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Les coureurs se souviendront longtemps de ce Milan-Sanremo couru sous la neige

Ils s'en souviendront !
Par Eurosport

Le 17/03/2013 à 20:09Mis à jour Le 17/03/2013 à 20:22

Neige, pluie, froid, course neutralisée, parcours réduit… Ce Milan-Sanremo 2013 a viré au cauchemar pour les coureurs, pas près d'oublier ce qu'ils ont vécu.

"Fucking Freezing" En deux mots, Mark Cavendish a résumé l'état d'esprit qui habitait les coureurs ce dimanche. A deux jours du printemps, la neige, la pluie et le froid glacial ont transformé la Primavera en un véritable enfer. "De ma vie, je n’ai jamais eu aussi froid qu’aujourd’hui", a souligné l’Espagnol Jose Joaquin Rojas (Movistar). "Zéro degré, avec la pluie et la neige gelées sur le vélo". Les coureurs se sont arrêtés au 117e kilomètre de la course longue de 298 kilomètres pour rejoindre le littoral à bord de leurs confortables véhicules d'équipes.

Situation assez cocasse, que Maarten Tjallingii (Blanco), ne s'est pas empêché de faire remarquer: "C’est la première fois que je peux envoyer à ma femme en direct des nouvelles de ma course".  Mathieu Ladagnous (FDJ) a lui aussi préféré rire de cette journée pas comme les autres: "Milan San Remo se court en 2 étapes! Aujourd'hui 130km sous la neige puis 125km sous une pluie battante..." Blague à part, les coureurs qui ont terminé cette 104e édition de Milan-Sanremo ont tous réalisé un véritable exploit. "Quelle journée! Tous les coureurs méritent de recevoir une médaille. Et beaucoup  de respect." a tweeté Philippe Gilbert.

Boonen n'a pas aimé

Fabian Cancellara, troisième à l'arrivée, ne peut qu'en attester. "Après l'arrivée, j'étais en colère car je cours pour la victoire et je n'ai pas gagné a expliqué le coureur suisse. Puis, je me suis repris. Tous ceux qui ont couru ce Milan-Sanremo l'ont gagné. La neige, le froid... on ne peut pas croire tout ce que l'on a rencontré. Avant le ravitaillement, je n'y croyais pas tellement j'avais froid." Mais l'héroïsme a ses limites. Le courage, d'accord, mais pour certains, les bornes ont été dépassées dimanche.

Tom Boonen s'est fait leur porte-parole. Le Belge, qui a abandonné lors de la neutralisation de la course, n'a pas apprécié ce qu'il a vécu. "Je n’ai tout simplement pas envie de continuer, a expliqué l'Anversois en quittant la course. Je suis coureur cycliste, mais une course comme celle-ci s’éloigne trop de ma conception du métier. Les premières heures ont pratiquement été inhumaines. Rouler à vélo des heures dans la neige n’est pas normal. Il y avait d’ailleurs près de cent coureurs largués lors de cette neutralisation. Mais on les a fait monter dans un bus afin qu’ils puissent repartir avec le groupe lors du départ bis. C’est notamment pourquoi j’estime qu’il ne s’agit plus d’une vraie course et que je préfère m’arrêter là. Je suis d’ailleurs convaincu que beaucoup auraient voulu faire comme moi, mais n’ont pas osé à cause des intérêts en jeu. Je les comprends. Mais sans l’envie, cela ne servait à rien de continuer dans mon cas..."

En tout cas, après une telle course, les flandriennes et ardennaises  risquent de paraître beaucoup moins torturantes que les années précédentes. A moins que l'hiver ne décide de jouer encore les prolongations. Un tour des Flandres ou un Paris-Roubaix sous le même ciel que ce Milan-Sanremo? De quoi rendre fou Tom Boonen…

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