Trois étapes, trois classiques : Tadej Pogacar, chassez le naturel…

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Pour la troisième fois, en trois jours, sur ce Giro 2024, Tadej Pogacar (UAE-Emirates) s'est montré à l'avant. S'il avait terminé sur le podium des deux premières étapes (3e puis 1er), il n'a cette fois pas pu aller au bout de son entreprise dans le final de la 3e. Qu'à cela ne tienne, le maillot rose s'est amusé et c'est à peu près tout ce qui compte à ses yeux.

Pogacar : "Je n'ai pas attaqué, j'ai suivi..."

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Oui Tadej Pogacar nous surprend encore. L'aveu est à vrai dire un peu piteux tant on devrait savoir qu'avec lui il faut s'attendre à tout, et surtout à être décoiffé. Si les organisateurs lui avaient réservé un beau bouquet avec weekend explosif pour démarrer, s'attendaient-ils à le voir encore jouer la victoire d'étape ce lundi, premier jour réservé aux grosses cuisses ? Tim Merlier, fier représentant de la caste des sprinteurs, l'a emporté à Fossano mais il s'en est fallu de pas grand-chose pour que le leader des UAE-Emirates ne vole totalement la vedette.
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Un final électrique : Pogacar s'amuse avec Thomas, Merlier triomphe

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Que n'a-t-on pas dit sur cet hypothétique doublé Giro-Tour ? Que les circonstances des dernières semaines (les chutes de Vingegaard, Roglic et Evenepoel), ainsi qu'une adversité toute relative en Italie l'avaient rendu envisageable et que, dans cette optique, Pogacar (UAE-Emirates) devrait sans doute courir à l'économie pour s'assurer un succès en mai tout en gardant des forces pour juillet. On voyait là une occasion en or, un puzzle qui se mettait en place petit à petit comme jamais pour aucun autre cador depuis 26 ans et Marco Pantani.
Pogacar ne semble pas le voir de cet œil et si l'on a cru qu'il avait pu gérer son effort dimanche vers le Sanctuaire d'Oropa avec le reste du Giro en tête, il a pris le contre-pied, une habitude chez lui, ce lundi vers Fossano. "On a dit depuis le départ qu'il devait courir à l'économie mais on ne peut pas le faire courir contre-nature", constate notre consultant Jacky Durand. Pris le doigt dans le pot de confiture avec cette nouvelle attaque, Pogacar s'est presque senti obligé… de se défendre.
"Je n'ai pas attaqué, j'ai suivi les roues", corrige-t-il. "Il était à l'affût dans la montée, il n'attendait qu'une chose : c'est voir quelqu'un attaquer", reprend Philippe Gilbert qui estime tout de même que le maillot rose n'a pas tout donné, "S'il veut, il contre au sommet et il part mais il ne le fait pas." Si peu d'observateurs croient réellement à un quelconque suspense pour la victoire finale sur ce Giro, Pogacar s'amuse jusque-là à animer chaque jour à sa manière, ce que personne ne lui reproche dans le peloton, et surtout pas ses adversaires du jour.
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Honoré, contré par Pogacar : "Incroyable de courir contre des gars comme ça"

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"C'est juste incroyable de courir contre des mecs comme ceux-là, incroyable de pouvoir faire partie des mêmes courses, s'est enflammé Mikkel Honoré (EF Education-EasyPost), celui qui a lancé l'attaque dans la dernière bosse du jour avant de devoir céder face à Pogacar et Thomas. Après le sommet, j'étais un peu surpris de les voir arriver. Il m'a manqué un peu de jambes. C'était dingue. J'étais à la limite et je vois Thomas puis Pogacar passer, ça fait 'clac clac', c'était trop pour moi, impossible à suivre."

Thomas réclame… du calme

"G" et "Pogi" s'entendent comme larron en foire, sur le vélo comme à la ville et se vouent un respect sans borne. Peut-être est-ce pour ça que le Gallois a relayé son rival et ami slovène dans un final qu'ils ont rendu électrique. "Ce n'était pas le plan !, avoue Thomas qui avait prévu de rester bien placé mais au chaud dans le peloton. Je l'ai vu partir, je me suis dit que je devais peut-être y aller aussi. Je me suis demandé si c'était réel de se retrouver encore devant avec lui."
Pogacar lui dit n'avoir "jamais vraiment cru" que le coup pourrait aller au bout. Mais alors pourquoi a-t-il insisté pour être repris à 400 mètres, ce qui pourrait paraître peu mais qui est en fait beaucoup à l'échelle d'un final comme celui-ci et avec des sprinteurs lancés avec la bave aux lèvres et une envie débordante de croquer cet éhonté qui vient les embêter sur leur terrain ? "C'est un peu comme un jeu, comme à l'époque des copains où l'on s'attaquait sur le plat et les petites montées, ça me va très bien", complète Pogi qui s'amuse sur l'une des plus grandes courses du monde, comme il le faisait à 12 ans.
Restera-t-il calme mardi entre Acqui Terme et Andora alors que le Capo Mele (1,8 km à 4,4%), l'une des petites bosses du final de Milan-Sanremo, sera placé à quelques encablures de l'arrivée ? On ne jure plus de rien et même Geraint Thomas s'est senti obligé, dans un sourire, de lui demander un retour au calme : "Très bien mon fils, tu t'es bien amusé. Passons juste une belle journée tranquille demain, tu veux ?" A 37 ans, Thomas n'a plus l'âge de ces histoires d'adolescent.
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