On a compris. Lorsqu’Enric Mas a contré l’attaque de Tadej Pogacar, à dix kilomètres de l’arrivée ce samedi, le suspense a semblé s’évaporer. "Pogi" a certes réussi à recoller, au sommet de la terrible côte de San Luca, pour se donner une dernière chance de rivaliser dans l’ultime ascension de ce "mur" de 2 bornes, à peu ou prou 10% de moyenne. Mais il n’a rien pu faire quand le grimpeur espagnol s’est à nouveau dressé sur ses pédales. Impressionnant.
Le sentiment d’impuissance, Pogacar a plutôt l’habitude de le dégager chez ses adversaires que de l’incarner. Cependant, depuis quelques semaines, au gré d’un Tour de France perdu face à Jonas Vingegaard et de Mondiaux où il a subi les événements, le prodige slovène apprend à être dans les deux camps. Celui du vainqueur n’est jamais loin pour lui - illustration faite à Montréal -, mais il n’a su s’y rendre lors du Tour d’Emilie (2e à 11 secondes).
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"Je dois juste admettre qu’il a été meilleur"

Pourtant, son équipe a tout (bien) fait pour le mettre sur orbite. "Je suis très reconnaissantdu travail de mes coéquipiers, a-t-il souligné au micro de Cycling Pro. Enric (Mas) était très, très fort. Je dois juste admettre qu’il a été meilleur." Au point de se satisfaire d’une deuxième place : "Je suis content de mon résultat (…) et de ma condition." Un discours presque incongru, à l’aune de son palmarès, mais à recontextualiser.
Tadej Pogacar a un objectif en cette fin de saison : le Tour de Lombardie. Il l’a gagné l’année dernière, et il avait déjà utilisé le Tour d’Emilie pour se préparer… sans même terminer la course. D’où son absence d’inquiétude, qu’il confirme dans un sourire : "C’est beaucoup mieux que l’an passé." Il lui reste les Trois vallées varésines (dont il avait pris la 3e place en 2021), mardi, pour encore monter en pression, avant le grand rendez-vous de samedi.

Tadej Pogacar lors du Tour d'Emilie - 01/10/2022

Crédit: Getty Images

"Le Tour de Lombardie, c’est quasiment 60 bornes de plus"

Le chef de file de la formation UAE Emirates retrouvera alors sur sa route Vingegaard - lauréat de deux étapes et en tête du Tour de Croatie avant son épilogue ce dimanche -, et un certain Enric Mas. Celui-ci ne fanfaronne pas. "Tout le monde connaît Tadej, pour moi c’est une grande satisfaction de gagner face à lui", a commenté le 2e du Tour d’Espagne 2022, qui tient ainsi son premier bouquet de l’année, le sixième (seulement) de sa carrière, à 27 ans.
Quant à ses chances de prendre le pouvoir lors du dernier Monument de la saison, il se montre d’autant plus prudent qu’au sein de la Movistar, il cohabite avec Alejandro Valverde (42 ans). Quatrième ce samedi, le champion du monde 2018 peut espérer terminer en apothéose. "Le Tour de Lombardie, c’est quasiment 60 bornes de plus (253 km contre 198,7, NDLR), nous savons qu’Alejandro peut être très bon sur ce type de classiques, nous verrons", prend soin de préciser Mas.
Julian Alaphilippe était loin de se mêler à la lutte avec eux, ce samedi. Le double champion du monde tout juste déchu a vécu un camouflet bien plus notable, en termes de résultat, que celui de Pogacar. Il a terminé 81e, à 10’26", sur un parcours qui n’était certes pas idéal pour lui. Dans le communiqué de la formation Quick-Step Alpha Vinyl, il n’a pas donné d’indication sur les raisons de son absence des débats. Il reste dans la discussion pour samedi prochain. N'est-ce pas Tadej ?

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