je l'attends !
À Liège, vous êtes battu par Valverde, à San Remo par Kwiatkowski et au Lombardie par Nibali. Vous avez pu mesurer la différence qu'il reste entre eux et vous ?
J. A. : Ce sont des grands champions. Kwiatkowski est jeune mais c'est un grand talent, Nibali a l'expérience… Moi, ce qui me manque… c'est simplement de continuer à progresser. On ne gagne pas un Monument comme ça, du jour au lendemain. Quand j'ai fait 2e à Liège, c'était la première fois que je participais. Là, c'était mon deuxième Lombardie, ou peut-être le troisième, je ne sais plus [abandon en 2014, 60e en 2016, NDLR]. Je participais à Milan - San Remo pour la première fois. J'ai prouvé que je pouvais être là. Maintenant, c'est à moi de continuer à travailler dans le bon sens pour essayer de gagner.

La folle arrivée de Milan-Sanremo : Peter Sagan, Michal Kwiatkowski et Julian Alaphilippe

Crédit: Panoramic

Certains commentaires apparaissent sur votre hygiène de vie, vous seriez peut-être trop bon vivant comme on dit… Vous comprenez d'où peuvent venir ces critiques ?
J. A. : Ce sont des gens qui ne me connaissent pas forcément personnellement. Le métier, je le fais, sinon je n'aurais pas les résultats que j'ai. Ce qu'on dit sur moi… Ça ne m'affecte pas du tout. Je sais ce que je fais. Je donne le meilleur de moi-même, je suis sérieux. Il y a un temps pour tout. Ok, je suis quelqu'un qui aime la vie mais je sais aussi que mon métier demande beaucoup de sacrifices et je les fais. On n'empêchera jamais les gens de parler.
L'équipe vous a accordé sa confiance avec un nouveau contrat. Quel est le projet sur les deux prochaines années ?
J. A. : On est dans la continuité de ce que je fais déjà. Je suis content de travailler avec des gens qui croient en moi, qui me font confiance. Je suis très bien entouré, j'ai pris mes marques et je progresse d'année en année. L'an prochain, je vais peut-être changer quelques petites choses. Mais l'idée est toujours de répondre présent sur les mêmes grands objectifs.
Vuelta a Valencia
Küng tient son rang et prend le maillot à un Mas pas verni, Démare 5e : le résumé du chrono
IL Y A 14 HEURES
Vuelta a Valencia
Défaillance ou mauvais choix ? Une crevaison et Mas a cédé son maillot jaune à Küng
IL Y A 16 HEURES