Imbroglio en marge de la 16e étape du Giro - Le cyclisme se fait du mal : "Imaginez l'image 'amateur' que l'on donne"
Eurosport sur GoogleLa 16e étape du Giro a été raccourcie ce mardi, à l'issue de discussions qui ont semblé interminables dans le froid à Livigno, et ce alors que le syndicat des coureurs avait demandé dès la veille l'annulation d'une ascension culminant à 2498 mètres, en raison des conditions atmosphériques. Ubuesque, la situation est surtout néfaste pour l'image du cyclisme, selon notre consultant Philippe Gilbert.
Gilbert : "Imaginez l'image 'amateur' que l'on donne de notre sport"
Video credit: Eurosport
Un désagréable sentiment de déjà-vu. Un an après une 13e étape du Giro 2023 écourtée dans la confusion, le Tour d'Italie a encore été placé sous le sceau d'un désordre gênant, ce mardi sous la pluie voire la neige, avec une menace de grève relatée par nos envoyés spéciaux. Le départ de la 16e étape a été repoussé de plusieurs heures et de nombreux kilomètres, après une période de latence qui aurait pu être évitée. La crispation n'a eu de cesse de s'intensifier, depuis plusieurs jours, autour d'un parcours que RCS – organisateur de l'épreuve – a donc fini par raboter.
Il y a une semaine, déjà, le Stelvio et son sommet à 2758 mètres d'altitude avaient été supprimés de cette 16e étape, en raison d'un risque d'avalanche. Mais avec un nouveau pinacle du jour situé à 2458 mètres, le Giro ne s'est pas débarrassé des craintes quant à la sécurisation du tracé, dans des conditions atmosphériques se dégradant. Lundi, RCS a ainsi publié un nouveau protocole comprenant trois options en fonction du temps, dont une offrait la possibilité aux coureurs de se changer avant la descente, par le biais d'une course neutralisée durant trois minutes.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/21/3971821-80631133-2560-1440.jpg)
Pogacar veut "tous les coureurs en sécurité" : "On pourrait avoir des regrets…"
Video credit: Eurosport
Ville-étape et retour sur investissement
Une mesure qui n'a pas convaincu le peloton, à en croire la lettre publiée mardi par le syndicat des cyclistes professionnels (CPA) et son président Adam Hansen, selon qui retirer du parcours le Giogo di Santa Maria (remplaçant du Stelvio) était une volonté unanime. Le sketch a alors commencé dans la ville de départ prévue, que l'organisateur ne voulait pas totalement effacer de ce 107e Giro. "On fait le départ fictif en vélo, autour de Livigno, pour faire les images, après on monte dans les voitures et on va en Suisse", a expliqué Benjamin Thomas à notre micro, décrivant un scénario… qui a encore changé.
Le départ (très) fictif ainsi envisagé n'a finalement pas eu lieu à Livigno, qui aura au moins eu droit à son temps d'antenne. "En montagne, le climat peut très vite changer, s'est défendu le directeur de course, Mauro Vegni, concernant sa décision très tardive et assumant sa recherche d'"un compromis juste, content(ant) tout le monde, y compris la commune de Livigno." Pour notre consultant Philippe Gilbert, les atermoiements qui ont abouti à une étape de 118 bornes (et non 206) dépourvue de col dans sa première moitié sont déplorables.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/21/3971847-80631653-2560-1440.jpg)
Le directeur de course défend sa décision : "Cela contente tout le monde, y compris Livigno"
Video credit: Eurosport
"Ce qu'on regrette le plus, c'est que ce soit une décision de dernière minute… pour faire ce que les coureurs ont demandé la veille. C'est dommage d'avoir perdu ce temps. Beaucoup de bus sont déjà partis", a réagi le champion du monde 2012, alors qu'un doute persistait sur la suite de la journée : "Imaginez un peu l'image 'amateur' qu'on donne encore une fois de notre sport." Valentin Paret-Peintre a abondé, à quelques instants du lancement réel des hostilités sportives : "On avait proposé cette solution hier soir (lundi), on savait très bien que ça allait neiger et l'organisateur n'a rien voulu changer."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/21/3971886-80632428-2560-1440.jpg)
"Il n'y en a qu'un qui devait parler : Geraint Thomas"
Video credit: Eurosport
Et le lauréat de la 10e étape d'ajouter : "On a attendu deux heures dans les voitures. Quelques coureurs étaient énervés et ne voulaient pas prendre le départ. Je pense que c'est quand même mieux de faire une course." Comme un symbole de la difficulté de trouver une unité dans le peloton… surtout en un claquement de doigts, alors que l'effort d'anticipation avait été fait par le CPA. "J'ai connu la même zizanie sur le Tour de France… il y a 25 ans", raconte Jacky Durand, presque fataliste sur ce genre de situations farfelues.
Rien de nouveau, en quelque sorte. Ou plutôt : rien de nouveau, hélas, à en croire Ben O'Connor, 4e du classement général interrogé ce mardi matin, en plein doute. "C'est probablement l'une des courses les plus mal organisées. On est en 2024 et il y a toujours des dinosaures qui ne voient pas le côté humain des choses", se plaignait alors l'Australien, qui n'a pas eu à braver le froid à 2500 mètres d'altitude. L'image aurait été héroïque – le nœud du problème réside peut-être là-dedans –, tandis que celle finalement proposée par le Tour d'Italie, ce mardi, est bien moins glorieuse.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/21/3971856-80631828-2560-1440.jpg)
O'Connor : "Probablement l'une des courses les plus mal organisées"
Video credit: Eurosport
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/12/02/image-5ea1824c-6c93-4e0b-ba6d-63f66434b2c1-68-310-310.jpeg)