La retraite déjà en tête : Tadej Pogacar, carpe diem

Tadej Pogacar a reconnu qu’il "comptait déjà les jours avant la retraite" lors de son retour samedi sur le Critérium de Komenda, deux semaines après avoir remporté le quatrième Tour de France de sa carrière. Le Slovène est conscient que sa suprématie aura une fin. Il s’attache ainsi à profiter du moment présent. Quitte à réduire un peu son programme et privilégier les courses qui lui plaisent.

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On l’a retrouvé comme on l’avait quitté. Enfin presque. Tadej Pogacar n’avait pas levé les bras sur les Champs-Elysées. Battu par un Wout van Aert retrouvé, le Slovène avait patienté jusqu’au podium pour fêter une victoire, celle de son quatrième sacre sur le Tour de France. Deux semaines plus tard, l’heure était une nouvelle fois aux célébrations pour son retour sur les routes, dans son fief de Komenda, où il a surclassé une concurrence emmenée par Luka Mezgec et Matteo Trentin. Le tout devant des milliers de fans slovènes venus acclamer leur idole.
Pogacar a apprécié cette parenthèse salvatrice au cœur de sa saison. "Je suis heureux d’être de retour à la maison, de voir mes amis, mes voisins, ma famille", a-t-il savouré en conférence de presse. Un moment de plaisir difficilement compatible avec le quotidien d’un cycliste professionnel. Justement, Pogi en a profité pour se projeter sur l’après. "Cela peut sembler drôle pour la plupart des gens que je compte déjà les jours avant ma retraite, mais le fait est qu'une carrière sportive n'est pas très longue", a-t-il lancé.

Un autre état d’esprit

Penser à la retraite, cela peut en effet paradoxal pour un coureur qui fêtera seulement ses 27 ans le 21 septembre prochain. Pogacar avait déjà évoqué le sujet à la fin du Tour dans une interview accordée à L’Equipe, envisageant même la possibilité d’une retraite après les Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles, alors qu’il est sous contrat avec l’équipe UAE Emirates – XRG jusqu’en 2030. Il avait donné quelques signes de fatigue et de lassitude, surtout dans la dernière semaine de la Grande Boucle, et sa décision quasiment dans la foulée de ne pas participer au Tour d'Espagne était aussi la confirmation de cette impression.
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Le Slovène semble surtout aborder la dernière partie de sa carrière dans un autre état d’esprit. Il paraît moins dans l’optique de remporter toutes les courses qu’il n’a pas gagnées jusqu’ici. Son absence sur la Vuelta, où il ne s’est pas encore imposé, est déjà une indication de cette tendance même si elle doit être nuancée. C’est en effet rare que Pogacar participe à deux grands tours sur une saison. Depuis ses débuts en World Tour en 2019, cela ne s’est produit qu’une seule fois, l’année dernière, avec le Giro et le Tour de France.

Si participer au Tour ne tenait qu’à lui…

Le champion du monde paraît cependant de moins en moins friand de ce format de course énergivore sur trois semaines. Il devrait cependant être au départ du prochain Tour de France, avec la possibilité d’égaler les recordmen Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain avec un cinquième titre à son palmarès. "Je reviendrai probablement sur le Tour, car c'est en principe la plus grande course et je ne pense pas que l'équipe me laissera à la maison…", a-t-il confirmé samedi. Et si cela ne tenait qu’à lui, irait-il sur la Grande Boucle ?
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Si la question se pose, c’est parce que la notion de plaisir prend toujours plus de place dans l’esprit de Pogacar. Elle est directement liée à cette retraite dont il parle toujours plus souvent et ouvertement. "D'un côté, je sais que ma carrière sportive ne sera pas longue, mais d'un autre côté, je suis conscient que je peux profiter du niveau auquel je me trouve actuellement pendant encore quelques années, a-t-il expliqué. Cependant, je m'attends à ce que ce niveau baisse à un moment donné, qu'il n'y ait plus autant de victoires que maintenant et qu'il y ait une mauvaise année à un moment donné."

Vers sa saison la moins dense

Ce discours, Pogacar ne l’avait jamais tenu jusqu’ici. Il contraste nettement avec celui qu’il tenait l’an passé, quand son objectif était de gagner sur les terrains qu’il n’avait pas encore conquis. Cela se lit aussi au regard de son programme. En l’état, il ne lui reste que cinq épreuves pour boucler sa saison : le Grand Prix de Québec, le Grand Prix de Montréal, la course en ligne des Mondiaux, celle des championnats d’Europe, et le Tour de Lombardie. Cela porterait son total à 48 jours de course en 2025, son plus faible sur les cinq dernières saisons, et loin des 58 de l’an passé.
C’est peut-être ce qui symbolise mieux son changement d’état d’esprit. Cette volonté de privilégier les moments de qualité sur le vélo, notamment les courses d’un jour et les Classiques qu’il affectionne, à commencer par Paris-Roubaix. "Je suis prêt à affronter tout ce qui m'attend, c'est pourquoi je suis d'autant plus conscient que je dois profiter du moment présent, a-t-il insisté. Je dois être prêt à m'arrêter, à dire merci et à faire mes adieux à la compétition au plus haut niveau." Pour ne pas regretter, si ce moment devait arriver, de ne pas avoir vécu cette fabuleuse carrière comme il le voulait.
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