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Geoffrey Bouchard après sa signature chez TotalEnergies : "Comme un cadet"
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Publié 24/11/2025 à 13:25 GMT+1
Alors qu'il avait annoncé sa retraite en octobre, Geoffrey Bouchard est finalement revenu sur sa décision pour s'engager chez TotalEnergies à partir de 2026. Le grimpeur revient sur ce retour en arrière atypique. S'il avait décidé de passer à autre chose, il ne cache pas son plaisir de repartir pour un tour.
Rien au nord de Paris : la carte du Tour 2026
Video credit: Eurosport
- Interview réalisée par Louis-Pierre Frileux
Geoffrey Bouchard, le 13 octobre, vous avez annoncé sur vos réseaux sociaux la fin de votre carrière professionnelle. Votre retraite aura été de courte durée...
Geoffrey Bouchard : J'avais annoncé ma retraite parce que j'avais subi une chute et une fracture de la clavicule sur le Tour du Luxembourg. Je pensais qu'avec la conjoncture, la fermeture de nombreuses équipes, ça allait être très compliqué de retrouver un point de chute. Mi-novembre, j'ai eu un appel de l'équipe TotalEnergies, par l’intermédiaire de Benoît Génauzeau. Je me demandais quel était le motif de son appel. Finalement, me voilà reparti pour la saison 2026.
Retrouver une équipe à ce moment-là de l'année, c’est inespéré…
G.B. : C'est inespéré, oui. Le Team TotalEnergies souhaitait densifier son calendrier, voulait avoir en son sein un support supplémentaire en montagne, pour épauler leurs talentueux jeunes coureurs. Je remplissais ces cases. Il a fallu que j’en parle avec mes proches pour leur demander ce qu'ils en pensaient, car j’étais reparti sur d'autres projets : j’allais entamer un DEJEPS (Diplôme d'Etat de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport). J'avais encore cet amour, cette volonté de faire du sport. Je n'ai pas envie d'avoir de regrets en me disant que je n'ai pas fait ces dernières années.
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Geoffrey Bouchard
Crédit: Getty Images
Vous aviez tiré un trait définitif sur le cyclisme professionnel ? Vous étiez complètement passé à autre chose ?
G.B. : Moi, j'appelle ça "avoir fait le deuil". Au cours de l'année, j'avais encore l'ambition de retrouver une équipe. Plus les semaines avançaient, plus les petits événements se sont enchaînés. Je me disais que c'était fini. Mais les échanges que j'ai eus avec le staff du Team TotalEnergies m'ont donné un vent de fraîcheur. Je vais changer d'environnement. Avec les petits pépins physiques que j'ai pu avoir par le passé, c'est une très bonne chose. Et honnêtement, il y a quelques mois déjà, c'était l'équipe dans laquelle j'espérais aller, c'était l'équipe que je visais.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette nouvelle équipe ?
G.B. : Il y a une ambiance autour du collectif, un tempérament offensif sur les courses. Je connaissais quelques coureurs et je les avais croisés sur le Tour du Limousin. Leur manière de courir, j’avais bien aimé. C'était vraiment l'équipe que je voulais : redescendre d'un niveau, passer en Conti Pro, avoir un calendrier différent de ce que j'ai pu faire ces dernières années. Mon programme dans mon ancienne équipe était peut-être un peu redondant.
En faisant un peu l'introspection de ma carrière, je me suis rendu compte que je disputais souvent les mêmes courses. Je me disais que c'était un peu dommage d'avoir passé sept années chez les pros et d'avoir disputé tout le temps les mêmes courses. Là, j'ai la possibilité de courir en France, de participer à des épreuves dans un contexte différent, en étant un peu le petit poucet, en ayant plus de liberté. Ça m'a vraiment emballé.
Comment vit-on une fin de carrière non décidée ?
G.B. : J'ai un peu coutume de dire que le vélo, c'est comme une religion. C'est quelque chose qui te prend 24h/24. Tu fais le métier, tu dors, tu dois organiser tes journées en fonction du vélo, de la météo, des déplacements. C'est quelque chose qui est très prenant. Quand ça s’arrête ; c'est une petite mort. Tu te retrouves jeté dans la fosse. Les regards qui changent de la part de certaines personnes. Tu n’es plus professionnel, tu n'as plus la lumière. Maintenant, je l'ai vécue une fois et j'ai vraiment du recul là-dessus. Je pense que c'est une période dans laquelle il faut se faire accompagner. C'est vraiment difficile.
Il faut essayer d'anticiper au maximum son après-carrière. S'intéresser à d'autres choses aussi. J'ai eu une petite période où il a fallu l'accepter. J'ai quand même pas mal de mains qui se sont tendues à moi. J'avais déjà des beaux projets, des très belles opportunités qui se sont ouvertes. L'UNCP (Union Nationale des Cyclistes Professionnels) met des choses en place pour nous aider à passer d'une carrière de sportif de haut niveau à l’après-carrière.
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Geoffrey Bouchard blessé sur le Giro
Crédit: Getty Images
Vous vous attendiez à cette fin-là avec votre ancienne équipe, avec Decathlon-AG2R, la Mondiale. Comment avez-vous vécu la fin de l'aventure avec eux, le fait de ne pas avoir de prolongation ?
G.B. : Je pense que Décathlon-AG2R La Mondiale a beaucoup d'ambition, je ne remplissais plus les cases de performance. Ils n'ont rien eu à me reprocher au niveau sportif ou au niveau du comportement dans l'équipe. Mais je pense qu'en terme de performance, je ne remplissais plus les cases. Certaines personnes m'ont bien aidé, elles ont donné une bonne image de moi auprès de mon futur employeur.
Vous avez bien préparé le Giro, vous chutez sur la première étape… Sur le Tour du Luxembourg, vous tombez sur la première étape… Vous n’avez pas été épargné cette saison, pour votre dernière année de contrat.
G.B. : Ce n'était pas idéal. En début d'année, j'ai dû faire le travail pour l'équipe. Quand tu as des grands coureurs dans l’effectif, tu dois t'impliquer, tu dois travailler pour eux. J'avais beaucoup d'ambition sur le Tour d'Italie, mais il y avait aussi un peu ce climat de pression négative, à se dire : "je n'ai pas de contrat pour la saison prochaine, il faut que je fasse quelque chose". C'est peut-être là où tu ne fais pas les bons choix, où ça ne se passe pas bien. Là, je vais arriver dans un nouvel environnement, avec un nouveau staff, un esprit un peu familial. Je pense que ce sont des choses qui vont me permettre de courir libéré.
Vous dites que vous n'avez pas fait les bons choix cette année ?
G.B. : Ce sont des contextes qui font que tu te retrouves à chuter. Tu ne sais pas si c'est de ta faute ou pas. Ce sont des micro-prises de décision, c'est compliqué. Mais sinon, je pense que mon calendrier était bien, tant que j'ai eu la main dessus. Il y a eu un peu de frustration de ne pas forcément pouvoir faire comme je voulais : participer à la Vuelta, à des courses en fin de saison qui correspondaient à mon profil.
Quels objectifs vous êtes-vous fixé pour la saison à venir ?
G.B. : On n'a pas encore forcément parlé des objectifs. Mais le premier challenge, c’est retrouver du plaisir sur le vélo, performer. Quand tu es grimpeur, c'est compliqué, tu ne peux pas dire que tu peux gagner. Parce que parfois, il y a une adversité en face qui est plus forte que toi. Donc essayer d'être le plus fort possible. Et je veux aussi accompagner un coureur comme Jordan Jegat, qui a fait un énorme Tour de France cette année. Il lui faut du soutien dans les étapes escarpées. Ma mission sera de lui apporter mon expérience, l’aider à se replacer, à gérer les efforts.
Il y a quand même l’ambition de participer une nouvelle fois au Tour de France ?
G.B. : Mi-octobre, j’annonce ma fin de carrière. Deux ou trois jours après, je vois que le Tour de France arrive et part de Voiron. C'est ma ville, mes parents y habitent. C'est la ville où j'ai vécu. Je trouvais ça un peu frustrant d'arrêter l'année où le Tour passe à Voiron. En 2026, il y a aussi le championnat de France en Isère. Ce sont des événements qui peuvent être géniaux.
Vous avez déjà rencontré vos nouveaux coéquipiers ?
G.B. : J'ai déjà passé quelques jours au Manoir des Essarts. J'y ai découvert une équipe familiale, tout le monde est sur le même pied d’égalité. J'ai mangé avec des mécanos, avec les personnes de la compta, avec du personnel de tous les services. Tout le monde travaille ensemble. L'objectif, c'est que l'équipe rayonne. Ce projet est très bien pour moi, à l'instant T. Et très formateur aussi, pour mon futur. Je repars vraiment motivé, comme un cadet !
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