Alejandro Valverde : "Avec une victoire pareille, je peux prendre ma retraite tranquille"

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MONDIAUX INNSBRUCK – Après de nombreuses déceptions et pas moins de six médailles, Alejandro Valverde a été sacré champion du monde, dimanche, sur le parcours d'Innsbruck. A 38 ans, l'Espagnol a enfin décroché la consécration mondiale derrière laquelle il courrait depuis 2003.

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Crédit: Eurosport

"Je n’y crois pas, c’est incroyable. Je me suis battu pendant des années et j’ai finalement réussi." A l'arrivée, Alejandro Valverde cède sous l'émotion. Quinze ans après sa première médaille aux championnats du monde, à Hamilton au Canada, le voilà enfin sacré. "Ce n'est pas la première fois que je craque émotionnellement après une victoire mais c'est la plus forte, a-t-il expliqué. J'ai tellement cru ne jamais être champion du monde… Je me suis battu pendant des années. J’ai été près du but beaucoup de fois mais je n'ai jamais gagné l'or. J’en étais arrivé à penser que je ne pourrais jamais être champion du monde. J’ai failli m’avouer vaincu mais j’ai finalement tout donné."

Une équipe d'Espagne enfin unie

Tout donner pour renaître une nouvelle fois. Déjà revenu au plus haut niveau lors de la saison 2012 après sa suspension, Valverde a connu un nouveau gros frein dans sa carrière en 2017. Lourdement tombé sur le chrono de Düsseldorf lors de la première étape du Tour de France, l'Espagnol avait alors craint le pire : "Je pensais que ma carrière avait pris fin à Düsseldorf, a reconnu l'Espagnol. Tout ce qui s’est passé depuis la chute était déjà un cadeau. Alors revenir, gagner 14 courses, être champion du monde… Quel cadeau !"
Une vraie récompense pour celui qui aurait déjà pu être sacré en 2003. Mais la tactique espagnole avait eu les faveurs d'un compatriote, Igor Astarloa, finalement sacré… devant Valverde. A 23 ans, le Murcien avait alors le temps de penser à cette consécration. Mais il aura dû attendre près de quinze ans pour concrétiser son rêve. "C’est la plus belle victoire de ma carrière, celle dont j’ai rêvé durant toutes ces années, avouait l'Espagnol. Il me reste du temps avant d’arrêter mais, avec une victoire pareille, je peux prendre ma retraite tranquille."
Systématiquement favori, très souvent dans le coup, six fois sur le podium, Valverde est apparu au fil du temps comme l'éternel maudit des Mondiaux. La faute parfois à des tactiques douteuses, à l'image de la mésentente avec Joaquim Rodríguez en 2013. Cette fois, pas d'hésitation. Toute l'équipe d'Espagne s'est mise au service du quadruple vainqueur de Liège-bastogne-Liège. "La sélection espagnole pour son travail fantastique, avouait-il. Ils m’ont apporté beaucoup de tranquillité, du début à la fin. Je pense que le stage qu’on a fait tous ensemble a beaucoup servi. On a su instaurer un climat familial qui a porté ses fruits en course. Tout le monde a été très concentré durant les différentes phases de la course. Mes coéquipiers ont tout donné et je savais que je ne pouvais pas les décevoir, que je devais tout donner pour l’équipe." Et il ne s'est pas loupé.
Très solide dans le dernier tour, l'Espagnol n'a jamais tremblé, même s'il n'était pas au-dessus de la concurrence. "Dans le final, j'ai vu que j'étais là, que j'étais bien, a-t-il indiqué à Eurosport. Mais je ne pouvais pas passer. J'étais bien mais je ne pouvais pas faire la différence." Qu'importe. Dans le dernier kilomètre, c'est en patron que le Murcien est allé décrocher le titre mondial. "Ça a été un sprint très long, où on m’a laissé toutes les responsabilités, a ajouté le Murcien au site de la Movistar. J’ai contrôlé jusqu’à 350 mètres de la ligne. Puis je me suis dit : "Maintenant ! J’y vais et je n’attends rien de personne". Je regardais derrière moi et voyais qu’ils étaient proches mais qu’ils n’arrivaient pas à me dépasser. A partir de là…" Il n'y avait plus qu'émotion et célébration.
Lui qui est d'ordinaire si sobre a craqué. Comme cela avait été le cas après son retour en 2012. Comme cela avait été le cas après son record de victoires sur la Flèche Wallonne ou à l'arrivée de l'Alpe d'Huez, une fois le podium du Tour 2015 assuré. "Je suis très fier de revêtir ce maillot. J’ai participé à d’autres Mondiaux où des copains ont gagné et on en a bien profité. Mais le revêtir soi-même est une merveille."
Souvent décrié par le grand public, Valverde fait en revanche l'unanimité au cœur d'un peloton qui a tenu à féliciter l'Espagnol, à l'image du triple champion du monde en titre, Peter Sagan. "Il m’a dit qu’il était content pour moi, que si ce n’était pas lui, ça lui faisait plaisir que ce soit moi qui lui succède comme champion du monde. Beaucoup de rivaux sont venus me féliciter à la fin." Un succès que le Murcien, très familial, a tenu à partager avec ceux qui lui sont proches : "Cette victoire est pour ma famille, pour tous les gens qui m’aiment et qui m’ont toujours soutenu. Ce triomphe est pour tous ceux-là.". Et un peu pour lui, aussi.
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