Est-ce le bon choix ?

Oui, pour toutes les parties. En début d'année, Patrick Lefevere avait insinué un petit doute en évoquant certes une option pour prolonger Julian Alaphilippe mais pas à n'importe quel tarif. Devenu champion du monde en septembre, le Français avait encore pris de la valeur et on se demandait si Deceuninck-Quick Step ne serait pas un peu trop juste financièrement pour conserver son leader.
Cyclisme
Froome, l'aiguillon qui a fait passer un cap à Israel Start Up et révélé Einhorn
25/11/2021 À 15:41
Mais l'équipe belge a sans doute fait l'effort nécessaire. Difficile de savoir si Julian Alaphilippe a envisagé d'autres options. Chez Deceuninck, il fait "ce qu'il veut", ou presque. Son terrain de jeu de prédilection, ce sont les Ardennaises mais quand il demande de courir le Tour des Flandres, son patron accède à sa demande, quitte à prendre le risque de ne le voir gagner nulle part. Sur le Tour aussi, il a les coudées franches pour jouer le général au gré des circonstances et de sa forme comme en 2019 ou pour se faire plaisir comme en 2018 ou 2020.

Quelles pouvaient être ses autres options ?

Ag2r-Citroën, via Vincent Lavenu son manager général, avait indiqué en janvier qu'Alaphilippe était une option pour 2022. Une telle prise de position est rare dans le peloton et on peut se demander si l'équipe française, dont le budget a considérablement augmenté avec l'arrivée de Citroën comme co-sponsor, avait déjà pris contact avec Alaphilippe ou si c'était un simple appel du pied.
Pour le reste, l'autre piste, ou fantasme peut-être, c'était évidemment Ineos. Lefévère lui-même avait évoqué cette possibilité en disant que si l'équipe britannique débarquait avec une offre à 10 millions d'euros (bien au-dessus du prix du marché, donc), il devrait dire "ciao" à son coureur. Depuis dix ans, Dave Brailsford évoque ce leader français qui pourrait lui donner une autre image dans l'Hexagone. Ce ne sera pas Alaphilippe.
Dans les autres équipes World Tour, Jumbo-Visma et UAE-Team Emirates auraient eu les reins assez solides pour l'accueillir mais ces deux effectifs sont déjà très complets et les deux formations ont en Wout Van Aert et Marc Hirschi au moins un rival du Français.

Alaphilippe, fin du fantasme ? "On l’a rêvé en successeur d’Hinault, mais lui, je ne crois pas"

Evenepoel-Alaphilippe, chefs de meute ?

Maximilian Schachmann, Fernando Gaviria, Enric Mas, Elia Viviani, Dan Martin, Marcel Kittel, Bob Jungels… La liste des départs chez Deceuninck-Quick Step ces dernières années est au moins aussi impressionnante que celle des arrivées. Sentant les bons coups avant les autres, Lefevere doit se séparer de quelques-uns de ses meilleurs coureurs quand le marché s'affole. En somme, faire des choix.
La double prolongation de Remco Evenepoel et Julian Alaphilippe à quelques jours d'intervalle est un signal fort. Le Belge et le Français sont les leaders du "Wolfpack", surnom que s'est donné le collectif Deceuninck. A l'inverse, Joao Almeida, pourtant brillant sur le dernier Giro, devait partir (pour UAE-Team Emirates). Le premier est l'espoir belge sur les grands tours, le second a quelques années pour étoffer encore son excellent palmarès.

Le verra-t-on un jour dans une équipe française ?

C'est évidemment le souhait d'une partie du public et des observateurs. Le coureur français le plus brillant du moment, l'un des tous meilleurs au monde, avec le maillot d'une formation tricolore sur le dos, ce serait évidemment un événement. Mais le puncheur de Deceuninck-Quick Step n'a pas oublié qu'aucune équipe française ne lui avait fait de proposition quand il était amateur au sein de l'Armée de Terre fin 2012. Il s'était exilé chez Etixx-iHNed, l'équipe réserve de Quick Step, avant de devenir professionnel l'année suivante.
Ceci étant, son contrat l'actuel l'emmène jusqu'en 2024, il aura alors 32 ans. Seul un devin pourrait savoir quel sera son niveau à ce moment-là mais le voir signer dans une équipe française serait tout sauf une surprise. La foule aime Alaphilippe et il l'adore aussi en retour. Adulé alors qu'il évolue à l'étranger, Alaphilippe pourrait bien avoir envie de tester sa cote de popularité dans une formation tricolore.

Finira-t-il sa carrière chez Deceuninck ?

Le lien qui lie Julian Alaphilippe et Patrick Lefever est fort. Justement parce que le manager belge, flairant ce qui allait devenir un coup de maître, a pris tôt le Français sous son aile. C'est dans son équipe qu'Alaphilippe est devenu professionnel et par définition puisqu'il ne l'a jamais quittée, qu'il a décroché ses plus beaux succès. Alaphilippe a grandi tranquillement chez Deceuninck au point d'en devenir l'un des patrons. Son arrivée sur le Tour des Flandres l'année dernière alors que sa formation est tout sauf faible dans le domaine en est la preuve.
Rares sont les coureurs à faire toute leur carrière dans la même équipe dans le cyclisme mais en prolongeant jusqu'en 2024, Alaphilippe offre ses plus belles années à son équipe actuelle. S'il continue à gagner des grandes courses, le Français confirmera sa valeur marketing, importante pour un coureur qui avance dans sa carrière, Sagan ou Froome en sont les preuves. Et pour lui qui rêve des Monuments, être chez Deceuninck, c'est l'assurance d'avoir les meilleurs stratèges de son côté. Pas inutile une fois la trentaine bien passée. De plus, son équipe actuelle a prouvé à maintes reprises qu'elle savait y faire avec les "vieux".

Le sacre d'un géant : La victoire de Julian Alaphilippe en vidéo

La rumeur Sagan prend-elle du plomb dans l'aile ?

Oui indéniablement. La double prolongation de Evenepoel et Alaphilippe assure l'avenir de Deceuninck-Quick Step pour quelques années. Chaque saison, Lefevere reconnaît qu'il doit trouver un nouveau co-sponsor pour poursuivre. L'un comme l'autre ont forcément reçu des garanties avant de lier leur avenir à leur équipe actuelle. Et de jolis salaires.
Contrairement à ses adversaires Ineos, Jumbo ou UAE, Deceuninck doit donc faire attention à ses finances. C'est pourquoi chaque année, ou presque, de solides coureurs la quittent. Almeida sera donc le prochain sur cette longue liste, fin 2021. Aussi, avec Evenepoel et Alaphilippe mais également Asgreen, Lampaert, Bennett et d'autres, l'équipe belge a sans doute une masse salariale déjà très conséquente. Un coup de pouce du fabricant de vélo Specialized, sponsor personnel de Sagan depuis longtemps, a été évoqué pour faire venir le Slovaque. Néanmoins, sauf à ce que le triple champion du monde consente une énorme baisse de salaire, une arrivée chez Deceuninck serait une grosse surprise.

Peter Sagan

Crédit: Eurosport

Cyclisme
"Il a été tué" : La police italienne rouvre l'enquête sur la mort de Pantani
24/11/2021 À 08:22
Cyclisme
Martin : "J'étais vraiment conscient qu'il y avait une vraie chance de tomber"
23/11/2021 À 22:54