Laurent Brochard tient enfin son successeur ! Vingt-trois ans après le dernier sacre français, Julian Alaphilippe est devenu champion du monde sur route, dimanche, à Imola. Le Tricolore n’aura eu besoin que d’une seule attaque pour s'isoler dans la dernière ascension du jour, à 12km de l’arrivée. Derrière, ses adversaires n’ont pas su s’entendre et il a filé vers son premier titre mondial, concluant une superbe course d’équipe des Français. Grand favori, Wout van Aert (Belgique) doit se contenter de la médaille d’argent alors que Marc Hirschi (Suisse) se pare de bronze.

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Cette fois, Julian Alaphilippe est allé au bout. Rattrapé dans le final à Bergen en 2017, défaillant à Innsbruck et Harrogate ces deux dernières années, le coureur de Montluçon a parfaitement assumé son rôle de leader d’une équipe de France qui a couru à la perfection. On s’est pourtant demandé si les Tricolores n’avaient pas démarré trop tôt lorsque Quentin Pacher et Nans Peters ont écrémé une première fois le peloton à 70 kilomètres de l’arrivée. Loin des annonces du sélectionneur Thomas Voeckler qui voulait une course “d’outsider”. Mais on a vite compris que c’était tout pour Julian Alaphilippe et qu’il était en grande forme.

Le sacre d'un géant : La victoire de Julian Alaphilippe en vidéo

Une mine pour partir en solo : Alaphilippe a été fidèle à lui-même

Mais il a fallu se montrer patient tant ce Championnat du monde a tardé à démarrer. Les forces collectives du Danemark, de la surprenante Suisse et, surtout, de la Belgique ont incité les coureurs à attendre au maximum pour se faire la guerre. Finalement, comme sur le Tour, c’est Tadej Pogacar (Slovénie) qui a lancé les hostilités en passant à l’attaque à 42 kilomètres de l’arrivée. Après avoir compté près de trente secondes d’avance, il a fini par abdiquer dans la première des deux ascensions du dernier tour, celle de Mazzolano, lorsque Tom Dumoulin (Pays-Bas) a tenté sa chance derrière. Mais l’équipe de France ne pouvait pas laisser faire ça et le show Guillaume Martin a alors débuté.

Considéré comme co-leader au départ, le Nordiste s’est totalement sacrifié pour ramener Alaphilippe sur ce duo et pour, quelques hectomètres plus loin, faire l’effort derrière le premier coup dangereux de ces Mondiaux, parti dans le sillage d’une attaque de Vincenzo Nibali (Italie). On y trouvait notamment le grand favori de l’épreuve, le Belge Wout van Aert, qui avait choisi de suivre les principales offensives dans le dernier tour. Des efforts que n’a pas cherché à suivre Julian Alaphilippe, calé dans la roue de ses équipiers jusqu’à la dernière ascension. Avant cette fois de bouger lorsque Michal Kwiatkowski a tenté sa chance à 12,5km de l’arrivée, isolant six coureurs en tête de course. Sentant la fatigue de ses adversaires, le Français a alors signé une de ces attaques dont il a le secret, sur le sommet de la Cima Gallisterima pour s’isoler et vite prendre une quinzaine de secondes. Mais le plus dur était à venir.

Et Alaphilippe porta l'estocade : L'attaque décisive du Français

A un contre cinq, le Français n’était pas vraiment en position de force, d’autant que les nombreux faux-plats favorisaient le retour d’un petit groupe organisé. Mais, justement, ce groupe ne l’était, organisé. La présence de Van Aert, épouvantail en cas d’arrivée groupé, a incité Jakob Fuglsang (Danemark), Marc Hirschi (Suisse), Michal Kwiatkowski (Pologne) et Primoz Roglic (Slovénie) à ne pas se livrer totalement pour ne pas jouer battu pour le titre mondial. Finalement, c’est exactement ce qu’il s’est passé puisqu’ils ont dû s’incliner face au Belge... pour la 2e place puisqu’ils n’ont jamais revu Julian Alaphilippe. Lui qui attaquait toujours autant sur le Tour mais sans parvenir à prolonger l’effort y est parvenu, au meilleur des moments. A 28 ans, le Tricolore s’offre le sacre ultime, son rêve, en revêtant le maillot arc-en-ciel. C'est le plus grand moment de sa carrière.

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