Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Avec la venue de Lance Armstrong, les organisateurs du Critérium International savaient qu'ils tenaient l'assurance d'une médiatisation accrue. Quand Alberto Contador a annoncé à son tour, 10 jours seulement avant le début de l'épreuve, qu'il serait là lui aussi, l'affaire a pris une ampleur plus importante encore. A l'arrivée, Contador a fini à la 15e place et Armstrong à la 47e. Dire que les deux anciens coéquipiers chez Astana n'ont pas pesé sur la course relève de l'euphémisme.
A vrai dire, on n'attendait pas grand-chose de Lance Armstrong, qui avait annoncé la couleur en arrivant. Son degré de forme ne lui permettait pas d'envisager d'être à la bagarre avec les meilleurs. Ce fut le cas. Samedi, il a pris cinq minutes dans l'ascension finale du col de l'Ospedale, s'accrochant tant qu'il pouvait avant de finir à son rythme, avant de terminer dans les 15 premiers du contre-la-montre dimanche. "Parfois, vous êtes le marteau, parfois vous êtes le clou. Aujourd'hui, malheureusement, j'étais le clou", a joliment résumé le septuple vainqueur du Tour samedi dans l'Emission Planète Armstrong. "Le fait que Lance ne soit pas avec les premiers n'est pas une surprise pour nous", a déclaré Alain Gallopin, directeur sportif de RadioShack. Johan Bruyneel, le manager de la formation américaine, a tenu exactement le même discours: " Je sais qu'il veut toujours faire le maximum, c'est un compétiteur. Mais ce n'était pas possible. Cela dit, Sa condition n'est pas mauvaise. Je l'ai déjà vu plus mauvais que ça à cette période de l'année".
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Pas de souci donc, puisque le Texan était venu avant tout pour engranger des kilomètres et souffrir un peu. "Il a besoin de faire des étapes de montagne, des chronos pour se remettre dans le bain, reprend Alain Gallopin. En ce sens, le Criterium était une course parfaite." Depuis le temps, Armstrong sait que les souffrances printanières creusent souvent le sillon des bonheurs estivaux. L'Américain se connait par cœur et il n'y a pas vraiment de raison de ne pas le croire quand il affirme qu'il sera à 100% au mois de juillet. L'an dernier, à la même époque, une fracture de la clavicule l'avait mis sur le flanc pour trois semaines. Malgré ce retard dans sa préparation, sa compétitivité n'avait pas été altérée. "Lance sait très bien ce qu'il faut faire pour être prêt pour le Tour. Il va arriver au meilleur de lui-même pour le Tour", promet Gallopin, pour qui l'information majeure de la course est ailleurs: "Le principal point à garder, c'est la défaillance d'Alberto, qui était totalement imprévisible".
Alberto, c'est donc Contador. Lui non plus n'a pas réussi à tirer son épingle du jeu ce week-end. Et autant les difficultés de Lance Armstrong étaient attendues, autant la 15e place finale de l'Espagnol relève effectivement de la (mauvaise) surprise. Après ses victoires au Tour d'Algarve et surtout dans Paris-Nice, le leader d'Astana faisait figure d'épouvantail sur le tracé corse. Mais il a cédé plus d'une minute à Pierrick Fédrigo samedi dans l'Ospedale. Tout le monde s'est demandé ce qui s'était passé. La réponse officielle est venue dans la soirée. Contador aurait été victime d'une allergie qui l'a laissé le souffle coupé. "Il y avait beaucoup de vent de face qui déplaçait du pollen, du soleil, et c'est ce qui a provoqué l'allergie, a expliqué le Madrilène. Ca m'a particulièrement affecté dans les trois derniers kilomètres et j'ai demandé à Vino (Vinokourov) de baisser le pied, car, j'avais du mal à respirer. J'ai décidé qu'il était préférable de garder mon rythme et de terminer calmement."
Sa défaillance ne serait donc due qu'à un simple élément conjoncturel. La deuxième place de Contador dans le contre-la-montre de dimanche, à seulement deux secondes de David Millar, donne d'ailleurs du crédit à cette hypothèse. Comme pour Armstrong, rien de grave donc, mais sans doute davantage de regrets car Contador avait à l'évidence bien mieux à obtenir en Corse. "C'est un bilan un peu mitigé bien sûr", a confié Yvon Sanquer, le patron d'Astana. "Mais il ne faut pas dramatiser. Ca montre que c'est un homme ! Il avait de l'ambition, mais il y avait aussi beaucoup de prétendants. Il y a eu un autre impératif de santé. Alberto a relativisé assez rapidement. Ce n'est pas un drame, c'est quelque chose qui sera anecdotique dans le suivi de la préparation. Le grand rendez-vous, c'est le Tour de France." Encore un point d'accord avec Armstrong. Décidément, les deux champions étaient sur la même longueur d'onde ce week-end, sur la route comme en dehors…
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