Championnats d'Europe 2025 | Cacher le talent de Paul Seixas ? Impensable
Eurosport sur GoogleA 19 ans, Paul Seixas a réalisé dimanche la plus grande performance de sa carrière naissante en prenant la 3e place de la course en ligne des Championnats d'Europe en Drôme-Ardèche derrière, excusez du peu, Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, les deux meilleurs coureurs du monde sur ces parcours. Si son équipe voulait miser sur la prudence pour 2026, il a rendu cette idée très difficile à appliquer.
Exceptionnel Seixas : Le bronze arraché comme un grand et une immense joie à l'arrivée
Video credit: Eurosport
Cette photo, les observateurs du cyclisme l'observeront peut-être un jour comme le début de quelque chose. Qui sait si ce sera simplement le jour où le monde du cyclisme, au sens très large du terme, a compris qui était Paul Seixas ou s'il faudra plutôt regarder Paul Seixas aux côtés de Tadej Pogacar et Remco Evenepoel et y voir le début d'une rivalité entre trois garçons très précoces, même pour leur époque. Son histoire dira si le Français s'est hissé au rang des deux monstres avec qui il partageait le podium mais une chose est sûre, il ne peut plus se cacher, et son équipe non plus.
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Remco Evenepoel, Tadej Pogacar et Paul Seixas sur le podium de la course en ligne des championnats d'Europe de cyclisme, le 5 octobre 2025
Crédit: Getty Images
Il faut mesurer la séquence que vient de traverser le coureur de Decathlon-A2GR La Mondiale. Remontez à la dernière étape du Tour des Alpes et vous ne trouverez aucun échec, aucune déception et mieux sans doute, aucun retour en arrière. Seixas est sur une pente ascendante et elle est raide.
Une carrière qui monte, qui monte...
Le 25 avril dernier, il aidait Nicolas Prodhomme à remporter sa première victoire professionnelle. Six semaines plus tard, il prenait la 8e place d'un Dauphiné très concurrentiel avant de terminer 3e du chrono des "France" chez les grands puis d'être prépondérant dans le succès de Dorian Godon sur la course en ligne. Un Tour de l'Avenir remporté plus tard et le voilà meilleur Français aux Mondiaux de Kigali (13e), médaillé d'argent planétaire en relais mixte et désormais en bronze aux "Europe". La carrière de Seixas, c'est un manège lancé à pleine allure qui ne s'arrête jamais. Accrochez vos ceintures, personne ne sait de quoi demain sera fait avec lui.
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Le show de Pogacar, celui de Seixas : Le résumé de la course
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Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas que ce gars-là n'est pas fait du même bois que les autres. On l'a vu lors de deux dimanches consécutifs tenter de regarder les yeux dans les yeux les meilleurs coureurs du monde. Ni Pogacar, ni Evenepoel, et encore moins les autres, ne lui font peur. Seixas a tenté de suivre les grands sans se brûler les ailes. Quand Juan Ayuso, pépite parmi les pépites, explose, c'est Seixas qui s'envole. Quand les autres baissent les bras et les yeux, c'est lui qui tente de s'accrocher à la roue du Slovène et du Belge.
Comment lui expliquer qu'il doive patienter ?
Fin 2024, Paul Seixas était encore un junior, champion du monde du chrono de la catégorie, mais à la manière d'un Evenepoel avant lui, le Lyonnais a tourné le dos aux espoirs pour se frotter à ce qui se fait de mieux. Sa première saison ne devait pas l'amener sur le Dauphiné, aux Mondiaux ou aux Championnats d'Europe mais le gamin n'a pas froid aux yeux. Il n'a pas seulement participé, il a brillé, ce qui rend toutes les précautions que la future formation Decathlon CMA CGM voulait prendre pour 2026 déjà probablement caduques.
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A 91 km de l'arrivée : Seixas seul capable de suivre Evenepoel et Pogacar
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Comment expliquer qu'on cherche à cacher un gamin qui termine 8e de sa première course à étapes World Tour, prend la 3e place du championnat d'Europe le plus relevé de l'histoire et qui termine 13e de sa première course de plus de 260 kilomètres ? Seixas a le potentiel d'un vainqueur de grand tour, pour ne pas dire du Tour. Il a le potentiel aussi pour gagner une Ardennaise et les plus belles courses à étapes du World Tour. S'il ne l'a pas dès aujourd'hui, ce qui reste à prouver, il l'aura demain même si les équations Pogacar ou Evenepoel paraissent encore bien difficiles à résoudre.
Comment lui expliquer qu'il doive attendre un an ou deux pour aller découvrir ce qui le fait saliver ? Pour le Tour de France, ses dirigeants s'arracheront peut-être les cheveux et espéreront sans doute trouver un compromis avec le Giro, ou la moins prestigieuse Vuelta. Seixas rêve de Liège-Bastogne-Liège et peut-être aussi de Paris-Nice, de La Flèche Wallonne ou d'un nouveau Dauphiné. Rien de ce qu'il n'a fait depuis huit jours n'était prévu, pas plus que sa découverte d'un Monument, le Tour de Lombardie où il pourrait bien y bluffer son monde une nouvelle fois. Rien n'était prévu mais désormais tout lui est ouvert. Seixas s'est déjà offert ce luxe.
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