"Si je gagne, je pourrai faire un haka" : Laurence Pithie, l'autre pépite de Groupama-FDJ

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Sans David Gaudu, Valentin Madouas ou les jeunes Lenny Martinez et Romain Grégoire, Groupama-FDJ a misé sur Laurence Pithie pour mener son groupe sur le Giro qui s'est élancé ce weekend dans le nord de l'Italie. Le Néo-Zélandais s'est révélé sur la première partie de saison et ses bons résultats devraient le pousser, lui aussi, à quitter son équipe dès 2025.

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Chez Groupama-FDJ, on aime le Giro et la course rose a souvent servi à assouvir les besoins de grandes victoires des sprinteurs maison quand ils étaient privés de Tour de France par les ambitions de Thibaut Pinot ou David Gaudu. Arnaud Démare y a gagné huit fois entre 2019 et 2022 alors que Nacer Bouhanni avait triplé en 2014, glanant comme son rival intime le classement par points. Laurence Pithie pourrait-il s'inscrire dans cette glorieuse lignée ? Lui le croit. Ce serait un nouveau palier franchi par le Néo-Zélandais que l'on a tamponné "pépite".
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Puisqu'il fait bien les choses, Pithie a convoqué les anciens avant le départ d'un Tour d'Italie qu'il n'était pas sûr de découvrir en début de saison alors que son équipe avait plutôt misé sur Paul Penhoët, le jeune sprinteur maison. Blessé, celui-ci a dû renoncer et a forcé ses patrons à changer de plan. Pas question d'envoyer Lenny Martinez, toujours prévu à la Vuelta, alors Marc Madiot et les siens ont appelé Pithie, vainqueur de la Cadel Evans Great Ocean Road Race et très en vue sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne et Gand-Wevelgem, où il avait accompagné les meilleurs pendant longtemps, avant de prendre la 7e place de Paris-Roubaix, le tout à 21 ans.

Les souvenirs de Démare, Froome et Dumoulin

"Je me rappelle que je regardais Arnaud Démare remporter le maillot Cyclamen et 4 victoires d'étapes (en 2020), racontait-il deux jours avant le départ. L'équipe a beaucoup d'expérience avec les sprints ici, donc je vais essayer de l'utiliser. C'est vraiment un grand privilège d'avoir l'équipe autour de moi. J'ai un nouveau rôle cette année, je savais que j'allais avoir plus de responsabilités, mais de là à avoir le leadership sur un grand tour, c'est vraiment une grande marche en avant."
Venu au cyclisme sur le tard, Pithie cite les exploits de Chris Froome en 2018 ou de Tom Dumoulin en 2017 quand on lui demande s'il avait des héros de jeunesse sur les routes du Giro. Ce n'est pas parce qu'il manque de mémoire que le Néo-Zélandais ne remonte pas plus loin dans sa jeunesse, lui qui a vu le jour à Christchurch en juillet 2022. Adepte de la course à pieds, il attend 2014 et une blessure au genou pour suivre les roues de son papa, adepte des longues sorties à vélo après le travail ou le weekend. Et il patiente deux années de plus avant d'en faire son activité principale, avec bonheur.
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"S’il n’y avait pas eu cette blessure, je ne me serais probablement pas essayé au vélo, confiait-t-il dans un portrait écrit par son équipe Groupama-FDJ. Le cyclisme a toujours été là, en arrière plan mais ça n’a été mon sport préféré que bien plus tard. Si on re-visionne des vidéos de mon anniversaire, pendant que je déballe mes cadeaux, on peut entendre en fond les commentateurs du Tour de France".

Chez BORA en 2025 ?

Comme tous les gamins kiwis, il a pratiqué le rugby et se définit comme un "ailier rapide". Rêvait-il des All Blacks ? "Non, plutôt des Jeux Olympiques", qu'il découvrira cet été à Paris 2024. "Je pourrai faire un haka si je gagne une étape", sourit-il à propos du Giro alors qu'il décrit un parcours qui lui convient bien, avec de nombreuses occasions pour sprinteurs mais aussi pour ceux qui passent quelques bosses. "Gagner une étape serait un résultat incroyable, avoue-t-il. J'étais proche sur Paris-Nice dans les sprints (3e et 2e)."
Le Néo-Zélandais avait d'ailleurs porté le maillot de leader de la Course au Soleil, l'une de ses nombreuses performances en 2024 qui ont attiré l'œil des grandes équipes étrangères. Son choix se serait porté, selon GCN, sur BORA-Hansgrohe, et il pourrait, comme Lenny Martinez, quitter le giron Groupama-FDJ très rapidement. Cette équipe, il l'avait choisie en 2020, en plein confinement, quand il avait semé des indices sur son talent. Parmi les nombreux choix, celui de Groupama-FDJ était apparu le plus évident, et pas seulement parce qu'il avait suivi des cours de français à l'école.
D'abord dans l'équipe réserve, la Continentale, en 2021 et 2022, Pithie a grandi avant de rejoindre les rangs professionnels dès 2023 dans la classe biberon aux côtés de Martinez et Grégoire, que l'on mettait plus en avant que lui, sans doute un peu parce qu'ils sont Français mais aussi car le Néo-Zélandais n'avait pas encore tout montré. Un succès d'étape sur le Tour d'Italie et il deviendrait le premier de sa génération à triompher sur un grand tour chez Groupama-FDJ. En plus de ne pas faire tâche dans sa progression.
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