Comment Paul Seixas, vainqueur de la Flèche Wallonne, a asphyxié la concurrence dans le Mur de Huy "en vieux briscard"
Eurosport sur GooglePaul Seixas a encore une fois ébloui de son talent la planète vélo ce mercredi en remportant la Flèche Wallonne, la première grande classique de sa carrière. Au-delà du résultat exceptionnel du coureur de la Decathlon CMA CGM, la gestion de l’effort du Français de 19 ans dans le Mur de Huy a été parfaite, exemplaire, en pleine adéquation avec ses forces : décryptage de son succès.
Seixas a contrôlé, attaqué puis triomphé : les temps forts en vidéo
Video credit: Eurosport
Paul Seixas a désormais toutes les flèches à son arc. La pépite de Decathlon CMA CGM a remporté la Flèche Wallonne haut la main malgré une plongée dans l’inconnu, dans le royaume sacré des puncheurs, dans l’enfer du Mur de Huy et ses pourcentages affolants. Un effort où on ne l’avait jamais vu triompher avant ce mercredi et sa démonstration. Il a décroché une course destinée aux puncheurs les plus purs, qui fut la chasse gardée des Alejandro Valverde et autres Julian Alaphilippe, à sa propre manière.
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Son succès s'est d’abord construit au chaud dans le peloton. Quand Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility) ou encore Marc Hirschi (Tudor Pro Cycling Team) chutaient, que Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) connaissait des pépins mécaniques, le Lyonnais est resté sur sa machine, sans griller de cartouche inutile. ”Toute la journée ça a frotté vraiment dur à partir de l’entrée sur le circuit, expliquait-il après l’arrivée. Il fallait profiter des opportunités, se mettre dans les roues, filocher.” Une guerre de placement, où il a dû y mettre du sien, le bras en sang, à force de jouer des coudes.
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"L'an dernier, je la regardais à la télé et là je la remporte" - Le rêve continue pour Seixas
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Si la course pouvait se perdre avant, c'est sans surprise que la victoire allait se dessiner sur les pentes du Mur de Huy. Avec une stratégie claire : ”Le but était d’avoir trois équipiers au pied pour que Léo (Bisiaux) roule jusqu’au dernier kilomètre, Jordan (Labrosse) fasse 300 mètres et Paul (Lapeira) 300 mètres aussi pour qu’il me reste 400 mètres, décrivait-il. Pour que je puisse vraiment bien me lancer”.
”Cramer le punch” de ses adversaires
Une fusée à plusieurs étages, qui n’a finalement pas décollé de manière escomptée. À 800 mètres de l’arrivée, Léo Bisiaux s’est écarté, Seixas déjà en première ligne. ”J’ai perdu de vue Jordan (Labrosse) au pied, a t-il avoué. Ensuite, j’y suis un peu allé aux sensations honnêtement, au feeling.” Au feeling, mais pas uniquement : ”C’est une montée de Huy en vieux briscard, avec la connaissance de ses données physiologiques, décrypte Steve Chainel, consultant pour Eurosport. Il fallait mettre un gros tempo au pied, fatiguer les organismes de tout le monde, leur cramer leur punch, pour à 200 mètres faire l'effort et aller chercher la gagne.”
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Comment Seixas a broyé la concurrence : l'arrivée en vidéo
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Même avec un plan qui n’a pas été exécuté au mètre près, Seixas était le plus fort. La concurrence ne pouvait pas changer de braquet, asphyxiée par le rythme du Français, incapable de réagir après son accélération progressive à 200 mètres du but, juste après le virage Claudy Criquielion et son passage à 26% : ”J’ai vu que tout le monde était à bloc, j’ai fait l’effort, j’ai essayé de juger un peu mes adversaires, analyse à chaud Seixas. Quand j’ai vu qu'ils lâchaient un peu, j’ai senti qu’il fallait que j’y aille à fond jusqu’en haut.”
Paul Seixas a fait le Mur à une vitesse remarquable : il lui a fallu seulement 2'43 pour avaler le dernier kilomètre, soit le 3e meilleur temps de l'histoire de la Flèche, derrière Alejandro Valverde en 2014 et à deux petites secondes du record de Julian Alaphilippe en 2021. Une masterclass tactique, une démonstration de force sublimée par un sang froid digne des plus grands. ”Quel calme, quelle connaissance, quel panache, glisse Steve Chainel. Le tenter et le réussir, c’est assez fou. Il me bluffe. Depuis un an, il me bluffe.” Et il n’est pas le seul.
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