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Giro 2024 | "Johnny Power", pic à 75,4 km/h : Milan, de la puissance à l'état pur
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Publié 15/05/2024 à 17:52 GMT+2
Jonathan Milan (Lidl-Trek) domine les sprints de ce Giro 2024. Vainqueur déjà de deux étapes, dont la dernière ce mercredi Francavilla al Mare, sur les bords de la mer Adriatique, le maillot cyclamen s'appuie sur sa puissance phénomènale pour toiser la concurrence. A la manière d'un André Greipel ou d'un Marcel Kittel, il se doit désormais d'enchaîner les succès pour devenir une vraie référence.
La chute de Jakobsen, la puissance de Milan : revivez le sprint en vidéo
Video credit: Eurosport
Jonathan Milan (Lidl-Trek) est-il le meilleur sprinteur du monde ? A l'évidence non. S'il ne figure pas bien loin dans la hiérarchie, ce titre honorifique revient logiquement à Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck). En revanche, s'il n'est question que de puissance développée, l'Italien n'a rien à envier à personne. Visuellement ses victoires comme ses défaites le laissaient déjà penser, certains chiffres le prouvent. "Johnny Power" ou le "Géant de Buja" comme on le surnomme par-delà des Alpes est une bête sur le vélo.
Milan compte déjà deux succès sur ce Tour d'Italie, soit un de plus qu'en 2023 année de sa révélation au plus haut niveau et il ne fut jamais très loin sur les autres arrivées massives, battu seulement par Tim Merlier (Soudal Quick-Step) à Fossano puis Olav Kooij (Visma | Lease a Bike) à Naples. Sa victoire à Andora, le jour où il avait fallu aller chercher Filippo Ganna dans le final, fut un modèle du genre. De son genre. Mercredi, il a encore fait parler sa puissance à Francavilla al Mare, au sud de Pescara, sur les bords de la mer Adriatique.
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La palette : Comment Milan a manoeuvré dans le final pour s'imposer
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1 940 watts de puissance
Chez Velon, on aime les chiffres et on extrait des compteurs des coureurs de certaines équipes partenaires les chiffres de puissance notamment. Ce jour-là, sur vingt secondes, Jonathan Milan avait atteint la vitesse moyenne de 71,4 km/h pour un pic à 75,4 km/h. Ahurissant. Moins parlant mais plus impressionnant encore, il avait poussé 1 620 watts en moyenne et 1 940 au maximum. Complètement dingue..
A titre de comparaison, un certain Peter Sagan avait été mesuré à 1 300 watts au maximum, toujours par Velon, sur le même Tour d'Italie, en 2020. Roi de la puissance, les hommes de la piste, comme le monstre Harrie Lavreysen (double champion olympique, huit fois champion du monde en individuel), poussent encore un peu plus mais eux n'ont pas entre 150 et 200 kilomètres dans les jambes. Lavreysen a un jour été mesuré au-delà des 2 000 watts, en-dessous de son glorieux ainé, Jeffrey Hoagland et ses 2 271 watts. Leur cousin de la route n'est pas si loin…
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Milan : "Le sprint, ce n'est pas que 20 secondes d'effort, c'est tout le travail fait en amont"
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Ce n'est sans doute pas un hasard si Milan se place aux côtés de ces coureurs, venant lui-même de la piste. Le champion du monde de poursuite par équipes (2021 à Roubaix) est aussi double médaillé d'argent individuel (2021 et 2022), battu la dernière fois par un certain… Filippo Ganna. Venu des vélodromes donc, Milan n'en est pas moins comparé à des sprinteurs de la route.
Comparé à Kittel et Greipel
Son physique, son style et sa puissance convoquent les souvenirs d'un Marcel Kittel, 89 victoires professionnelles et un style tout en muscles qui n'avait aucun égal quand il était bien lancé. On évoque aussi André Greipel, le "Gorille" pour appuyer encore un peu plus sur ce côté bête de course sur 100, 200, 300 et même 400 mètres puisque Milan lance parfois de très, trop loin. Les deux Allemands ferraillaient notamment avec Mark Cavendish qui leur rendait une paire de centimètres. Leur "descendant" toise aussi la concurrence dans les sprints.
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André Greipel, Marcel Kittel
Crédit: Getty Images
Son mètre 93 le place au sommet de la hiérarchie des sprinteurs par la taille puisque Merlier (1,88 m), Kooij (1,84 m), Jakobsen (1,81 m) et plus encore Groenewegen (1,77 m) ou Philipsen (1,76 m) doivent tous lever les yeux vers lui. Son poids (84 kgs), imposant lui aussi, lui permet de se faire sa place dans la bonne roue quand la dernière ligne droite se fait sentir, même si on l'a vu céder face à Tadej Pogacar vers Naples quand le maillot rose avait usé du respect que son statut impose.
Vers où la puissance de Milan peut-elle l'amener ? On le projetait favori du maillot cyclamen (des points) sur le Giro et il semble sur cette route-là mais son talent doit lui permettre d'enquiller les succès, ce qu'il ne fait pas encore totalement chez les pros jusqu'à cette année (dix victoires mais déjà cinq en 2024).
Doté d'un excellent lanceur en la personne de Simone Consonni chez Lidl-Trek, l'Italien doit encore progresser sur son placement pour que l'immense puissance qu'il dégage ne lui serve pas seulement à faire des remontées impressionnantes comme sur les 11 et 17e étapes du Giro 2023 quand malgré sa défaite on avait loué la qualité de son sprint. Milan a tout pour devenir un très grand, et surtout une puissance hors du commun.
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"Qui s'assoit, perd" : comment Milan a dominé ses adversaires
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