Cyclisme - Tadej Pogačar : "Le triplé Giro-Tour-Vuelta n’est pas au programme cette année"

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“J’aime les nouveaux défis, je ne suis fermé à rien”, explique le champion slovène Tadej Pogacar dans un entretien pour Eurosport et l’UCI. Mais viser les trois Grands Tours la même année est “peut-être un peu trop fou”, alors qu'il vient d'écraser la concurrence sur les routes du Tour d'Italie.

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Tadej Pogačar (UAE Team Emirates) veut marquer l’histoire du cyclisme et, du haut de ses 25 ans, son palmarès abondant indique qu’il s’y prend très bien. Ses trois dernières semaines lui ont offert un nouveau Grand Tour, le Giro, et ont suscité de nouvelles comparaisons historiques : avec Marco Pantani, pour la démonstration d’Oropa ; Eddy Merckx, pour la moisson de succès en Rosa, notamment à Livigno ; Merckx, encore, et Stephen Roche, dans l’optique d’une triple couronne qui ajouterait les maillots jaune et arc-en-ciel à son sacre italien…
Et comme Pogi est unique, certains lui suggèrent même un exploit inédit, qu’aucun de ses prédécesseurs n’a accompli en plus d’un siècle d’histoire cycliste : et s’il se présentait à Lisbonne, mi-août, pour prendre le départ de la Vuelta et, potentiellement, viser la victoire dans les trois Grands Tours la même année ? Le fantasme, qui court jusque dans l’entourage de Pogačar, a pris de l’ampleur en observant ses démonstrations de facilité sur le Giro, pendant que ses principaux rivaux soignaient leurs blessures.
Mais le Slovène aux envolées majestueuses reste les pieds sur terre en la matière : “Je peux vous assurer que le triplé Giro-Tour-Vuelta n’est pas au programme cette année, explique-t-il dans un entretien pour Eurosport et le site officiel de l’Union cycliste internationale. Remporter chaque Grand Tour est un objectif majeur pour moi mais le faire la même année… C’est peut-être un peu trop fou”, explique l’homme aux 14 victoires en 2024. “Je préfère ne pas poursuivre les records, mais de nouveaux défis, et je suis surtout très attiré par les courses que je n’ai pas encore faites.”
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Cette soif de nouveaux horizons fait fantasmer depuis plusieurs semaines les plus rêveurs chez les partenaires de Pogačar, quand d’autres membres d’UAE Team Emirates, plus réalistes, estiment que Sepp Kuss paie encore les frais de son incroyable année 2023 et ne veulent pas exposer leur superstar slovène.
“J’aime les nouveaux défis pour garder une certaine fraîcheur donc je ne suis fermé à rien”, explique le principal intéressé quant aux horizons qui restent à défricher. “Mais je suis aussi réaliste, je sais qu’il ne s’agit pas simplement de se présenter au départ et de gagner. Le cyclisme est un sport avec beaucoup de spécialités. Différents terrains et différentes courses favorisent différents athlètes et différentes préparations. Demandez à n’importe quel coureur, remporter une course pro est quelque chose d’énorme et il faut une forme extraordinaire, quelle que soit la course.”
Lui n’est pas “n’importe quel coureur”, comme l’ont rappelé ses six victoires d’étapes lors de la ballade italienne. “J’ai eu le bonheur d’arriver avec une préparation proche de la perfection et j’ai donc pu réaliser les performances que je souhaitais, être agressif et viser ces victoires”, se réjouit-il. “Mes équipiers ont également joué une part énorme, rien n’aurait été possible sans eux. Bien sûr, nous espérions la victoire, nous en rêvions, mais prendre six étapes et porter la Maglia Rosa pendant 20 étapes à travers l’Italie a été une expérience incroyable. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais.”
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Le Giro écrasé, la Vuelta écartée, le Slovène peut se tourner vers ses prochains grands rendez-vous : “Le Tour et les Mondiaux sont évidemment des objectifs majeurs pour moi, pas seulement cette année, mais tous les ans. Je ne ressens pas trop de pression. Je suis encore plutôt jeune mais je ressens une très grosses envie de les gagner un jour.” Il en va de même pour Paris-Roubaix, au départ duquel son entourage l’attend dans deux ou trois ans, avec une préparation spécifique.
Les trois Grands Tours, les Mondiaux, les cinq Monuments (il n’a pas fini d’attaquer dans le Poggio)… Voilà qui consacrerait un champion hors-normes, le plus grand depuis Eddy Merckx... voire même plus grand qu’Eddy Merckx ? “Je laisse les records aux historiens”, balaie Pogačar pour qui l’empreinte historique d’un sportif se mesure autrement que dans les lignes de palmarès. “C’est quelque chose d’assez difficile à définir… Ça dépasse la qualité athlétique et a plus à voir avec les qualités humaines.”
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En la matière, une domination outrageante le déshumanise, comme tout champion hors concours, mais le tout puissant Pogačar ne manque pas de saluer ses rivaux : “Le cyclisme vit une très belle époque et j’ai connu de très belles batailles avec d’excellents coureurs. Espérons que le spectacle soit encore superbe cette année sur le Tour.” Et il a marqué de très gros points avec le don d’un bidon à un jeune supporter dans l’ascension du Monte Grappa.
Cet été, il se voit même inverser les rôles, à l’occasion des Jeux Olympiques, un objectif qu’il considère comme moins atteignable que les Mondiaux cette année. “Tout sport réalisé au plus niveau offre toujours un spectacle impressionnant”, professe-t-il. “J’espère être aux Jeux et peut-être que je pourrai voir de l’athlétisme ou d’autres épreuves… Ce serait sympa, si j’ai le temps.”
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