Pendant 10 ans, Vincenzo Nibali a couru après les monuments, sans succès. Il en est maintenant devenu un sacré chasseur. Il n’a gagné aucune des 27 premières grandes classiques dont il a pris le départ… et vient de remporter trois des cinq dernières. Le Tour de Lombardie, qu’il s’est offert en 2015 et 2017, très sélectif, convient à son profil de grimpeur-descendeur. Sur Milan-SanRemo, dont le dénivelé total est moins important, c’est en puncheur que l'Italien de 33 ans a fait la différence, conscient de l'exploit : "C'est la course que je m'attendais le moins à gagner, celle qui est la plus éloignée de mes caractéristiques."
Samedi, on l’a vu frotter avec des spécialistes des classiques flandriennes, dans le final de la Primavera. Jouer des coudes pour se placer ne lui fait pas peur. Le Requin de Messine a ensuite frappé au meilleur des moments, dans le Poggio. Co-leader de la Bahrain Merida, avec Sonny Colbrelli (9e), il a placé une attaque décisive à 1.7 km de la mythique cabine téléphonique, quand les autres favoris ont été très frileux. Trop ? Cette fois, oui, mais le panache de Nibali ne lui a pas toujours souri.

Nibali devant Neilands, lors de son attaque décisive dans le Poggio

Crédit: Getty Images

Milan - Sanremo
Nibali libère l'Italie, Démare sur le podium
17/03/2018 À 16:29

La Doyenne se refuse toujours à lui

Nibali a tout de suite eu le profil du champion qui ne se contente ni des courses par étapes ni de celles d'un jour. Mais lorsqu'il remporte le Tour de France, en 2014, et devient le sixième coureur à gagner les trois grands tours (après Anquetil, Gimondi, Merckx, Hinault et Contador), il est alors "Fanny" sur les monuments du cyclisme. Le symbole de son manque de réussite en matière de grandes classiques ? Le final de Liège-Bastogne-Liège 2012.
Alors qu'il semble s'envoler vers la victoire, après une attaque à l'orée des vingt dernières bornes, il se fait reprendre et déposer sous la flamme rouge, par Maxim Iglinskiy. Depuis, il n'a toujours pas réussi à conquérir la Doyenne et n'a plus été aussi proche de le faire (au mieux 13e, en 2015). La course est souvent cadenassée et, au sprint, il ne peut rien face à Alejandro Valverde (vainqueur à quatre reprises), Simon Gerrans ou Dan Martin (une fois chacun). Nibali retentera sa chance cette année... mais il a peut-être un autre monument à courtiser.

Iglinskiy, trop fort pour Nibali, dans le final de Liège-Bastogne-Liège 2012

Crédit: AFP

Et maintenant, le Ronde ?

Le Tour de France 2014, il l'a gagné en montagne, en dominant un plateau de grimpeurs privé, en cours de route, d'Alberto Contador et de Chris Froome. Mais pas seulement... c'est sur les pavés qu'il a frappé un premier grand coup, reléguant tous ses rivaux à deux minutes lors de la 5e étape. Sur Paris-Roubaix, Nibali tombera sans doute toujours sur de plus puissant rouleurs que lui. Sur le Tour des Flandres, il semble un peu moins battu d'avance. A peine, certes, mais il devrait y faire ses premiers pas cette année.
Qu'il la pousse ou non à l'extrême, Vincenzo Nibali restera un coureur brillant par sa polyvalence. Il a ajouté, ce samedi en levant les bras sur la Via Roma, une ligne dorée à son immense palmarès. Troisième de Milan-Sanremo en 2012, logiquement devancé par Simon Gerrans et Fabian Cancellara au sprint, il n'avait plus été en mesure de jouer la gagne sur la Primavera depuis. "Je ne suis pas rapide du tout... a-t-il déclaré après son triomphe, je devais inventer quelque chose." Hors des grands tours, les inventions de Nibali ont longtemps été marquées du seul sceau du panache. Depuis le Tour de Lombardie 2015, elle sont très souvent couronnées de succès.

Nibali remporte Milan-Sanremo 2018

Crédit: Getty Images

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