Et maintenant, un contrat jusqu'en 2032 : comment Tadej Pogacar (UAE Emirates - XRG) a chassé le spectre de la retraite

Eurosport sur Google

Il y a un an, Tadej Pogacar semblait las du cyclisme et désireux d’écourter sa carrière. Un an plus tard, le Slovène a prolongé son contrat avec UAE Emirates – XRG jusqu’en 2032. La flamme est ravivée. C’était déjà perceptible dans son langage corporel depuis le début de la saison. Parce que le double champion du monde a toujours soif de victoires. Mais pas seulement.

Sivakov : "Suivre Pogacar à l’entraînement, c’est bon pour se casser le moteur !"

Video credit: Eurosport

2028 ? Au mieux 2030, pour honorer son contrat jusqu’au bout ? Au cœur de l’été dernier, l’avenir de Tadej Pogacar s’inscrivait en pointillés. Mais une tendance semblait se dégager. Si dominant soit-il, le Slovène ne dégageait pas le désir de s’éterniser dans le peloton. C’était difficile, peut-être même impossible, d’imaginer qu’il aille au-delà de la décennie actuelle. Cette perspective est pourtant bien réelle depuis l’annonce ce samedi de la prolongation de son bail jusqu’en 2032.
Il fallait être devin, il y a un an, pour la voir venir. Quelques semaines plus tôt, sa lassitude était évidente sur les routes du Tour de France. "Chaque année, je m'amuse de moins en moins sur le vélo, lâchait-il au soir de sa victoire à Rouen sur France TV. C'est de plus en plus un boulot, de plus en plus dur avec la pression." "Je compte les kilomètres jusqu'à Paris, lançait-il encore après avoir étrillé la concurrence à Courchevel. Parfois, je me demande ce que je fais encore là, c'est si long. J'ai hâte que ce soit terminé et que je puisse faire autre chose dans ma vie."
Les mots étaient forts. Trop pour ne pas laisser une place à l’hypothèse d’une retraite anticipée, peut-être après un dernier défi olympique à Los Angeles en 2028, alors qu’il ne sera âgé que de 29 ans. Pogacar l’avait balayée en novembre dernier. "Je n'ai jamais envisagé de partir fin 2028, avait insisté le Slovène dans un entretien accordé à La Gazzetta dello Sport. J'ai signé un contrat jusqu'en 2030 et, sauf imprévu, je le respecterai. Sinon, je n'aurais jamais signé en ayant cette date en tête."
picture

Pogacar blessé, Seixas favori ? "Il est plus que l'adversaire n°1 d'Evenepoel"

Video credit: Eurosport

Encore fallait-il joindre le geste à la parole. C’est justement ce que Pogacar a fait cette saison. Les résultats suffiraient déjà à traduire la motivation intacte du Slovène : 22 succès en 2026, toutes en World Tour, ce qui fera certainement de lui le coureur le plus victorieux de l’année puisqu’il en compte dix d’avance sur son premier poursuivant, Jonas Vingegaard. Pour ce qui concerne son appétit de victoires, pas de souci. Il est toujours là.

Un héritage à léguer

Mais Pogacar a dégagé beaucoup plus que cette faculté à tout écraser sur son passage. "Tadej a été cette année le meilleur Tadej, et je ne parle pas des résultats, expliquait Joxean Fernández Matxín, le directeur sportif d’UAE Emirates-XRG au micro d’Eurosport samedi matin, au départ de la 14e étape de la Vuelta. Je parle de son comportement, de son attitude, je parle de la personne. Et Tadej donne le meilleur de lui-même en tant que personne et en tant que coureur. Je pense que c’est à vous de refléter l’exemple que représente son palmarès."
L’exemple, justement, ce n’est pas seulement son palmarès. Pogacar a déjà connu beaucoup de choses depuis le début de sa carrière, de manière générale, et chez UAE en particulier. Prodige devenu référence mondiale, le Slovène a beaucoup à transmettre. C’est ce qu’il a démontré durant le Tour de France en prenant littéralement Isaac Del Toro sous son aile pour le mener jusqu’au podium, pour la première participation du Mexicain à l’épreuve.
picture

"Don't drop me" : Pogacar-Del Toro, biberonnage perturbé par Remco

Video credit: Eurosport

Cette dimension n’est certainement pas étrangère à la prolongation de Pogacar. Il n’y a pas seulement ses ambitions personnelles, ces records qu’il est en mesure de faire tomber, ces courses encore inconquises qu’il veut accrocher à son palmarès, à commencer par Paris-Roubaix. En toile de fond, il y a aussi une volonté de léguer un héritage, d’assurer la pérennité de la maison UAE qu’il fréquente depuis 2019. Ce défi semble clairement lui tenir à cœur. C’est tout ce qui se dégageait, dans son expression corporelle, quand il était aux côtés de Del Toro sur le podium du dernier Tour de France.
Elle contrastait radicalement avec cet état de lassitude manifesté sur les routes de la Grande Boucle un an plus tôt. Comme un nouvel élan, confirmé dans la foulée par sa participation à la Vuelta. Une décision forte et significative pour un coureur que l’on disait fatigué par les grands tours. Cette impression, Pogacar lui a tordu le cou et sa chute n’y a rien changé. Le Slovène a toujours la flamme, et il aura aussi à coeur de le montrer à la génération montante emmenée par Paul Seixas. Après cette prolongation, elle paraît même plus vive que jamais. 
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité