La gratuité, pour combien de temps ? Lappartient : "La billetterie peut devenir une source supplémentaire de revenus"
Eurosport sur GoogleDavid Lappartient estime que la gratuité du cyclisme sur route n'est "pas un sujet tabou". Dans un entretien publié mercredi dans Ouest France, le président de l'UCI considère que certaines épreuves pourraient légitimement envisager de faire payer l'entrée sur un circuit, par exemple, pour "équilibrer leurs comptes". En revanche, il exclut des courses de cette réflexion, dont le Tour de France.
Thibaut Pinot (au centre) lors de la course en ligne des Championnats de France à Cassel - 25/06/2023
Crédit: Imago
Cela joue beaucoup dans sa popularité. Le cyclisme sur route est un sport dont les héros sont accessibles, au sens financier du terme. Le public se masse au bord de la route, sans avoir à payer, par exemple, sa place en tribunes. La potentielle remise en cause de cette gratuité n'est "pas un sujet tabou", assure David Lappartient auprès de Ouest France ce mercredi : "On le fait pour le cyclisme sur piste, pour le cyclo-cross, pourquoi nous ne le ferions pas sur route ? Pour moi, quand une course se termine par un circuit, c’est tout à fait compréhensible."
"Quand j’étais président de l’organisation du Grand Prix de Plumelec, on l’avait fait, à 5 €, et les gens l’avaient bien compris. Le public passionné de vélo avait compris que ça nous avait permis d’équilibrer les comptes, de faire vivre un événement pareil", argumente le président de l'UCI, dans cet entretien où il évoque l'ensemble du modèle économique du cyclisme. Il cite des épreuves susceptibles de franchir le Rubicon selon ses critères : "Pour des championnats de France, pour des épreuves de Coupe de France, je ne serais pas choqué de voir des entrées payantes."
"La billetterie peut devenir une source supplémentaire de revenus, considère-t-il ainsi. En revanche, deux choses : je pense que ça doit servir à financer des organisations qui en ont besoin pour équilibrer leurs comptes, pas à apporter des revenus en plus à des actionnaires." Le Tour de France – dont l'édition 2023 s'élance ce samedi de Bilbao – n'entre pas dans la case des épreuves qui peuvent, légitimement à ses yeux, repenser leur budget de cette manière.
Outre la pérennité de la plus grande course au monde, il en fait une question de principe. "J’aurais du mal à voir l’organisateur du Tour deFrance (ASO), qui génère des revenus, en demander d’autres avec de la billetterie, estime Lappartient. D’ailleurs, le Tour appartient aujourd’hui aux Français et demander de l’argent aux Français pour quelque chose qui leur appartient, d’une certaine manière, ça n’est pas entendable."
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Video credit: Eurosport
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