L’Amstel Gold Race entre le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, ça change quoi et pour qui ?

Eurosport sur Google

AMSTEL GOLD RACE - Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix vont être séparés de deux semaines au lieu d’une, cette année. L’élection présidentielle française est la cause de cet ajustement calendaire, qui voit l’Amstel Gold Race prendre la place de l'Enfer du Nord dimanche. Quelles en sont les conséquences pour Mathieu van der Poel, Julian Alaphilippe, Wout van Aert and co., et pour les épreuves ?

Julian Alaphilippe et Mathieu van der Poel

Crédit: Eurosport

Cela devient une triste habitude. Cette année encore, les amateurs de cyclisme en Belgique et dans le nord de la France seront privés de leur semaine sainte. Pas d’enchaînement Tour des Flandres - Paris-Roubaix, comme ce fut déjà le cas en 2020 et 2021. Cette fois-ci, le Covid n’y est pour rien. L’élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche dans l’Hexagone, a conduit au report d’une semaine de l’Enfer du Nord.
L’Amstel Gold Race a pris la place laissée vacante par Paris-Roubaix dans le calendrier, venant ainsi s’intercaler entre les deux Monuments pavés. Dimanche, plusieurs spécialistes des courses flandriennes vont ainsi faire un détour par les Pays-Bas, avant de viser le sacre sur le vélodrome roubaisien. Un changement de programme plus ou moins préjudiciable selon les profils et les dynamiques des coureurs.
picture

Pogacar partout, Van der Poel parfait, Madouas sur la boîte : le résumé d'un Ronde ébouriffant

Video credit: Eurosport

Van der Poel, le fil rouge

Le premier concerné est le vainqueur du Tour des Flandres, qui s’avance en favori de l’Amstel - course qu’il a remportée en 2019 - et de Paris-Roubaix, dont il a pris la troisième place l’an passé. Pour lui, le défi consiste à gérer un cheminement moins naturel, des pavés belges aux pavés français en passant par les côtes néerlandaises. "Il est capable de faire des trucs que personne ne peut faire. Il est tellement polyvalent qu’à la limite, ce n’est pas trop gênant pour lui", sourit notre consultant Nicolas Fritsch.
Christophe Laporte se retrouve face à une problématique similaire, à sa mesure, puisqu’il va participer pour la première fois à l’épreuve qui se tiendra dimanche aux Pays-Bas, mais semble pouvoir s’y montrer ambitieux autant qu’en direction de Roubaix, où il reste sur une sixième place prometteuse. Pour d’autres coureurs, l’Amstel Gold Race est une parenthèse plus qu’un objectif et change donc la donne en matière de pic de forme.
picture

Dans le Koppenberg, Pogacar a lâché tout le monde sauf Van der Poel et Madouas

Video credit: Eurosport

Küng, l’archétype du coureur qui va trépigner

Fritsch expose le problème : "Cela a se goupille vraiment bien d’habitude. Après le Tour des Flandres, tu récupères lundi et mardi, puis tu refais un peu de pavés en milieu de semaine et ça arrive vite, la forme reste. Tandis que là, deux semaines… il faut entretenir cette forme, cela change les repères." D'autant plus que ceux qui sont typés "flandriens" commencent à tirer sur la corde : "Sachant qu’avant il y avait déjà eu le Grand Prix E3, Gent-Wevelgem etc."
Stefan Küng, par exemple, aurait sans doute été bien content que la configuration calendaire classique soit de rigueur cette année. Très fort sur les monts du Ronde (5e), dimanche, le rouleur suisse de la Groupama-FDJ semble encore plus taillé pour l’Enfer du Nord, où sa puissance devrait pouvoir s’exprimer sur des secteurs pavés plats. En revanche, ses chances de victoire sur l’Amstel semblent bien plus minces, et ce malgré les qualités de grimpeur qu’il a affichées lors de Paris-Nice.
picture

C'était pire que l'Enfer et c'était grand : le résumé d'un Paris-Roubaix épique

Video credit: Eurosport

Peut-être la chance de Madouas…

Pendant que Küng tentera de préserver son excellente condition dimanche, son coéquipier Valentin Madouas (3e du Tour des Flandres), est peut-être un peu plus satisfait de la tournure des événements. Lui dispose d’un punch plus propice à briller sur les pentes du Cauberg et il ne devrait pas prendre le départ de Paris-Roubaix. Le Français de 25 ans a déjà terminé 8e de l’Amstel (en 2019) et peut espérer surfer sur la plus grande performance de sa jeune carrière.
Pour la plupart des coureurs concernés par cet enchevêtrement de fortune, le meilleur moyen de s’y adapter est le fruit d’une réflexion de longue date, rappelle Nicolas Fritsch : "Tout cela, tu le sais depuis longtemps (annonce faite le 29 septembre 2021, NDLR). Donc tu t’adaptes, tu réfléchis avant… ce n’est pas une surprise." Mais au gré de maladie et de méforme, il est aussi temps d’improviser pour certains.
picture

Madouas : "Dans le sprint, je crampe donc je dois malheureusement me rasseoir..."

Video credit: Eurosport

Un mince espoir pour Van Aert et Sagan ?

Atteint du Covid, Wout van Aert était le principal absent, dimanche entre Anvers et Audenarde. Le champion de Belgique manquera encore à l’appel, pour l’Amstel Gold Race. Il en est le tenant du titre et son forfait est donc marquant. Mais Paris-Roubaix est une épreuve d’une autre portée historique et pouvoir y participer et s’y montrer performant grâce à ce report d’une semaine est une opportunité dont il disposera peut-être.
Dans la même veine, et à un degré moindre en termes de perspectives glorieuses, Peter Sagan peut encore viser un deuxième couronnement à Roubaix, après celui de 2018. Mais la recrue phare de TotalEnergies, également victime du Covid en présaison et en panne de jambes depuis quelques jours, n’a pas rassuré cette semaine en France, après avoir fait l’impasse sur le Ronde. Sagan a abandonné dès la 2e étape du Circuit de la Sarthe ce mercredi.
picture

Quand Jumbo trouve enfin à qui parler... Deux "cyclos" ont fait la course avec Van Aert et Laporte

Video credit: Eurosport

Un paradoxal répit pour la Quick-Step

Au rang des mal-en-point figure la Quick-Step Alpha Vinyl, qui a subi un camouflet historique lors du Tour des Flandres, avec aucun représentant dans le Top 20… une triste première pour cette structure, fondée en 2003. Philippe Gilbert (Lotto Soudal), un ancien de la maison, pense que ce "mélange un peu bizarre" entre Ronde, Amstel et Roubaix va compter dans le processus de rédemption de son ex-formation. Plutôt négativement.
"Ceux qui se sont un peu ratés sur le Tour des Flandres essaient d’habitude de se rattraper dès Roubaix. L’Amstel va faire retomber la pression, le sentiment de revanche", considère le quadruple vainqueur de cette course, en lice dimanche. Il précise : "Si c’était Roubaix ce week-end, la presse en Belgique serait remplie de critiques sur les Quick-Step… et ils auraient super bien roulé, parce que c’est souvent comme ça que ça se passe !"
picture

L'incroyable dénouement : Van der Poel encore sacré, Pogacar piégé, Madouas sur le podium

Video credit: Eurosport

Quid d’Alaphilippe et des "Ardennais" ?

L’inversion des dates de Paris-Roubaix et de l’Amstel Gold Race concerne aussi les prétendants de la Flèche wallonne (20 avril) et de Liège-Bastogne-Liège (24 avril). Le Tour du Pays basque (4-9 avril) voit ainsi notamment Julian Alaphilippe, Remco Evenepoel, David Gaudu ou autre Primoz Roglic s’illustrer. Aucun des quatre n’a prévu de faire le transfert Arrate-Maastricht, entre samedi et dimanche.
L’an passé, une semaine de récupération rendait plus simple l’enchaînement entre la course par étapes espagnole et l’épreuve néerlandaise. Cette fois, choisir entre les deux a quasiment semblé obligatoire, pour les ténors. Tadej Pogacar ne s’est pas embêté avec ça : impressionnant 4e du Ronde, il ne devrait pas courir avant le 20 avril. Son coéquipier Marc Hirschi a boudé les routes ibériques et sera à suivre dimanche.
picture

Il a manqué 50 mètres à la fusée Alaphilippe : revivez le dernier kilomètre

Video credit: Eurosport

Et les courses dans tout ça ?

Cet amendement du calendrier met en exergue les statuts des courses. "Roglic, Alaphilippe, Evenepoel… ils vont au Pays basque, ils ne font pas l’Amstel Gold Race, qui en pâtit. Tu vois que c’est une course un cran en dessous des autres (grandes classiques, NDLR), en termes de prestige, estime Fritsch. Ils n’auraient jamais fait passer le Tour du Pays basque avant Liège-Bastogne-Liège, par exemple".
Le "rôle" présumé de certaines épreuves change, aussi. Le Grand Prix de l’Escaut, gagné par Alexander Kristoff mercredi, est parfois vu comme l’occasion de tourner les jambes à quelques jours de Roubaix, pour les favoris du Monument français. Quant à la Flèche Brabançonne (13 avril), son côté "tremplin" en direction des classiques ardennaises va être renforcé. Alaphilippe et Evenepoel l'ont inscrite à leur programme.
Pour les coureurs, les suiveurs et les organisateurs, ce changement ponctuel a ainsi des conséquences. Avec la fin de l’ère de l’hyperspécialisation et l’émergence de champions aux aptitudes plurielles tels que Tadej Pogacar, Mathieu van der Poel, Wout van Aert ou autre Julian Alaphilippe, il semble moins incongru qu’il ne l’aurait été il y a quelques années. Reste qu’il demeure une curiosité de ce printemps de classiques.
picture

Comment Van der Poel a résisté à l'accélération de Pogacar dans le Vieux Quaremont

Video credit: Eurosport

Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité