C’était le grand favori et il a parfaitement assumé ce statut. Seul coureur à pouvoir suivre Remco Evenepoel (Belgique) lorsque celui-ci a tenté de s’isoler dans les deux derniers tours, Sonny Colbrelli a facilement devancé le Belge dans un sprint à deux. Au terme d’une course complètement folle, il s’offre son premier titre de champion d’Europe, le quatrième consécutif pour l’Italie après les sacres de Trentin (2018), Viviani (2019) et Nizzolo (2020). Un temps avec les deux hommes avant de craquer, Benoit Cosnefroy offre lui une belle médaille de bronze à l’équipe de France.

La France a réussi la course parfaite, ou presque

Si Colbrelli, comme attendu, s’est imposé, ce n’est pas faute pour ses adversaires d’avoir tout tenté pour l'en priver. Dès les premiers kilomètres, l’équipe de France et l’équipe d’Espagne ont lancé une course de mouvement intense, glissant respectivement trois (Paret-Peintre, Pinot et Bonnamour) et quatre hommes (Landa, De la Cruz, Adria et Soto) dans l’échappée de onze coureurs qui a compté plus d’une minute d’avance. Mais l’Italie, la Slovénie et, plus surprenant, le Portugal, ne pouvaient pas laisser filer un tel groupe et, dans la montée de Candrial (5,6km à 7,1%) à plus de 110 kilomètres, Barguil (France), Evenepoel (Belgique) et Pogacar (Slovénie) ont fait l’effort pour rentrer sur la tête de course. Et le peloton a alors explosé.
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Colbrelli n'a fait qu'une bouchée d'Evenepoel au sprint : son titre de champion d'Europe en vidéo

De nombreux coureurs dont les outsiders Gilbert (Belgique), Mäder (Suisse), ou Sagan (Slovaquie) ont lâché prise dans l’ascension et, au moment d’aborder le circuit final dans Trente, à 100 kilomètres de l’arrivée, ils l’étaient plus que 41 dans le peloton des favoris. Parfaitement organisée autour de Benoit Cosnefroy, auteur d’une course d’équipe quasi parfaite, la France y était alors surreprésentée (6) mais cela ne l’a pas empêché de se faire piéger à 69km de l’arrivée par une attaque de Trentin (Italie), suivi notamment par Pogacar. C’est donc elle qui a pris en chasse ce groupe avant de propulser son leader à l’avant dans l’unique ascension du circuit, la montée de Povo (3,6km à 4,8% et un passage à 9%), créant un groupe de neuf coureurs en tête de course.

Evenepoel a éparpillé tout le monde…sauf Colbrelli

Mais il y avait encore des équipiers à ce moment-là (Hermans pour Evenepoel surtout) et on s’est alors contenté d’éliminer la concurrence pendant plus de trois tours, attendant l’avant-dernière ascension de la journée pour que le podium final se dégage. C’est Sivakov (Russie) qui aura été le premier à lancer les hostilités mais c’est bien l’attaque de Remco Evenepoel qui a fait la décision. Plaçant une offensive très franche et violente sur plus de 500m, très impressionnante de puissance, le Belge est parvenu à s’isoler en compagnie de Cosnefroy (France) et Colbrelli (Italie), tous deux à la limite de la rupture. Et le Tricolore l’a payé dès le pied de Povo dans le dernier tour, lâchant prise face au tempo imposé par le Belge. Mais il n’explosera pas totalement, conservant sa 3e place pour s’offrir la médaille de bronze. Mais la France devra encore attendre pour s’offrir son 1er titre européen chez les Elites.
On a longtemps pensé qu’Evenepoel allait faire exploser Cosnefroy de la même manière. Au train, se levant très rarement de sa selle, le jeune prodige belge aura bien tenté d’asphyxier le champion d’Italie et il est sans doute parvenu d’ailleurs. Mais le local de l’épreuve n’a pas cédé le moindre mètre, même dans les plus forts pourcentages. Et au sprint, il n’y a pas eu photo, sans surprise. Intouchable depuis plusieurs mois, dans une forme resplendissante, Sonny Colbrelli ajoute donc une 31e victoire à son palmarès, le premier succès de sa carrière sous le maillot de la Squadra. Sans doute le plus attendu aussi. Mais Colbrelli pourrait bien ne pas porter ce maillot de champion d’Europe très longtemps. Dans deux semaines, c’est un autre maillot – irisé cette fois – qu’il aura dans le viseur. Et, vu sa forme, il sera l’un des grands favoris. Encore une fois.

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