Au bout, du bout, du suspense. Il a fallu attendre quelques minutes, à l’issue de l’Amstel Gold Race, pour en connaître le vainqueur ce dimanche. Puis la photo-finish a livré un verdict auquel moult angles de vue ne permettaient pas d’aboutir : Wout Van Aert est bien le lauréat de cette singulière 55e édition de l’épreuve. Le coureur de la Jumbo-Visma a devancé au sprint ses deux compères d’escapade, Tom Pidcock (INEOS Grenadiers, 2e) et Maximilian Schachmann (Bora-Hansgrohe, 3e). Julian Alaphilippe a quant à lui pris la 6e place, au sein d’un petit peloton qui a terminé sur leurs talons.
Ce final haletant avait un double goût de déjà-vu. Et l’histoire a doublement été réécrite. Premier souvenir : le dernier opus de l’Amstel Gold Race. En 2019, un trio trop confiant s’était fait croquer dans la dernière ligne droite par ses poursuivants, menés par un Mathieu van der Poel qui n’a pas défendu son titre ce dimanche. Cette fois-ci, le "peloton" n’est jamais revenu.
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Quelques millimètres et beaucoup de suspense: le duel Van Aert - Pidcock en vidéo

Deuxième souvenir, peut-être moins prégnant mais bien plus récent : Van Aert versus Pidcock dans un sprint à trois, nous y avions eu droit dès ce mercredi, à l’arrivée de la Flèche Brabançonne. Avec à la clef une victoire du coureur britannique. Cette fois-ci, dans le Limbourg, c’est bien le favori qui a eu le dernier mot face à l’impétueux outsider, qui traînera sans doute bientôt une aussi grosse pancarte que son bourreau du jour.

Roglic en vue, INEOS Grenadiers en surnombre

Van Aert, au pire 13e de toutes ses courses depuis le début de la saison sur route, ajoute un deuxième succès majeur à son année 2021, après Gand-Wevelgem. Il le doit à ses jambes… et à sa formation Jumbo-Visma. Primoz Roglic, notamment, victime d’un incident mécanique lors du dernier passage du Cauberg, avait avant cela abattu un travail colossal pour son coéquipier.
Cet Amstel disputé sur seulement 216,7 kilomètres (contre 265,7 km en 2019, par exemple), sur un circuit autour de Valkenburg, avait de quoi sourire aux seconds couteaux. La distance, écueil récurrent pour les moins bons spécialistes des classiques, étant réduite, beaucoup de monde pouvait croire en sa bonne étoile, et Roglic a été omniprésent dans les cinquante dernières bornes, quand la course, jusque-là animée par une anodine échappée de huit coureurs, s’est brutalement emballée. Il a su éviter à Van Aert de regarder le dénouement de loin.

Van Aert et Pidcock

Crédit: Getty Images

Battu pour, tout au plus, quelques millimètres, Pidcock aurait lui aussi parachevé un excellent travail collectif, s’il avait décroché la timbale. En effet, dans le groupe de six coureurs qui s’est détaché sur le sommet du Cauberg, à 16 kilomètres de l’arrivée, il y avait trois INEOS Grenadiers : Michal Kwiatkowski et Richard Carapaz, et le dauphin du jour.

Alaphilippe n’avait pas les jambes

C’est lors de cet instant décisif que Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) a montré ses limites. Bien placé, il a dû s’écarter et laisser Michael Matthews (BikeExchange, 4e) faire le jump. Il a revu la tête de course quelques minutes plus tard, mais lorsque Pidcock a placé l’attaque qui a permis au trio de s’isoler, après les premières banderilles de Kwiatkowski et Carapaz, le champion du monde a déjà semblé bien content de retomber dans le gros groupe de chasse.

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Alaphilippe, qui avait entrevu le succès il y a deux ans, dans ce fameux final spectaculaire, a donc été plus loin du compte ce dimanche. Mais il a aussi montré qu’il lui restait des forces pour faire une place au sprint, juste derrière Alejandro Valverde (Movistar, 5e), au sein d’un groupe d’une trentaine de coureurs, devant certains réputés très rapides (Greg Van Avermaet, Matteo Trentin etc.).
A l’aube d’une des semaines les plus importantes de sa saison (Flèche Wallonne mercredi prochain, Liège-Bastogne-Liège dimanche), ce n’est pas de si mauvais augure pour Julian Alaphilippe. Wout Van Aert, qui termine sa campagne de classiques printanières en fanfare, vient de prouver à quel point jouer placé régulièrement pouvait finir par payer.

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