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La triple couronne
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Publié 03/10/2004 à 13:00 GMT+2
Entre Vérone et Oscar Freire, c'est vraiment une histoire d'amour. Comme il y a cinq ans, l'Espagnol est devenu champion du monde sur route dimanche dans la cité italienne, en coiffant Erik Zabel au sprint. Freire entre dans l'histoire en devenant le quat
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Paolo Bettini avait vu juste. L'Italien voyait en Oscar Freire son plus sérieux rival. A juste titre, puisque l'Espagnol a décroché le troisième maillot arc-en-ciel de sa carrière, en l'espace de cinq ans. Mais le match annoncé avec Bettini n'a pas eu lieu. La faute à un incident stupide. Suite à une crevaison, le Toscan était en train de changer sa roue lorsque son genou fut heurté par la portière de sa voiture de course. Diminué par une violente douleur, Bettini allait renoncer trois tours plus tard, à une soixantaine de kilomètres du but.
Bettini-Freire, deux stars aux trajectoires opposées dès qu'il s'agit de conquérir le maillot irisé. L'Italien rêve de ce titre qui se refuse à lui. L'épisode de la portière aura confirmé son statu de roi maudit. A l'inverse, Freire est l'homme des Mondiaux. En s'imposant à Vérone, il est devenu le quatrième coureur de l'histoire à endosser trois fois la précieuse tunique, après Binda, Van Steenbergen et Merckx. Glorieuse compagnie.
La maîtrise espagnole
Un succès imparable, frappée du sceau de la maîtrise et de la classe. Mais Freire n'a fait que parachever le travail d'orfèvre d'une équipe espagnole dominatrice dans son bras de fer avec l'Italie. Lorsque la course s'est décantée dans l'avant-dernier tour, tout le monde a vite compris. Malgré l'absence du tenant du titre, Astarloa, distancé, les Ibères n'étaient pas moins de six à cadenasser la course.
Orphelins de Bettini, les Italiens ont bien tenté de se reposer sur Damiano Cunego, comme prévu, mais c'est en fait Ivan Basso qui parut le plus en jambes. Pas assez toutefois pour s'envoler dans la côte de Torricelle. Relativement sélective, la difficulté majeure du circuit véronais n'aura toutefois jamais eu raison de Freire, Zabel ou O'Grady, tous redoutables sprinters. Dès lors, le favori était tout trouvé et il n'hésita pas à se dévoiler.
Dans la dernière ascension, c'est en effet Oscar Freire en personne qui se chargea de répondre au démarrage du trop dangereux Michael Boogerd. Au sommet les deux hommes basculaient en tête en compagnie de Basso, Cunego, Valverde et O'Grady. Sous l'impulsion des Allemands, désireux de ramener Zabel, le regroupement intervenait dans la descente, lâchant une vingtaine de coureurs pour le sprint final sous la flamme rouge. Bien emmené par Valverde, Freire résistait jusqu'au bout au retour de Zabel... encore deuxième.
Les Français à leur place
Freire, lui, est encore premier. Cinq ans après son premier sacre, déjà à Vérone, mais sur un circuit nettement moins exigeant et un peu moins long, l'Espagnol confirme qu'il est un des plus grands spécialistes des courses d'un jour actuellement. Il savait que son équipe était très forte, au moins autant que lui. L'Italie le savait aussi. La Squadra rêvait d'un triomphe à domicile, il ne lui reste que l'amertume et les regrets, que la troisième place de Luca Paolini n'estompera pas de sitôt. Bernard Hinault reste donc le dernier champion sacré à domicile, à Sallanches, en 1980.
Un mot sur l'équipe de France, justement. Avec des moyens limités, elle n'a pu glisser un seul de ses hommes dans le bon wagon dans le final, Jérôme Pineau prenant la 32e place, synonyme de premier français. A défaut de briller sur le tard, les Tricolores ont au moins eu le mérite de se montrer de bonne heure. Christophe Le Mevel, échappé dès le premier kilomètre, a tenu une bonne dizaine de tours, avant que Sylvain Calzati ne prenne brillamment le relais, en compagnie de Zampieri, Hoj, Moerenhout et Huzarski. Grâce à ces deux courageux, il y a eu un Français à l'avant de la course du premier au 225e kilomètre. Après, les Championnats du monde ont commencé, et les Bleus n'y avaient pas leur place...
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