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Giro 2024 – Julian Alaphilippe, l’escapade improvisée d’un grand seigneur sur la 16e étape
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Publié 21/05/2024 à 19:45 GMT+2
Infatigable, Julian Alaphilippe a encore tenté sa chance sur ce Giro 2024, cette fois sur la 16e étape. Malgré des conditions climatiques dantesques, le Français de Soudal Quick-Step s’est offert un raid en solitaire qu’il n'avait pourtant pas prémédité. "Loulou" s’est aussi distingué par une attitude chevaleresque, roulant pour Ewen Costiou (Arkéa-B&B Hotels) dans les derniers kilomètres.
Costiou : "Je remercie vraiment Julian, qui n'était pas obligé de faire ça..."
Video credit: Eurosport
La renaissance italienne de Julian Alaphilippe n’est plus une folle lubie. Le coureur français donne de l’épaisseur à une rédemption censée le propulser à des hauteurs qu’il a quittées il y a de ça quelques années. Nouveau jalon posé ce mardi avec une escapade solitaire sur la 16e étape, un raid forcené sous la pluie et dans le froid, achevé à deux kilomètres de la ligne, près de 30 kilomètres de montée plus loin. Oui, "Loulou", comme s’entête à reprendre en chœur les tifosi, est bien de retour.
Un raid improvisé : "Je n’avais même pas mis ma radio"
Pourtant, initialement, mardi ne rimait pas avec sortie pour le coureur de Soudal Quick-Step. "Ce n’était pas du tout prévu (d’aller devant, ndlr) parce que je n’avais même pas mis mon maillot de course, ni ma radio, a rembobiné Alaphilippe d’un air amusé à notre micro. J’étais dernier au départ, j’ai pris un coup d’élastique après un rond-point et je me suis dit ‘je vais aller un peu devant pour voir ce qu’il se passe’."
Peu friand des températures froides et des conditions pluvieuses, Alaf’ reste un dur au mal, un guerrier sur sa monture, même si le raccourcissement de l’étape n’était pas pour lui déplaire. "C’était une sacrée journée, heureusement qu’il n’y avait pas 210 bornes, ça suffisait (sourire)," a confié le double champion du monde (2020, 2021) à Eurosport. Le Montluçonnais a d’ailleurs, clin d’œil du destin, retrouvé à l'avant son ange-gardien Mirco Maestri, compagnon de route du Français lors de sa victoire à Fano.
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La pluie et la neige en invitées, Alaf' en aventurier, Pogi en habitué : le résumé de la 16e étape
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Comme sur la 12e étape, Alaphilippe s’est isolé dès les premiers pourcentages du final, tracés sur l’interminable Passo Pinei (23,4 km à 4,8%). Malgré le train de la Movistar affairé à l’avant du peloton, Alaf’ a conservé une minute d’avance jusqu’à la formation d’un contre à 13 kilomètres du but. Parce que le cyclisme romantique prend racines dans l’opiniâtreté, le Français a tenté jusqu'au bout, comme à Fano. "Je me suis retrouvé en tête et j’ai vraiment tout donné jusqu’à la fin, il m’a manqué deux bornes," a conclu "Loulou."
Alaphilippe le seigneur : "C’était super beau de faire ça"
Au crépuscule de cette escapade improvisée, la silhouette rutilante familière d’Ewen Costiou est venue colorer le panorama jusqu'ici grisonnant d’Alaphilippe. L’aventurier aux accents épiques a alors enfilé une autre casquette, celle du seigneur. A l’image de ses multiples marques d’affection manifestées auprès de Maestri (Polti-Kometa), Alaf’ sait rendre la pareille. Fasciné par son idole, Costiou (Arkéa-B&B Hotels) avait donné un gros coup de main à son compatriote lors de la 9e étape. Le genre de geste qui reste dans les mémoires.
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Pogacar chipe la victoire à Pellizzari... mais lui donne son maillot rose
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Magnanime, Alaphilippe a renvoyé l’ascenseur lorsque le Breton est revenu dans sa roue, à 5 bornes de l’arrivée. "Je veux vraiment remercier Julian Alaphilippe qui m’a vraiment fait un gros relais, juste pour moi, alors qu’il était mort, s’est ému le grimpeur à notre micro après l’arrivée. Franchement, c’est vraiment un immense champion. Je ne sais pas quoi dire. C’était super beau de faire ça. Il n’était pas obligé. Ça ne va pas au bout mais bon je dois faire un top 10 (9e, ndlr)." Finalement, Costiou n’a pas réussi à répondre à l’attaque de Giulio Pellizzari (VF Group - Bardiani CSF – Faizanè), 2e derrière l’indétrônable Tadej Pogacar. Mais le geste, fort et sincère, est resté gravé dans l’esprit du Breton. Marquer la course et les cœurs : Oui, Alaf’ est définitivement de retour.
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