Giro 2024 : "Si vous volez trop près du Soleil…" Contre Pogacar, le risque du syndrome d'Icare

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La première grosse étape de montagne du Giro 2024 est prévue ce samedi, avec une arrivée au sommet du Prati di Tivo. Porteur du maillot rose, Tadej Pogacar (UAE-Emirates) cherchera peut-être à accroître son avance au classement général en plaçant l'une de ses attaques si tranchantes. Certains de ses poursuivants essaieront peut-être de le suivre. À leurs risques et périls.

Le moment où Pogacar a mis la main sur la 2e étape : son attaque parfaite en vidéo

Video credit: Eurosport

Le Tour d'Italie reprend de la hauteur. Après cinq journées dédiées aux sprinters, aux échappés et aux rouleurs, le peloton du Giro aura droit à un menu pour le moins copieux ce samedi, à l'occasion de sa huitième étape. Celle-ci sera relativement courte (152 kilomètres) mais comprendra trois difficultés répertoriées : le Forca Capistrello (2e catégorie), le Croce Abbio (3e catégorie) et le Prati di Tivo (1re catégorie), au sommet duquel sera jugée l'arrivée. Avec ses 14 km à 7% de moyenne, ce col est sans doute trop régulier pour être le théâtre d'une grande explication entre favoris. Tadej Pogacar aura peut-être, malgré tout, envie d'attaquer. Si c'est le cas, il faudra éviter de sauter dans sa roue.
Retour en arrière. Dimanche dernier, le Slovène s'est imposé en solitaire au sanctuaire d'Oropa, s'emparant par la même occasion d'un maillot rose qu'il n'a plus quitté depuis. Le leader d'UAE-Emirates avait déployé ses ailes à 4,5 kilomètres du sommet, après un gros travail de ses équipiers. Seul un homme a alors tenté de le suivre, à savoir Ben O'Connor. Il l'a amèrement regretté. "J'ai probablement été le mec le plus débile de la course", avait déploré l'Australien de Decathlon AG2R La Mondiale auprès de GCN.
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Pogacar, coup double et coup de force : les temps forts de la 2e étape en vidéo

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Et pour cause. En essayant de suivre le tempo effréné imposé par le prodige de Komenda, le quatrième du Tour 2022 s'est mis dans le rouge. Avant de perdre pied et de finalement couper la ligne avec une minute de retard sur le vainqueur du jour. "Je l'ai suivi pendant trop longtemps, puis j'ai juste explosé. C'est dommage, parce que je sens que j'étais le deuxième gars le plus fort, mais sans doute le moins intelligent", a soufflé O'Connor. "Il a tenté de suivre, mais il est resté dans sa zone rouge et il l'a un peu payé dans le final", a analysé Stéphane Goubert, son directeur sportif.
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En suivant Pogacar, O'Connor s'est mis dans le rouge… et a vu rouge : "C'est son tempérament"

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"Quand vous volez trop près du Soleil, vous vous brûlez", a imagé le coureur de 28 ans. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un membre du peloton professionnel fait référence au mythe d'Icare pour expliquer en quoi il est suicidaire d'essayer de suivre Pogi quand celui-ci passe à l'offensive. Mattias Skjelmose avait en effet tenu des propos similaires deux semaines plus tôt, à l'arrivée de Liège-Bastogne-Liège. Le Danois avait voulu répliquer lorsque Pogacar était parti à l'offensive, dans la côte de La Redoute, et il l'avait payé cher à l'arrivée (28e).
"Peut-être que j'ai rêvé trop grand et oublié quel genre de champion est Tadej. Essayer de le suivre m'a coûté toute la course", avait commenté le coureur de la Lidl-Trek, selon des propos relayés par IDLProCycling. Ce jour-là, c'est Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) qui avait offert la plus longue résistance au double vainqueur du Tour de France (2020, 2021). Mais le champion olympique s'était lui aussi brûlé les ailes (26e). À l'exception notable de Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike) au cours des deux dernières éditions de la Grande Boucle, ils ne sont de toute façon pas nombreux, ceux qui peuvent réellement répondre aux coups de canon du glouton slovène.
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Une attaque tranchante dans la Redoute et Pogacar file vers la victoire

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Jhonatan Narvaez (INEOS Grenadiers) y est certes parvenu il y a sept jours, à l'occasion de la première étape du Tour d'Italie. Mais la bosse finale était bien trop courte pour que cette performance notable soit comparable avec les ascensions évoquées précédemment. Alors, ce samedi, Ben O'Connor et les autres prétendants au classement général devront sans doute calmer leurs ardeurs et s'inspirer de Geraint Thomas (INEOS Grenadiers). L'expérimenté coureur gallois a l'habitude de toujours grimper à son rythme, sans se mettre dans le rouge. Une stratégie insuffisante, évidemment, pour battre Pogacar, mais très à propos pour viser le podium. Et ce n'est déjà pas si mal.
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