En 2020 à Imola, le monde se tournait vers lui, et il avait répondu présent, attaquant au mètre attendu, s’avérant le maître attendu. En 2021 à Louvain, les doutes s’étaient immiscés, mais il les avait levés au bout d’une journée monumentale, faite d’offensives répétées et couronnée d’un succès savoureux en terres belges. Et en 2022 ? Julian Alaphilippe est face à un défi encore plus grand, dans sa quête de troisième sacre planétaire. Il n’est pas uniquement question de concurrence : son triplé revêtirait un apparat miraculeux.
Les fameux doutes de l’an passé semblent dérisoires, à l’aune de ceux qui entourent la condition de "Loulou", à quelques heures de l’affrontement de dimanche, à Wollongong (départ de la course en ligne à 2h15, heure française). Il n’a plus accroché un dossard depuis le 31 août, jour de son abandon sur chute lors de la Vuelta. Et dire que cet aléa n’était que la cerise sur le gâteau de ses déboires en 2022. Mercredi, Alaphilippe les a brièvement évoqués, parlant "d’une saison un peu compliquée". Doux euphémisme.
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L’an passé, il n’avait pas calculé

Lorsqu’il a goûté au bitume durant ce Tour d’Espagne, l’hypothèse de sa participation aux Mondiaux a paru s’évaporer. Mais sa luxation d’une épaule n’a été qu’un contretemps de plus, après sa chute bien plus traumatisante de Liège-Bastogne-Liège, ses ennuis de santé qui n’ont eu de cesse de retarder son retour en bonne condition. Le tout assorti d’autres gadins, spectaculaire sur les Strade Bianche, démoralisant lors de la Flèche brabançonne (parce qu’indirectement dû à une voiture de sa formation). 2022 devait être une année pourrie, pour Alaf'.
Si l'on se permet d'entrouvrir la porte à un autre épilogue, c’est parce qu’il lui reste donc ce coin de ciel bleu, dans l’arc-en-ciel. Une course à un triplé historique, façon Peter Sagan – seul à l’avoir réalisé, entre 2015 et 2017 –, à laquelle il peut prendre part, en prime délesté de la pancarte de favori. "La pression, je ne la ressens pas du tout", a-t-il dit mercredi. En 2020, il l’avait ressentie et s’en était accommodé avec classe. En 2021, déjà, elle l’avait laissé tranquille. Avoir "zéro pression" avait accouché du feu d’artifice belge : "C’est ce qui explique notre façon de courir et surtout la mienne."

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Peut-il se cacher ?

La promesse d’un Alaphilippe qui ne calcule pas, fait feu de tout bois, est belle. Mais elle implique certaines limites. Une préparation aussi perturbée pour une issue glorieuse au bout de 266,9 km, cela semble presque impossible. Si l’impossible devait se réaliser, ce pourrait être dans un scénario à la Bergen 2017, façon Peter Sagan (décidément). La star slovaque n’avait pas eu autant de pépins, avant sa passe de trois. Mais, malade lors des derniers jours précédant l’événement, le fauve Sagan s’était caché au cœur du peloton quasiment jusqu’à la dernière ligne droite, où il avait croqué Alexander Kristoff et Michael Matthews, qui seront encore de la partie ce dimanche.
Julian Alaphilippe peut-il tenter un coup similaire ? Attendre le dernier des douze franchissements de Mount Pleasant (1,1 km à 7,7% de pente moyenne, passage à 14%) pour attaquer ? Doit-il au contraire anticiper, quitte à favoriser les desseins d’un coéquipier ? On peut retourner le problème dans tous les sens, avec Tadej Pogacar, Wout van Aert, Remco Evenepoel ou autre Mathieu van der Poel comme adversaires et si peu de certitudes en ses jambes, l’entreprise semble vouée à l’échec. Comme le semblaient les accélérations intempestives du puncheur français il y a un an, en direction de Louvain. C’était déjà fou. Cela le serait plus encore.

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