E3 Saxo Classic : Wout van Aert doit "débrancher le cerveau" pour performer sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix

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Aligné sur l'E3 Saxo Classic ce vendredi, Wout van Aert attaque la période pour laquelle il fait du vélo : les classiques flandriennes. Alors qu'il descend d'un stage en altitude à Tenerife, le Belge va tester sa condition en vue du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix. Pour notre consultant Steve Chainel, le Belge doit "débrancher son cerveau" pour être capable de jouer avec les meilleurs.

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Il aborde les deux semaines les plus importantes de sa saison voire de sa carrière. Celles pour lesquelles il a mis entre parenthèses sa saison de cyclo-cross, ne participant qu'à trois courses, dont les championnats du monde à Liévin, pendant que Mathieu van der Poel s'amusait dans les labourées. Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix : une obsession, une quête inachevée pour Wout van Aert, qui s'est préparé comme l'an passé pour être en forme sur ses objectifs. Trois semaines en altitude et une reprise à l'E3 Saxo Classic, répétition générale avant le Ronde, comme l'an passé, avant que tout ne s'écroule.
"L'année passée, je pensais être dans la meilleure forme de ma carrière. Mais la chute sur 'A travers la Flandre' a tout remis en question", avait confié le coureur de Visma-Lease a Bike dans Bistrot Vélo. Il venait d'obtenir un podium sur l'E3, battu par un Mathieu van der Poel stratosphérique, mais montait en puissance. Cette année, il est reparti avec la même stratégie. Un stage en altitude sur le volcan Teide, zapper Milan-Sanremo, qu'il a déjà remporté, et se présenter sur la ligne à Harelbeke avec tous les kilomètres et les heures de selle engrangés.

rivaliser avec les meilleurs

"A sa place, je serais confiant, commence Steve Chainel, consultant pour Eurosport. J'irais chercher de la confiance, frotter avec les meilleurs, débrancher un petit peu mon cerveau qui est pas mal encombré depuis ma chute à la Vuelta, ce qui me coûte énormément en termes de positionnement au sein du peloton, notamment dans les passages clés. Je suis déterminé."
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C'est bien là tout le problème. Wout van Aert n'est plus le même depuis ses graves chutes, et avec l'âge qui passe. Pourtant, la force est toujours là, le talent aussi. "Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il sait pousser des watts. Il peut rivaliser avec les meilleurs. Je suis vraiment persuadé qu'il aurait été avec le trio Ganna-Pogacar-van der Poel, en tout cas entre la Cipressa et le Poggio", martèle Steve Chainel.

Cette année ou jamais ?

Mais van Aert n'y était pas. Et maintenant, il doit se prouver qu'il peut encore rivaliser avec Mathieu van der Poel d'abord sur l'E3, puis ajouter Tadej Pogacar à l'équation sur le Tour des Flandres. Ce monument tellement important pour lui, en tant que Flamand, et qui le fuit depuis 2020, et son sprint perdu contre son meilleur ennemi. "Je pensais que plein d'autres opportunités allaient se présenter. Cinq ans plus tard, je n'en ai pas eu", regrettait le Belge, amer. Depuis son échec en 2020, il a glané une 6e place en 2021 et une 4e place en 2023. Insuffisant pour lui, alors que le temps passe et qu'il est maintenant trentenaire, loin des espoirs de ses 25 ans.
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Le dernier podium de Wout van Aert, le Tour des Flandres en 2020 battu par Mathieu van der Poel

Crédit: Getty Images

"C'est obligatoire que Wout fasse quelque chose cette année sur les Flandriennes. Au minimum un podium et une victoire sur l'un des deux monuments", avertit Steve Chainel, pour qui le résultat de ce vendredi sur l'E3 peut conditionner ces deux semaines à venir, qui rappelons-le sont vraiment le cœur de la saison du natif de Herentals. Deux scénarios. "S'il fait 15e, qu'il explose à la pédale, on va pouvoir le rassurer en lui disant qu'il redescend juste d'altitude et qu'il va monter en puissance, commence le Vosgien. Par contre, s'il fait 3e, battu à la pédale et que tout a été super dans le placement, il faudra trouver les mots pour le rassurer et se dire qu'il n'est pas encore à 100 %, mais c'est là où le bât blesse."
Depuis le début de sa carrière, son adversaire c'est lui-même
Durant ces deux semaines, il va avant tout faire la course contre lui-même. "Depuis le début de sa carrière, son plus grand adversaire, c'est lui-même, relève notre consultant. Il faut absolument qu'il surmonte ce problème de placement, de revenir frotter, sinon il ne pourra pas jouer avec les meilleurs." Le Belge illustre ainsi qu'il ne suffit pas d'avoir la puissance, mais que le cyclisme se joue aussi et surtout dans la tête. La tête et les jambes, pour enfin surmonter son blocage et de réaliser son rêve d'enfin remporter une Flandrienne.
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