Julian Alaphilippe n'a pas perdu le sens du sacrifice. Et surtout pas celui du collectif. Alors qu'il partait favori de cette première course de la saison sur les pavés du Circuit Het Nieuwsblad, avec forcément un statut de leader au sein de sa formation Deceuninck - Quick Step, le Français n'a pas pu arriver à ses fins sur les routes belges, samedi. A défaut de décrocher son premier succès en 2021, le Tricolore s'est mué en équipier de luxe pour permettre à la puissante équipe belge de s'imposer et à Davide Ballerini de lever les bras.
S'il n'a pas gagné, Alaphilippe a quand même montré qu'il était dans les clous physiquement pour briller lors des prochaines semaines. C'est d'ailleurs une excellente nouvelle pour lui, qui a fini l'épreuve à son rythme, à la 57e place. Déjà dans le rythme lors du Tour de Provence, où il avait commencé sa saison, le natif de Saint-Amand-Montrond a confirmé ses bonnes dispositions du moment sur les pavés belges. "Impatient de retrouver les pavés", avait-il d'ailleurs écrit sur ses réseaux sociaux vendredi soir. Oui, Alaphilippe avait faim de concourir dans le Nord. Il avait surtout faim de compétition et de confrontations. Tout le monde a pu le voir.

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Circuit Het Nieuwsblad
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Je savais que ça serait dur d'aller seul jusqu'à la ligne
Ce que l'on retiendra de cette première sur les pavés, c'est qu'il a été au rendez-vous. Pas lâché par ses rivaux pour la gagne, épargné par les embûches extérieures, le Français a fait le job, comme on dit. Suffisamment fort pour répondre à toutes les accélération censées le mettre en difficulté, il a fait preuve d'autorité. Il est allé chercher lui-même Matteo Trentin, auteur d'une accélération à 43 kilomètres dans le Molenberg, avant de passer à l'attaque à 32 kilomètres du terme dans le Berendries.
Il fallait tenter sa chance, et Alaphilippe l'a fait. Parti seul, le champion du monde 2020 est resté un peu plus d'une dizaine de kilomètres seul en tête, avec l'objectif de passer le Mur de Grammont devant. Malgré le travail de ses coéquipiers au sein du peloton des favoris pour semer la zizanie, rien n'y a fait. Sa carte personnelle n'était pas la bonne, mais il a fait des différences. Cette aventure en solo a plus ressemblé à une prise de risques, à un pari, qu'à un coup savamment préparé. Rejoint avant le mur de Grammont, le Français a bloqué dès les premiers hectomètres d'ascension, avant de gérer son effort. Même Gianni Moscon, qui a secoué le peloton avec une mine, n'a pas fait la différence en solitaire. La victoire n'était tout simplement pas destinée aux costauds. Ce n'était pas qu'une question d'Alaphilippe non plus.
"C'était toujours mieux pour nous d'avoir quelqu'un à l'avant. J'ai décidé de tenter ma chance. C'était aussi bien pour Davide qui a pu gérer ses efforts pour préparer au mieux le sprint, a précisé Alaphilippe au micro d'Eurosport - GCN, après l'arrivée. Je savais que ça serait dur d'aller tout seul jusqu'à la ligne, mais l'équipe était en position de force. J'ai donné tout ce que j'avais. On a misé sur Davide. C'est magnifique qu'il ait remporté la course. C'était le but, de gagner. On est venu avec une grosse équipe et on a très bien fait les choses."

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Quand un champion du monde se sacrifie pour vous, vous vous devez de gagner derrière
Passé le Mur de Grammont, la Deceuninck a ensuite joué la carte Davide Ballerini. Privée de Zdenek Stybar et Yves Lampaert, victimes respectivement d'une chute et d'une crevaison, la formation belge était dans un fauteuil pour préparer l'arrivée. Il ne suffisait plus qu'à piocher la bonne carte. Celle-ci venait de l'autre côté des Alpes. Une fois la stratégie finale déterminée, on a vu Alaphilippe, le coéquipier, prendre le relais. Le Français a profité du désordre au sein du peloton principal, et surtout de la mauvaise entente chez la concurrence, principalement chez Ineos, pour prendre les commandes de la meute et passer un gros relais appuyé pour mettre son coéquipier à l'abri des problèmes. Passé ce dernier effort, "Alaf" s'est laissé décrocher à 3 kilomètres. Il n'a revu Ballerini qu'après la course pour le prendre dans ses bras et le féliciter.
Emmené sur un plateau par Kasper Asgreen, puis Florian Sénéchal, autre équipier de luxe reconverti en poisson-pilote, Ballerini a conclu en remportant le sprint et la course. Vainqueur de sa première semi-classique à 26 ans, sa 7e victoire au total, le natif de Cantù a rendu hommage à son équipe, et surtout à Julian Alaphilippe, dont le travail effectué à cinq kilomètres du but, lui a permis de rester devant et d'échapper aux vagues au sein du peloton et à la chute. "J'avais un bon sentiment. L'équipe a fait un énorme travail. Une fois qu'il a été repris, Julian a continué à travailler. Ça été énorme. J'avais de bonnes jambes. Que dire ? Quand un champion du monde se sacrifie pour vous, vous vous devez de gagner derrière", a souligné le vainqueur du jour après la course, honoré d'avoir été servi par son leader.
"Je savais qu'il fallait être bien placé sur le dernier virage Je suis dans la meilleure équipe du monde, avec les meilleurs coureurs du monde, comme Julian qui a montré encore qu'il était vraiment très grand. J'étais obligé de récompenser le travail d'équipe. Je n'ai d'ailleurs pas de mots pour parler de son travail. Ils m'ont tous rendu le travail très facile. Je pense qu'on a fait un bon spectacle, que les spectateurs se sont régalés, et tout le monde est content. Forcément, je suis très heureux."

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