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Cian Uijtdebroeks entre Visma et Bora : Pourquoi une telle affaire ?
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Publié 11/12/2023 à 16:23 GMT+1
Quel maillot portera l'immense talent belge, Cian Uijtebdroeks en 2024 ? Son nom a agité un monde du cyclisme bien endormi ces dernières semaines après l'annonce par la Jumbo-Visma (future Visma | Lease a Bike) de son recrutement pour la saison prochaine. Son équipe actuelle, la BORA-Hansgrohe, a répliqué, arguant qu'il était encore sous contrat pendant un an.
Cian Uijtdebroeks, sur la Vuelta avec Jonas Vingegaard
Crédit: Getty Images
Il y a des moments où savoir se faire discret ne fait pas de mal. Cian Uijtebdroeks, du haut de ses 20 printemps, ne sait peut-être pas encore les identifier mais ce weekend en était assurément un alors que deux équipes du World Tour s'écharpent autour de son avenir proche, Jumbo-Visma (future Visma | Lease a Bike) estimant que le Belge fait déjà partie de la maison quand BORA-Hansgrohe le pense toujours chez elle, et ce pour un an encore. Pendant ce temps-là, Uijtebdroeks est allé rouler avec Israël - Premier Tech, coiffé d'un casque de la BORA et habillé d'un cuissard… Jumbo.
Devenu un as des réseaux sociaux, Chris Froome s'est amusé de la situation de son partenaire d'entraînement d'un jour. Samedi après-midi, la Jumbo-Visma avait annoncé un transfert retentissant, celui de Cian Uijtdebroeks, considéré comme l'un des grands talents du cyclisme de demain. On savait le Belge en conflit plus ou moins ouvert avec la BORA-Hansgrohe, le gamin n'avait pas aimé cohabiter avec Aleksandr Vlasov sur la dernière Vuelta (qu'il a terminée 8e), avait reproché à son équipe la qualité de son matériel sur le Chrono des Nations et n'aurait que peu goûté l'arrivée de Primoz Roglic.
Uijtdebroeks, un contrat qui fait débat
Ce conflit, que l'on ne pensait pas de nature à un tel mouvement, l'a fait partir chez Visma | Lease a Bike. Problème, peu après le communiqué des abeilles, la BORA-Hansgrohe a répliqué dans un message laconique sur X (ex-Twitter) : "Cian est et restera membre de BORA - hansgrohe, y compris pour la saison 2024 à venir. Il est lié à nous par contrat jusqu'au 31 décembre 2024." Le principal intéressé avait beau se dire "ravi" de rejoindre sa nouvelle équipe, il semble qu'il ait, volontairement, oublié une étape.
Quand BORA-Hansgrohe avait attiré le gros lot Uijtdebroeks fin 2020, elle avait annoncé à un contrat de trois ans à compter de 2022. Celui-ci courrait donc bien jusque fin 2024 mais il semble que le clan du Belge s'en serait défait. Alex Carrera, agent depuis quelques semaines d'un coureur qui se targuait jusqu'alors de gérer ses affaires seul avec son père, a fait savoir que Uijtdebroeks avait lancé une poursuite juridique pour casser son contrat.
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Uijtdebroeks, futur grand talent belge : "Nous devons être performants plus tôt"
Video credit: Eurosport
Pourquoi ? Nul ne le sait mais Merijn Zeeman, le directeur sportif des Jumbo-Visma, a évoqué, dans le communiqué, "l'opportunité de le signer dès le 1er décembre". Selon différents médias, BORA-Hansgrohe réclamerait aujourd'hui 1 million d'euros à Uijtdebroeks et sa future équipe. Pour compenser ce départ avant la fin du contrat. Une sorte d'indemnité de transfert, chose rarissime dans le cyclisme.
Transfert, un mot tabou dans le cyclisme ?
Dans le cyclisme 99% des coureurs vont au bout de leur contrat. "Un transfert est possible uniquement si l'équipe quittée, l'équipe accueillante, le coureur et le Professional Cycling Council (une commission de l'UCI) sont d'accord, nous renseigne un agent français. C'est rare, c'est fait pour des cas avérés d'incompatibilité d'humeur. On a eu le cas avec Arnaud Démare cet été. Un moment il faut arrêter de se taper la tête contre un mur, se mettre autour d'une table et se demander comment on s'en sort."
Le clan Uijtdebroeks et la Jumbo-Visma n'ont pas choisi cette voie, préférant mettre la charrue avant les bœufs et gérer les conséquences ensuite. Sauf si le jeune belge a effectivement pu rompre son contrat avant son terme, les Néerlandais devraient verser une indemnité à la BORA-Hansgrohe car croire qu'Uijtdebroeks pourrait y revenir est illusoire. L'incompatibilité d'humeur précédemment citée semble évidente et un retour ne serait bénéfique ni pour l'équipe, ni pour le coureur.
Le transfert n'est pas un mot tabou dans le cyclisme mais pas loin. Du moins était car ces dernières saisons, le sport semble tendre très, très doucement, vers l'apparition d'un système de ce genre. L'épisode Remco Evenepoel chez INEOS avait déjà fait poindre la question. Du côté des agents, on se tient prêt à discuter de ce sujet avec l'Union cycliste internationale. L'enjeu ? Débattre de son autorisation ou non, et si oui sous quelle forme, avec quelles règles. "Qu'on ne tombe pas dans un bazar comme d'autres sports en connaissent", nous dit notre agent. Et si Cian Uijtdebroeks était, malgré lui, à la base d'une révolution dans le cyclisme ?
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