Cyclisme - Alberto Contador pas rassuré par la préparation de Tadej Pogacar : "Si j'étais UAE, je serais effrayé de ses efforts"
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 28/04/2025 à 23:45 GMT+2
Double vainqueur du Tour de France et consultant Eurosport, Alberto Contador n'est pas convaincu que le programme chargé de début de Tadej Pogacar sur les classiques le mette dans les meilleures conditions à l'approche de la Grande Boucle. L'Espagnol craint que les efforts réalisés dans le cadre de la préparation pour ces courses d'un jour soient trop intenses et usent le Slovène avant l'été.
"Pogacar peut tout gagner… mais pas la même année"
Video credit: Eurosport
Tadej Pogacar a-t-il les yeux plus gros que les jambes ? Le champion du monde slovène a fait gonfler son palmarès en avril avec cinq classiques disputées en un mois seulement, soit plus d'une course d'un jour par semaine. Et il l'a fait avec la manière : podium minimum sur chacune des courses, et trois victoires finales sur le Tour des Flandres, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Un choix de calendrier osé alors qu'il disputera le Tour de France en juillet, et qu'il n'a disputé qu'une seule course à étape – le Tour des Emirats Arabes Unies - pour l'instant en 2025.
Pour notre consultant Alberto Contador, ce programme est même trop risqué : "Je suis persuadé que la préparation que Tadej (Pogacar) réalise, avec ce calendrier de quasiment deux mois de compétition, n'est pas la meilleure préparation pour le Tour de France. Voyons comment l'usure résultant de ce calendrier si épars en termes de jours de course, mais si exigeant en même temps, peut le fatiguer." Le double vainqueur du Tour de France connaît forcément le niveau de forme adéquat pour performer sur la Grande Boucle.
ça restera toujours une expérimentation
Et lui est plutôt inquiet que rassuré par les performances du Slovène : "Si j'étais UAE, je serais effrayé de ses efforts en continu. A chaque course, il est le favori mais doit battre des rivaux comme Remco (Evenepoel) ou (Mathieu) Van Der Poel. Sur les courses d'une semaine, l'avantage est que tu peux te reposer et digérer. Si tu fais les classiques comme Milan-Sanremo et que tu as deux semaines entre, tu dois t'entraîneur très dur ce qui est usant psychologiquement." En 2022 et en 2023, Tadej Pogacar avait réalisé une campagne de classiques plus ou moins similaire, et s'était incliné à chaque fois face à Jonas Vingegaard en juillet.
L'année passée, il a plutôt choisi le Tour de Catalogne, puis le Tour d'Italie, avant de passer sur la Grande Boucle. Il n'avait alors disputé que les Strade Bianche, Milan-Sanremo, et Liège-Bastogne-Liège sur un jour avant le Tour de France, et avait retrouvé la victoire. En 2025, il cherche à marquer l'histoire. Alberto Contador l'a bien compris mais pense que tout cela vient trop tôt dans sa carrière : "C'est un risque que tu dois prendre dans quelques années si tu veux être le plus grand coureur de l'Histoire, a-t-il conclu. Tu dois faire une préparation que tu estimes la plus appropriée pour rencontrer tes objectifs. Mais ça restera toujours une expérimentation." Et Tadej Pogacar n'a justement pas l'air fâché avec l'idée de servir de rat de laboratoire.
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La maîtrise absolue : comment Pogacar et UAE ont survolé la Doyenne
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