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Elia Viviani : "Pas facile de prendre la place que Kittel occupait"

Viviani : "Pas facile de prendre la place que Kittel occupait"

Le 15/03/2018 à 13:22Mis à jour Le 15/03/2018 à 13:25

MILAN-SANREMO - Pour remplacer sa superstar Marcel Kittel, la Quick-Step Floors a misé sur un Italien auréolé d'une seule victoire d'étape sur les grands tours. À 29 ans, Elia Viviani en est persuadé : c'est le tournant de sa carrière pour s'imposer dans l'élite des spécialistes de la dernière ligne droite. En l'absence de Gaviria, la Via Roma, samedi, lui offre une occasion en or de briller.

"On voit bien pourquoi Kittel gagnait tout ces deux dernières années…" ¨Parfois mauvais joueur, mais toujours excellent analyste, Mark Cavendish (Dimension Data) a donné à Dubaï la clef à ses yeux des succès à répétition d’Elia Viviani en 2018 : l’équipe d’experts dont le sprinteur de 29 ans bénéficie désormais pour voler vers la victoire (5 bouquets cette saison) depuis qu’il a rejoint Quick-Step Floors, tandis que Marcel Kittel filait chez Katusha et perdait la bataille des trains menée par Pat Lefevere.

Avec son départ de la Sky, direction l'Éden belge du sprint, le champion olympique (sur la piste de Rio) italien entend se faire une place de choix parmi l’élite des sprinteurs. Cette année, il retrouvera le Tour d’Italie, pour son plus grand bonheur (Bryan Coquard, également sollicité par la Quick-Step, n’avait lui pas donné suite, dans l’espoir vain de participer à la Grande Boucle avec Vital Concept). Mais auparavant, il rêve d’une autre légende transalpine, la Primavera, où son horizon se dégage avec le forfait de son équipier et rival Fernando Gaviria.

Vous attendiez-vous à gagner autant, aussi rapidement, avec Quick-Step ?

Elia Viviani : Avoir un début comme celui là, c’est vraiment exceptionnel. Je savais dès ma signature que je faisais un pas dans la bonne direction. Je voulais montrer que j’avais pris la bonne décision. J’ai travaillé très dur cet hiver pour être prêt immédiatement et bien profiter du train mis à ma disposition. Le plus important, ce sont les sensations avec l’équipe. On a passé beaucoup de temps ensemble : on était en camp d’entraînement en décembre, on a fait deux semaines en Australie en janvier… C’était un long transfert mais ça porte ses fruits.

Des victoires au Down Under ou dans les Émirats, à quel point est-ce significatif ?

E. V. : Je sais que de plus grandes courses arrivent. Je ne suis pas dans ma meilleure forme non plus sur les courses de début de saison. J’étais déjà très rapide, avec un excellent train, mais l’objectif est d’être dans la meilleure condition à partir de Sanremo, avec Gend - Wevelgem et toutes les classiques que j’aime. Mais il était important pour moi de gagner le Tour de Dubaï, avec le classement général, et aussi au Down Under et à Abou Dabi. C’est la confirmation que je suis parmi les meilleurs sprinteurs, ça représente beaucoup pour moi. Et ça me permet d'être positionné au classement World Tour.

Elia Viviani (Quick-Step), vainqueur de la 3e étape du Tour Down Under 2018

Elia Viviani (Quick-Step), vainqueur de la 3e étape du Tour Down Under 2018Getty Images

" Coquard veut seulement faire le Tour, et ce n'est pas facile quand vous avez Fernando (Gaviria)..."

Quels sont vos grandes ambitions pour 2018 ?

E. V. : Parmi les courses d’un jour, Milan - Sanremo. Et bien sûr je veux lever les bras autant de fois que possible sur le Giro.

Un coureur comme Bryan Coquard avait l’opportunité de signer chez Quick-Step, mais il craignait de ne pas bénéficier d’un bon calendrier. Visiblement, vous n’avez pas fait le même calcul que lui…

E. V. : Il veut seulement faire le Tour de France et ce n’est pas facile quand vous avez Fernando (Gaviria) qui veut faire le Tour après avoir gagné cinq étapes sur le Giro. Je pense que c’est sa principale raison parce que, pour un sprinteur, il n’y a pas d’autre raison de refuser une équipe comme Quick-Step. Quand j’ai su que je pouvais rejoindre Quick-Step, je n’ai pas hésité, parce que je sais que c’est la seule équipe qui peut faire la différence au sprint.

Que vous a dit le patron de votre nouvelle équipe, Patrick Lefevere ?

E. V. : Il m’a simplement dit qu’il croyait vraiment en moi et mon potentiel. Quand on a commencé à discuter, j’ai dit que je voulais que ‘Saba’ (Fabio Sabatini, ami et poisson-pilote de Viviani) reste. Il l’a immédiatement fait re-signer et il m’a proposé d’aller chercher Michael Morkov [débauché chez Katusha, où Kittel espérait le voir travailler avec Sabatini, NDLR]. Il m’a proposé un très bon train, un bel esprit d’équipe… Il m’a dit : 'Tu vois comment on travaille. Si tu aimes notre équipe, je pense que c’est chez nous que tu peux obtenir les meilleurs résultats.' Les gens m’ont également mis un peu de pression. Il n’est pas facile de prendre la place que Kittel occupait. C’est le sprinteur le plus fort, on a vu comment il gagnait ses étapes sur le Tour l’an dernier… Ça avait l’air facile, de l’extérieur. Avec ce bon début de saison, je réponds à la confiance que l'équipe me donne.

Vous avez déjà 29 ans, est-il encore temps pour bousculer la hiérarchie des sprinteurs ? Pouvez-vous devenir ce que Cavendish ou Kittel ont été ces dernières années ?

E. V. : Je ne sais pas, on verra. J’espère. On pourra en rediscuter à la fin de la saison. C’est seulement le début. Il faut que je confirme mes résultats dans les plus grandes courses. J’y travaille. Ça ne me stresse pas. À la fin de la saison, on verra où on en est. Mais c’est le but, bien sûr. Cette année et l’an prochain avec Quick-Step, ce sont les deux années les plus importantes de ma carrière.

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