Tour d'Italie - Del Toro, UAE, chances des Français... Cinq questions que l'on se pose avant une dernière semaine de feu

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Ce lundi, les coureurs du Tour d'Italie sont au repos, avant d'attaquer la dernière semaine de course où tout est encore possible. Le maillot rose Isaac del Toro (UAE Emirates-XRG) a-t-il les épaules pour tenir jusqu'au bout ? Les tensions au sein d'UAE, le panache d'INEOS, la course au podium et les chances des Français. Voici cinq questions qui brûlent les lèvres avant le dénouement.

"On assiste peut-être à la naissance d'un grand champion"

Video credit: Eurosport

Près de 25.000 m de dénivelé positif, c'est la dernière semaine la plus dure dans un Grand tour qui se présente aux coureurs, au repos ce lundi. Et la bonne nouvelle, c'est que tout reste ouvert pour la victoire finale à Rome, dimanche prochain.

Del Toro va-t-il aller au bout ? 

Si l'on avait posé cette question au départ en Albanie, on nous aurait pris pour des fous. Mais voilà, après deux semaines de course, Isaac del Toro (UAE Emirates-XRG) est dans les meilleures conditions pour amener son maillot rose jusqu'à Rome. Certes, il n'a pas réussi à lever les bras, mais hormis ce manque, il a tout bien fait. Toujours à son aise dès que la route s'élève, la pépite des Emiriens semble avoir à sa main le Giro. Toutefois, des interrogations subsistent sur sa capacité à tenir trois semaines.
 Sur ses aptitudes en haute-montagne, elles ne font aucun doute puisqu'il a notamment remporté le Tour de l'Avenir, le "mini-Tour de France" en 2023. Par contre, courir une troisième semaine d'un grand tour en tant que leader, c'est la totale inconnue. Il a certes découvert la Vuelta l'été dernier, mais il n'avait pas du tout le même rôle, le même statut, ni la même pression. Même s'il semble décomplexé, la perspective de soulever le Trofeo Senza Fine pourrait l'effrayer. Mais avec cette nouvelle génération, on ne sait plus vraiment où sont leurs limites.

La victoire finale peut-elle échapper à UAE ?

Lorsque l'on regarde le classement général, cela saute aux yeux. L'équipe émirienne est dans les meilleures dispositions. Isaac del Toro et Juan Ayuso encadrent Simon Yates (Visma-Lease a bike) sur le podium, et cadenassent la course. Comme le relève régulièrement notre consultant Jacky Durand, les ouailles de Tadej Pogacar semblent en totale maîtrise de la course. Jamais paniqués par les mouvements lancés de loin par la formation INEOS Grenadiers, le collectif semble tenir bon. Cette force collective masque tout de même ce qui pourrait s'apparenter à un malaise.
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Isaac del Toro et Juan Ayuso au départ de la 13e étape du Giro d'Italia

Crédit: Getty Images

Au départ à Tirana, le leader annoncé était Juan Ayuso. Depuis, le grimpeur espagnol s'est fait voler la vedette par son coéquipier mexicain. Pour autant, du côté des intéressés, on tempère la situation. "Pour nous, c'est une situation privilégiée. Mieux vaut avoir deux coureurs devant plutôt que derrière les rivaux", se félicitait le manager d'UAE Fernandez Matxin, dans les colonnes de L'Equipe. Pour le moment, les lieutenants continuent d'encadrer à tout instant Juan Ayuso, pendant que le feu follet mexciain fait sa vie. Mais à l'heure où les grands cols se présentent, plus personne ne pourra se cacher et la vérité de la course sera implacable.

Ineos a-t-elle les clés de la course ?

C'est le poil à gratter et le détonateur d'un Giro qui aurait pu être soporifique jusque là. Sans les manœuvres ambitieuses de la formation INEOS Grenadiers, les deux premières semaines auraient pu être des lentes processions, tant le parcours proposé laissait à désirer. Après avoir perdu du temps sur une chute lors du contre-la-montre de Pise, Egan Bernal a fait parler son instinct d'attaquant, grâce à son équipe qui n'est pas venue pour faire de la figuration ou juste subir dans les roues. Avec Thymen Arensman, les Britanniques ont une superbe rampe de lancement pour le Colombien qui va enfin retrouver son véritable terrain de jeu. Et ça risque de faire mal.
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Bernal mène la révolte avec Del Toro dans sa roue : son attaque en vidéo

Video credit: Eurosport

Un candidat surprise au podium peut-il se détacher ? 

Au départ, tous les suiveurs prédisaient un duel entre Juan Ayuso et Primoz Roglic (RedBull-Bora Hansgrohe) pour la victoire finale. On a déjà évoqué le cas du premier. Le Slovène semble lui hors-jeu, largement diminué par ses différentes chutes. Ce défaut laisse l'occasion à des outsiders de s'illustrer sur un Giro plus ouvert, sans la présence des trois fantastiques. Avant la dernière semaine, tout reste ouvert et possible, tant les étapes proposées sont ardues et susceptibles de provoquer une défaillance.
Pas forcément annoncé parmi les candidats à la victoire finale, Simon Yates est dans les meilleures dispositions. Attention également à Richard Carapaz (EF Education-Easy Post), coutumier des bonnes dernières semaines et des offensives lointaines, Derek Gee (Israel Premier-Tech) ou encore Antonio Tiberi pourraient également tirer leur épingle du jeu. Vous l'aurez compris, tout reste ouvert.

Va-t-on (enfin) avoir une victoire française ?

L'espoir est mince. Jusqu'ici le meilleur résultat d'un Français est la 3e place de Paul Magnier (Soudal Quick-Step) à Naples, derrière c'est plus ou moins le néant. Certes, Romain Bardet (Team Picnic PostNL) et Nicolas Prodhomme (Décathlon AG2R La Mondiale) s'en sont approchés très près ce dimanche, mais ils sont tombés sur un os nommé Carlos Verona, vainqueur à Asiago. Pour espérer voir un Tricolore lever les bras cette semaine, il faudra compter sur les deux grimpeurs.
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Prodhomme : "Quand Verona est parti, je n'y ai pas trop cru"

Video credit: Eurosport

Avec un David Gaudu (Groupama-FDJ) totalement à la dérive, seuls Prodhomme et Bardet semblent en mesure de ressortir vainqueur d'une échappée. A condition que les leaders laissent du lest aux attaquants, mais ça, rien n'est moins sûr. Cela serait le deuxième grand tour de suite où les Français rentrent fanny, après la Vuelta 2024, il faut remonter à la victoire d'Anthony Turgis à Troyes l'été dernier sur le Tour pour retrouver la trace d'une victoire tricolore sur un grand tour.
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