Championnats d'Europe - Romain Grégoire, le don et le droit d'y croire
Eurosport sur GoogleVainqueur plusieurs fois en septembre, Romain Grégoire a misé sur les championnats d'Europe, zappant les Mondiaux dans cette optique. Le puncheur français de 22 ans adore défier les meilleurs, Tadej Pogacar en tête, pour se jauger. Mais il préfère gagner. Puisse-t-il cocher ces deux cases, dimanche à Guilherand-Granges, où il fait figure de prétendant légitime à la victoire sur la course en ligne.
"Grégoire peut rivaliser avec Pogacar, il ne faut pas courir comme au Rwanda"
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Romain Grégoire a le don d'y croire. Face à Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel – voire Remco Evenepoel et Jonas Vingegaard, à un degré moindre – l'espoir de gagner réside pour beaucoup dans un coup de Trafalgar. Mais pas dans l'esprit du Français de 22 ans. Son envie de boxer avec les poids lourds, quitte à en prendre plein la tête jusqu'au jour où il les mettra K.-O., s'est illustrée de manière spectaculaire lors du dernier Milan-Sanremo. Il en a pris une 30e place qui, sur la froideur du papier, ne traduit en rien l'intensité du combat livré.
Quand Pogacar a attaqué dans la Cipressa, Grégoire l'a suivi pendant près d'une minute, avec Van der Poel, futur lauréat, et Filippo Ganna. "A ce moment-là, j'ai une bonne dose d'adrénaline dans le corps. Je sais que je suis au bon endroit, au bon moment", racontait-il dans Bistrot Vélo, au surlendemain des faits. Et tant pis pour le résultat trompeur : "Je suis allé au max de mes capacités jusqu'à l'explosion. C'est comme ça que je vais progresser. L'an prochain, je vais réessayer et j'irai peut-être une ou deux minutes plus loin, et d'ici quelques années, j'irai jusqu'en haut avec eux."
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Un duel de durs à cuire et Grégoire a fait ployer Healy
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Un bras de fer significatif gagné face à Healy
"Les occasions, il y en a. elles sont rares. Il faut être prêt, sérieux, et continuer d'y croire pour les saisir", clame ce gagneur invétéré qui a encore dû composer avec son ambition de s'étalonner lors du Tour de France. Il a terminé quatrième de la 2e étape, derrière MVDP, Pogi et Vingegaard, puis cinquième deux jours plus tard, les trois mêmes cadors squattant le podium. Des échecs témoignant d'un niveau de performance qui s'est vite matérialisé, Romain Grégoire accumulant les succès en septembre.
Le leader de Groupama-FDJ s'est adjugé le Tour de Grande-Bretagne, devant Evenepoel et Julian Alaphilippe, avant de briller au Luxembourg. Un sprint en bosse interminable d'une trentaine de secondes pour s'offrir le premier bouquet, un duel de pugnaces avec Ben Healy pour glaner le dernier : pas de doute, Grégoire est en grande forme, en vue de son objectif de fin de saison. Il a fait l'impasse sur les Mondiaux (où Healy a empoché le bronze, en guise de référence) pour préparer la course en ligne des championnats d'Europe, ce dimanche.
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Grégoire "cultive la gagne" : "On ne fait pas un palmarès avec des deuxièmes places"
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Réussir à rester debout quand on a de la toxine plein les jambes et que tout le monde a envie de se rasseoir, ce sont les efforts qui me plaisent le plus
"Je connais les routes, ce sont des efforts qui me conviennent", se réjouit le vainqueur de la Faun Ardèche Classic 2025, qui avait certes profité d'une erreur de trajet de ses rivaux dans le final pour triompher à Guilherand-Granges, où le titre européen sera décerné. Le dénivelé positif total qu'il craignait rédhibitoire pour lui à Kigali sera moindre ce week-end (3 306m contre 5 475m). Ce n'est pas le seul indicateur pour différencier les parcours typés "grimpeurs" de ceux qui conviennent aux puncheurs, mais son choix semble intelligible.
La longueur de la triple ascension de Saint-Romain-de-Lerps (sept kilomètres) pourrait lui jouer des tours, mais dans les 70 dernières bornes, c'est la quadruple montée du Val d'Enfer qui risque de s'avérer décisive. Avec un peu plus d'un kilomètre et demi à près de 10%, Grégoire peut espérer faire parler son explosivité. "Réussir à rester debout quand on a de la toxine plein les jambes et que tout le monde a envie de se rasseoir, ce sont les efforts qui me plaisent le plus", déclare le 7e des deux dernières éditions de la Flèche wallonne, qui aurait peut-être signé pour un mur encore plus court.
D'aucun rappelleront, à raison, que Pogacar est le tenant de cette même Flèche. Le terrain est tout aussi propice à une accélération irrésistible du Slovène qu'à une victoire de l'équipe de France, qui comptera également Paul Seixas et Pavel Sivakov dans ses rangs. Vingegaard n'est pas non plus allergique à de telles rampes et il sera bien entouré (Pedersen, Skjelmose). Evenepoel est dans une forme étincelante. Juan Ayuso a les crocs et les jambes. Mais Romain Grégoire a le droit d'y croire.
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Qui pour contrarier Pogacar ? "Je compte plus sur Ayuso que sur Vingegaard"
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