Europcar - Bernaudeau : "J'aurais aimé que Voeckler ait plus de chance"

Bernaudeau : "J'aurais aimé que Voeckler ait plus de chance"
Par Eurosport

Le 08/11/2013 à 14:40

Un peu avant la fin de l'année, Jean-René Bernaudeau tire un bilan de la saison 2013 du Team Europcar. Le manager de la formation vendéenne se félicite notamment de la bonne tenue de la jeune génération tout au long de la saison et de la pertinence de leur formation grâce au Vendée U. 

Le Team Europcar a fait un début de saison assez remarquable, avec les victoires de Bryan Coquard ou encore celle de Damien Gaudin sur le prologue de Paris-Nice. Vous attendiez-vous à une telle explosion ?

Jean-René Bernaudeau  : Non. On était sûr d'avoir une bonne équipe, mais ce début de saison, avec le brassage de talents que nous procure le Vendée U notamment avec Bryan Coquard, nous a tout de suite mis dans l'allure. Et ça c'était une demi surprise. Ca a créé une bonne dynamique et une bonne dynamique, ça s'entretient. C'est la magie du sport. L'équipe a gagné très tôt avec Yohann Gêne (6e étape de la Tropicale Amissa Bongo), Bryan Coquard et avec en prime la solidité de Thomas Voeckler qui nous insuffle une bonne dynamique. Donc c'était un très bon début de saison, mais aussi une très bonne saison tout court car on a battu notre record historique de victoires, avec 26 succès cette année pour 12 coureurs.

Ensuite, il y a eu la période du Tour de France, qui est difficile à juger car il n'y a pas eu de victoire d'étape comme les années précédentes. Mais d'un autre côté, l'équipe n'a pas été transparente sur les routes de la Grande Boucle cet été...

J-R.B : La barre était très haute car on sort de deux années inimaginables, où l'on a eu un succès énorme en 2011 et 2012. Ca fait trois années que l'on ramenait un maillot à Paris sur les Champs Elysées, des victoires d'étapes, et le maillot jaune deux fois. On savait que ça allait être dur. Et puis sur ce Tour de France, il n'y a pas eu de réussite. Il y avait deux grosses équipes qui ont verrouillé le peloton (Sky et Saxo-Bank, NDLR), et les échappées pour la plupart ont été condamnées. Donc dans notre rôle d'attaquants, il n'y a pas eu de réussite à l'image de Pierre Rolland, qui a couru après le maillot à pois pendant tout le Tour de France. Mais je ne juge pas mes gars car si Pierre avait été maillot à pois à Paris, le Tour de France aurait été magnifique. On ne peut pas juger sur le Tour de France.

AFP

J-R.B : Oui et ça confirme que notre système global, avec le sport-études dont est issue la plupart de nos coureurs est dans le vrai. La détection de talent est fondamentale pour l'avenir du sport. On ne veut pas aller acheter ce que les autres fabriquent car nous aussi on fabrique. 

Avec 26 victoires à la clé, la saison 2013 est quand même très positive...

J-R.B : Oui en effet, c'est un bilan très très positif que nous pouvons tirer de cette saison. Sans être World Tour, nous avons quand même eu accès à énormément de courses et on termine 18e équipe mondiale, ce qui nous permet d'espérer être sélectionnés pour le World Tour dans quelques jours (le 22 Novembre).

" Thomas Voeckler aurait mérité de finir en apothéose"

Qu'avez-vous pensé de Bryan Coquard, qui est quand même la révélation de l'année pour le Team Europcar ?

J-R.B : Il a du charisme, il est polyvalent, c'est un très grand pistard et un très bon routier. Il fait bien entendu partie des révélations car c'est le plus jeune sprinteur français. Mais on en a d'autres qui vont arriver, dès 2015, et on sait que ça va créer une émulation, comme avec Thomas Voeckler avant, et avec Bryan maintenant. Ce sont des jeunes très prometteurs et qui ont gagné la Coupe de France cette année. 

Justement, on sent un esprit de famille dans le Team Europcar, peut-être parce que les coureurs se connaissent depuis des années grâce au Vendée U. Estimez-vous que c'est un moteur pour l'équipe ?

Avez-vous un regret sur cette saison 2013 ? 

" Le racisme, c'est un de mes combats"

Si vous deviez nous dire un moment fort, lequel serait-il ?

J-R.B : Mon moment d'émotion cette année, c'est grâce à Natnael Berhane sur le Tour de Turquie. Quand je l'ai vu avec le maillot vert dans le final de cette arrivée difficile (3e étape du Tour de Turquie), ça m'a fait énormément chaud au coeur. C'était un pari d'intégration, un pari culotté d'investir sur le continent émergent. Mais c'était un vrai bonheur et un vrai moment fort. 

Europcar est candidate au World Tour pour la saison 2014. Si vous êtes retenu, comment allez-vous gérer votre effectif ?

J-R.B : Il y aura des choix à faire mais on restera avec un effectif de 26 coureurs. Il y aura des priorités au niveau des courses auxquelles on décide de participer. On a aussi Benoit Genauzeau, qui était DS au Vendée U pendant huit ans qui va nous rejoindre (et qui remplacera Sébastien Joly, NDLR). Benoit n'a jamais voulu intégrer l'équipe pro sans trouver son successeur de façon à ce que le Vendée U reste dans une bonne dynamique. C'est désormais chose faite. Mais la venue de Benoit dans l'équipe est aussi un gros plus pour les coureurs qui le connaissent déjà, et surtout pour Bryan Coquard. Enormément de coureurs ont déjà travaillé avec lui car il est à la tête du Vendée U depuis huit ans.

Presse Sports

Au vu de la saison 2013, vous avez le droit d'espérer une saison 2014 encore meilleure, si ce n'est de réussir la même. Quels seront vos principaux objectifs ?

J-R.B : J'aimerais développer encore plus notre différence à travers de vraies valeurs de sport que sont l'épanouïssement des gens, c'est-à-dire qu'il y ait encore plus de victoires, mais aussi plus de coureurs à lever les bras. Il y en a eu douze cette année, mais l'année prochaine, j'aimerai qu'il y en ait plus encore plus. Et puis si j'avais un vieux rêve, ce serait que Kévin Réza, Natnael Berhane ou Yohann Gêne gagnent une très très grande course pour combattre encore un peu plus le racisme qui existe parfois dans le vélo. Personnellement, au fond de mon coeur, ce serait un immense plaisir qu'ils aillent chercher une belle victoire. On est la seule équipe à avoir des coureurs de couleur et ça me touche beaucoup car le racisme c'est un de mes combats. 

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