Tour d'Italie I Paul Magnier, la nouvelle dimension après sa 2e victoire en trois jours : "Je suis dans le gratin des sprinters"
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 10/05/2026 à 18:54 GMT+2
Deux sprints, deux victoires. Paul Magnier (Soudal Quick-Step) a confirmé son étincelant début de Giro en s’imposant dimanche à Sofia sur la troisième étape. Le Français de 22 ans a géré en vieux briscard pour devancer des références comme Jonathan Milan (Lidl-Trek) et Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets). Il n’en finit plus de grimper dans la hiérarchie des sprinters.
Magnier : "Je n'étais pas sûr de moi quand j'ai célébré sur la ligne"
Video credit: Eurosport
"Les soigneurs m’ont dit que la machine à laver ne marchait pas très bien." Paul Magnier était franchement détendu dimanche au départ de Plovdiv. Son début de Giro, il l’a décrit avec une pointe d’humour après l’avoir commencé avec le maillot crème de la Soudal Quick-Step, puis le rose de leader au général, puis le mauve du cyclamen pour sa première place au classement par points. "J’espère pouvoir briller avec", a-t-il ensuite glissé. Quelques heures plus tard, il avait rayonné de tout son éclat à Sofia.
Cela ne s’est pas joué à grand-chose. Un lancer de vélo plein de maîtrise pour finir un boyau devant Jonathan Milan et Dylan Groenwegen. L’estocade. Magnier avait manœuvré son affaire tel un matador avant de porter la touche finale. Mais il avait quand même un petit doute au moment de lever les bras. "Je n’étais pas sûr d’avoir gagné quand j’ai franchi la ligne, Dylan Gronewegen arrivait vraiment très vite, a-t-il expliqué au micro d’Eurosport. Mais quand j’ai eu la confirmation, c’était exceptionnel."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/05/10/image-da4c6544-ad1e-4e1e-9965-c8c3f6b11c89-85-2560-1440.jpeg)
Magnier remet ça ! La 2e victoire au sprint du Français en vidéo
Video credit: Eurosport
Ce terme est souvent revenu dans ses propos à Sofia. Il décrit assez bien la qualité de son final, du placement au sprint. Son équipe a fait le job. "Il a fallu se frayer un chemin pour Paul sous la flamme rouge et réussir à le mettre dans la roue d’un autre sprinter au lieu de l’emmener jusqu’au bout", expliquait Jasper Stuyven. Mais derrière, Magnier s’est débrouillé seul, comme un chef. Il a jailli au bon moment dans la roue de Milan pour être idéalement positionné dans le dernier virage à gauche, avant de faire parler sa technique et sa puissance sur les pavés glissants pour couper la ligne en premier.
"Je pense que mon statut a un peu changé"
Sa maîtrise a été bluffante. "On a l’impression qu’il a gagné le sprint en vieux briscard, en se remettant dans la roue de Milan, expliquait Steve Chainel, consultant pour Eurosport, dans l’émission Les Rois de la Pédale. Ce qui est impressionnant, c’est sa facilité au moment de prendre la décision, de ne pas hésiter et de le faire. Sur ce sprint, en arrivant sur le secteur pavé à 100m, il est encore dans la roue de Milan, mais il attend le dernier moment. Et il gagne en sachant quand lancer le vélo, quand mettre le coup d’accélérateur. C’est lui qui a fait le plus beau sprint sur le plan tactique."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/05/10/image-009a9458-9a92-41c1-b8ef-8475ad0c455e-85-2560-1440.jpeg)
"Un magnifique jeté de vélo" : la nouvelle victoire de Magnier décortiquée à la palette
Video credit: Eurosport
Un constat qui symbolise son ascension dans la hiérarchie des sprinters. "Je dois dire que je me sens très bien et que je suis dans le gratin du sprint mondial, s’est-il réjoui après sa deuxième victoire en trois jours. La première fois, il y a eu une chute qui a joué en ma faveur. Mais là, c’était un vrai sprint, avec un très bon travail de toute l’équipe. Je pense que mon statut a un peu changé. J’ai pu suivre ma progression depuis mes débuts chez les pros, l’an dernier j’ai fait une saison exceptionnelle et continuer sur cette lancée sur le Giro, c’est exceptionnel."
C’est surtout le cap qu’il avait besoin de franchir après ses 19 victoires de 2025, un total seulement dépassé par Tadej Pogacar. C’était très prometteur pour un coureur de 21 ans, mais il n’y avait que six succès en World Tour. Il lui fallait aussi lever les bras dans la plus haute catégorie pour être réellement considéré dans le gotha des sprinters. Ce qu’il fait sur ce Giro, et son maillot cyclamen, avec 41 unités d’avance sur Milan au classement par points, en est la plus belle preuve. Ce n’est pas un problème de machine à laver. Juste le symbole de sa brillante ascension.
Plus de détails
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/timejudgesports/competition/logo/300/20559.png)
Étape 3 | PlatPlovdiv → Sofia / 175 km
1
P. MagnierTerminé
Commenté
Publicité
Publicité