Cinq mois après, les images font toujours aussi froid dans le dos. Fabio Jakobsen, poussé dans les barrières par Dylan Groenewegen et l'attente de connaître le dénouement de cet incident tragique. Il a fallu trois jours à Jakobsen pour reprendre ses esprits, dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital de Sosnowiec. Et d'autres encore pour comprendre qu'il n'allait pas mourir.

"Je ne me rappelle de rien, j'ai perdu deux jours de ma vie, raconte le coureur de Deceuninck-Quick Step à AD, un média néerlandais. Mon premier souvenir, ce sont les trois médecins dans ma chambre. [...] J'ai montré mon poignet, je voulais connaître l'heure. Il m'ont dit qu'on était samedi, 16h. C'est seulement là que j'ai réalisé que trois jours s'étaient déroulés depuis le crash". Placé dans un coma artificiel, Jakobsen en était sorti deux jours après sa chute. "Le patient est conscient, il réagit aux sollicitations, il respire tout seul, avait alors déclaré Pawel Gruenpeter, directeur adjoint de l'hôpital de Sosnowiec aux médias polonais.

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13/11/2020 À 14:39

Fabio Jakobsen ne se souvient absolument pas de la chute. Il se revoit seulement dans les derniers kilomètres de cette étape qui arrivait à Katowice : "Je roulais vers les derniers kilomètres juste derrière mes coéquipiers Davide Ballerini et Florian Sénéchal. La suite, c'est un immense vide". La suite surtout ce sont des équipiers qui s'affairent, Sénéchal notamment, des médecins et un transport vers l'hôpital avant une première opération de cinq heures et des jours de doute dans la foulée.

Une liste de blessures extrêmement longue

"J'étais allongé dans l'unité de soins intensifs, ils ne vous mettent pas là pour une jambe cassée", remet Jakobsen qui a demandé à sa petite amie, en écrivant sur son portable, de lui raconter ce qu'il s'était passé. Ce n'est que plus tard qu'il a revu les images de la chute. "J'avais beaucoup de mal à respirer, J'ai reçu toutes sortes de médicaments qui m'ont fait somnoler. Mes pieds devenaient engourdis, puis mon bassin, mes mains et mes épaules et finalement je m'endormais. A chaque fois je pensais : je suis en train de mourir. Cela s'est produit cinquante, peut-être cent fois", témoigne le coureur de la Deceuninck-Quick Step.

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La liste de ses blessures, qu'il dresse lui-même, a de quoi faire peur : "Contusion cérébrale, crâne fracturé, nez cassé, machoîre cassée et déchirée, dix dents en moins. Des parties de mes mâchoires supérieures et inférieures ont disparu. Des coupures sur le visage. Une grosse coupure dans mon oreille. Pouce cassé. Contusion à l'épaule et contusion pulmonaire. Le nerf de ma corde vocale a pris un coup. Fesses très meurtries."

Maintenant Fabio Jakobsen, qui est remonté sur le vélo, entame un processus de reconstruction. S'il avoue blâmer Dylan Groenewegen, il ne le tient pas pour seul responsable. Il assure espérer être "prêtà revenir en mars" mais sait que ce sera plus proche du mois d'août. "Pour le moment rien n'a été trouvé qui puisse restreindre mes capacités", note-t-il. Et à la question de savoir s'il pourra encore sprinter, Jakobsen répond "oui", expliquant qu'il ne se rappelle pas du crash et qu'il n'a pas peur sur le vélo. "Je ne pourrai pas en être sûr tant que je ne serai pas au milieu d'un sprint massif", conclut-il.

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